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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2604033

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2604033

lundi 16 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2604033
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête d'un ressortissant russe demandant l'injonction de délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction pour son titre de séjour et une indemnisation. Le juge a estimé qu'une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement était née au terme du délai de quatre mois prévu par l'article R. 432-1 du CESEDA, rendant l'injonction impossible. De plus, la demande d'indemnisation pour salaires non perçus ne relève pas des mesures provisoires prévues par l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 6 mars 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :


1°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction sa demande de renouvellement de titre de séjour et de statuer sur cette demande dans un délai de 15 jours ;


2°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de l’indemniser à hauteur des salaires non perçus.



Vu :
le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Ressortissant russe, M. A... était titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « vie privée et familiale » valable du 23 novembre 2023 au 22 novembre 2025 dont il a sollicité le renouvellement le 29 août 2025 au moyen du téléservice Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Une attestation de prolongation d’instruction de sa demande, valable jusqu’au 16 février 2026, a été mise à sa disposition. M. A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d’instruction et de l’indemniser des préjudices qu’il estime avoir subis.

Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ». Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». L’article L. 522-3 de ce code prévoit cependant que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

En premier lieu, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». L’article R. 432-2 du même code dispose que : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois... ».

La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai mentionné au point 3 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme ce délai.

En application des dispositions précitées, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté implicitement la demande de M. A... quatre mois après le 29 août 2025, soit le 29 décembre 2025. Par suite, la mesure sollicitée fait obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet et les conclusions aux fins d’injonction de délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction ne peuvent qu’être rejetées.

En second lieu, si le requérant demande « d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de l’indemniser à hauteur des salaires non perçus », ces mesures n’entrent pas dans le champ des mesures, de nature provisoire ou conservatoire, que le juge des référés peut ordonner sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête ne peut qu’être rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Marseille, le 16 mars 2026.


Le juge des référés,

Signé

T. Trottier

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,


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