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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2605142

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2605142

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2605142
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé-liberté, a rejeté la demande de M. A... visant à enjoindre au préfet de renouveler son attestation de prolongation d'instruction. Le juge a estimé que le requérant, qui avait laissé expirer son document sans accomplir les diligences nécessaires en temps utile, ne justifiait pas de l'urgence extrême requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La demande a donc été jugée irrecevable au titre de cette procédure d'urgence, par application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2026, M. B... A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de renouveler son attestation de prolongation d’instruction sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

Il soutient que :

- La condition d’urgence est remplie, dès lors qu’il se trouve privé de document de séjour valable, que de ce fait, il a perdu son droit au travail et ses droits sociaux ;
- La carence de la préfecture des Bouches-du-Rhône porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de travailler, ainsi qu’à sa vie privée et familiale.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

2. L’intervention du juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, est subordonnée à l’existence d’une situation d’urgence impliquant qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de la mesure contestée sur la situation de ce dernier sont de nature à caractériser une urgence justifiant son intervention à si bref délai.

3. M. B... A..., ressortissant algérien né le 24 septembre 1997, était titulaire d’un titre de séjour dont il a sollicité le renouvellement le 2 octobre 2025. Il a été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 27 février 2026. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d’instruction, sous astreinte.

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A... ait accompli les diligences suffisantes dans les formes requises pour demander le renouvellement de son attestation de prolongation d’instruction, ayant effectué sa demande auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône le 9 mars 2026, alors que la validité de sa précédente attestation expirait le 27 février 2026. De surcroît, l’intéressé est dépourvu de tout document de séjour depuis un mois à la date d’enregistrement de la présente requête. Il s’ensuit que M. A..., qui disposait d’autres voies procédurales plus adaptées à sa situation pour obtenir, dans des délais raisonnables, un document provisoire de séjour, ne justifie pas d’une situation d’extrême urgence qui impliquerait qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, par application de la procédure prévue par les dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.






ORDONNE :





Article 1 : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille le 2 avril 2026.


Le juge des référés,


Signé


C. Tukov

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,


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