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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2604189

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2604189

mercredi 25 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2604189
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDE QUEIROZ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant par ordonnance, rejette la requête en excès de pouvoir dirigée contre le classement sans suite d'une demande de naturalisation. Le juge estime que ce classement, intervenu en raison d'un dossier incomplet (absence d'actes d'état civil traduits), ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours. La requête est donc jugée manifestement irrecevable sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative et de l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993. Le requérant conserve la possibilité de déposer une nouvelle demande complète.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2026, M. B... A..., représenté par Me
De Queiroz, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 4 août 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a classé sans suite sa demande de naturalisation ;

2°) de juger que le classement sans suite de sa demande de naturalisation s’apparente à un rejet de celle-ci et de l’annuler ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa demande de naturalisation dans un délai de huit jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de condamner le préfet des Bouches-du-Rhône à verser la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993
- le code de justice administrative

Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…). ».

2. Aux termes de l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « L’autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l’instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d’accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l’examen de sa demande ; / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu’elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ».


3. Le classement sans suite d’une demande tendant, comme en l’espèce, à l’acquisition de la nationalité française, à l’appui de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir.

4. Si le courrier du 20 juin 2025 demandant à M. A... de produire des documents complémentaires ne mentionne pas la nécessité de produire l’intégralité du jugement de son divorce, il invite toutefois l’intéressé à produire les copies intégrales originales de son acte de naissance et de son acte de mariage, ces deux documents devant être accompagnés de leur traduction originale établie par un traducteur assermenté. Dans sa requête, M. A... ne conteste pas ne pas avoir produit son acte de naissance et de son acte de mariage dans le délai imparti, dès lors sa demande de naturalisation était incomplète à la date de notification de la décision attaquée. Par conséquent, la décision de classement sans suite de la demande de naturalisation du requérant ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. A... est manifestement irrecevable et peut, en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée.

6. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que M. A... saisisse à nouveau le préfet des Bouches-du-Rhône d’une nouvelle demande de naturalisation en produisant devant cette autorité toutes les pièces conformes nécessaires à l’instruction de sa demande.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Marseille, le 25 mars 2026.


Le président de la 10ème chambre,


signé

J-L. PECCHIOLI

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.


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