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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2603706

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2603706

vendredi 6 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2603706
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé-liberté, a rejeté la demande d’un ressortissant béninois visant à enjoindre au préfet de délivrer une attestation de prolongation d’instruction et d’instruire sa demande de titre de séjour. Le juge a considéré que sa demande, déposée le 3 juillet 2025, avait fait l’objet d’un rejet implicite au terme du délai de quatre mois prévu par l’article R. 432-2 du CESEDA. Dès lors, l’absence d’attestation à la date de l’ordonnance ne constituait pas une atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction durant l’examen de sa demande de titre de séjour sans délai à compter de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et d’instruire dans un délai maximal de quinze jours sa demande de titre de séjour sous astreinte de 1 000 euros par jour ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée, dès lors que son contrat de travail a été suspendu le 3 mars 2026, le privant de ressources et de la possibilité d’accepter une opportunité professionnelle et portant atteinte à son équilibre psychologique ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de travailler et d’aller et venir.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Platillero, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

2. M. B..., ressortissant béninois, a sollicité la délivrance d’un titre de séjour le 3 juillet 2025. Une attestation de prolongation d’instruction lui a été délivrée valable du 8 août 2025 au 7 novembre 2025. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction durant l’examen de sa demande de titre de séjour et d’instruire sa demande de titre de séjour

3. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois (…) ». La circonstance qu’un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai mentionné à l’article R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme ce délai.

4. Il résulte de l’instruction que M. B... a présenté une demande de titre de séjour le 3 juillet 2025 et que, ainsi qu’il résulte des principes exposés au point 3, cette demande a fait l’objet d’un rejet implicite à l’expiration du délai de quatre mois. Dans ces conditions, à la date de la présente ordonnance, la circonstance que M. B... n’a pas été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction ne peut être regardée comme manifestement illégale.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence particulière, que la requête de M. B... doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du même code.








O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.


Fait à Marseille, le 6 mars 2026.



Le juge des référés,


Signé


F. PLATILLERO




La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.








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