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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2605791

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2605791

mercredi 8 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2605791
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé-liberté, a rejeté la requête de Mme C... épouse B..., qui demandait l'injonction au préfet de délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou de statuer sur sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'extrême urgence, requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, n'était pas caractérisée, malgré la privation de droits sociaux et l'impossibilité de travailler alléguées. La décision a été rendue en application des articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 avril 2026, Mme A... C... épouse B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer immédiatement une attestation de prolongation d’instruction ou de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de 48 h.


Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que son attestation de prolongation d’instruction n’est plus valable depuis le 19 février 2026 ; le défaut de délivrance de cette attestation ne lui permet plus de justifier de sa situation régulière ; ses droits sociaux ont été suspendus et elle ne peut plus travailler ou poursuivre des démarches de recherche d’emploi ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa vie privée et familiale, à l’intérêt supérieur de son enfant et à sa dignité ;

Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Jean-Laurent Pecchioli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C... épouse B..., ressortissante algérienne, née le 28 juin 1999 demande au juge des référés de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande ou de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de 48 heures.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l’audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code précité : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Enfin, le premier alinéa de l’article R. 522-1 du code susmentionné dispose : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit contenir l’exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l’urgence de l’affaire (…) ».


3. Lorsqu’un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l’article L. 521-1 du code de justice administrative ou sur les dispositions de l’article L. 521-3 du même code, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l’article L. 521-2 précité de ce code, il ne peut se prévaloir d’une présomption d’urgence ; il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’extrême urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures. La condition d’urgence posée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative, rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures, s’apprécie objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce.

4. Pour justifier d’une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, Mme C... épouse B... soutient qu’elle ne peut justifier de la régularité de son séjour, que ses droits sociaux, notamment le RSA, ont été suspendus, et qu’elle se trouve dans l’impossibilité de travailler ou de poursuivre des démarches de recherche d’emploi. Toutefois, et alors qu’il résulte de l’instruction que cette situation perdure depuis le 19 février 2026, la requérante n’établit pas, par les pièces produites, que la privation d’aides sociales place la famille, de manière imminente, en grande difficulté, ni qu’un emploi lui aurait été proposé récemment qu’elle serait ainsi contrainte d’en décliner l’offre, ni même qu’elle serait en recherche d’emploi. Dans ces conditions, les circonstances invoquées par la requérante, au demeurant regrettables, ne sont pas de nature à caractériser une situation d’extrême urgence justifiant que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu’il tient des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il suit de là que la requête présentée par Mme C... épouse B... ne peut qu’être rejetée en toutes ses conclusions, conformément à la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Néanmoins, la présente ordonnance ne s’oppose pas à ce que la requérante, si elle s’y croit recevable et bien fondée, forme une requête sur d’autres procédures d’urgence et diligentée aux mêmes fins.




O R D O N N E :




Article 1er : La requête de Mme C... épouse B... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... épouse B....



Le juge des référés,


Signé


J.-L Pecchioli


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,


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