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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2607541

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2607541

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2607541
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL PLENOT SUARES BLANCO ORLANDINI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi en référé par le syndicat des copropriétaires d’un immeuble situé à Septèmes-les-Vallons, afin de suspendre deux arrêtés municipaux du 20 novembre 2025. Le premier arrêté ordonnait une mise en sécurité ordinaire, et le second une mise en sécurité d’urgence du même immeuble. Le juge des référés a joint les deux requêtes et les a rejetées sans instruction ni audience, sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Il a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, les préjudices financiers et les atteintes aux libertés invoqués ne présentant pas un caractère suffisamment grave et immédiat au regard de l’objectif de sécurité publique poursuivi par les arrêtés.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête, enregistrée le 29 avril 2026 sous le n° 2607541, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945, représenté par Me Plenot, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n° 67-2025-DAG du 20 novembre 2025 par lequel le maire de la commune de Septèmes-les-Vallons a décidé de mettre en sécurité ordinaire l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945 sur le territoire de cette commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Septèmes-les-Vallons une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l’urgence est caractérisée dès lors que les propriétaires et locataires de l’immeuble sont frappés par la mesure immédiatement et sans perspective d’évolution, ce qui fragilise leur situation ; la mesure entraîne un préjudice financier pour les copropriétaires puisqu’ils supportent une perte financière non négligeable en accusant chaque mois une baisse de leurs revenus locatifs ; cette situation porte atteinte à la propriété, la liberté du commerce et de l’industrie ou la liberté d’entreprendre ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision dès lors que :
* elle est entachée d’un défaut de motivation et d’un vice de procédure ;
* elle ne prévoit pas de délai pour la mise en œuvre des mesures prescrites ;
* elle est entachée d’erreur dans la qualification juridique des faits, en ne mentionnant aucun élément factuel précis relatif aux désordres constatés, et la condition d’urgence ne ressort pas de ses termes.


II- Par une requête, enregistrée le 29 avril 2026 sous le n° 2607551, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945, représenté par Me Plenot, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté n° 66-2025-DAG du 20 novembre 2025 par lequel le maire de la commune de Septèmes-les-Vallons a décidé de mettre en sécurité au titre de la procédure d’urgence l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945 sur le territoire de cette commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Septèmes-les-Vallons une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l’urgence est caractérisée dès lors que les propriétaires et locataires de l’immeuble sont frappés par la mesure immédiatement et sans perspective d’évolution, ce qui fragilise leur situation ; la mesure entraîne un préjudice financier pour les copropriétaires puisqu’ils supportent une perte financière non négligeable en accusant chaque mois une baisse de leurs revenus locatifs ; cette situation porte atteinte à la propriété, la liberté du commerce et de l’industrie ou la liberté d’entreprendre ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision dès lors que :
* elle est entachée d’un défaut de motivation ;
* elle ne prévoit pas de délai pour la mise en œuvre des mesures prescrites ;
* elle est entachée d’erreur dans la qualification juridique des faits, en ne mentionnant aucun élément factuel précis relatif aux désordres constatés ;
* l’interdiction générale d’accès à l’ensemble de l’immeuble n’est pas justifiée, faute pour l’administration d’avoir établi l’existence de désordres affectant le bâtiment dans son ensemble ou un danger imminent généralisé.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Felmy, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Par deux requêtes distinctes qui ont été jointes pour qu’il soit statué par une seule ordonnance dès lors qu’elles concernent le même syndicat requérant et le même immeuble, le syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945 demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté n° 67-2025-DAG du 20 novembre 2025 par lequel le maire de la commune de Septèmes-les-Vallons a décidé de mettre en sécurité ordinaire l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945 sur le territoire de cette commune, et de l’arrêté n° 66-2025-DAG du même jour de cette même autorité portant mise en sécurité au titre de la procédure d’urgence concernant le même immeuble.

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes du second alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « A peine d’irrecevabilité, les conclusions doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière ». En application de l’article L. 522-3 de ce même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables, qui ne présentent pas un caractère d'urgence ou qui sont manifestement mal fondées.

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l’ensemble des circonstances de l’affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.

D’une part, pour justifier de l’urgence qu’il y aurait pour le juge des référés à suspendre l’exécution des arrêtés litigieux, le syndicat requérant soutient que les propriétaires et locataires de l’immeuble sont frappés par les mesures immédiatement et sans perspective d’évolution, ce qui fragilise leur situation, entraînant un préjudice financier pour les copropriétaires puisqu’ils supportent une perte financière non négligeable en accusant chaque mois une baisse de leurs revenus locatifs et que cette situation porte atteinte à la propriété, la liberté du commerce et de l’industrie ou la liberté d’entreprendre. Toutefois, alors qu’il ressort des recours gracieux présentés par le syndicat à l’encontre de ces arrêtés le 19 janvier 2026 que celui-ci en a eu connaissance à leur date de notification le 20 novembre 2025, les présents recours en urgence n’ont été introduits que le 29 avril 2026, soit plus de cinq mois après ces notifications. En outre, en se bornant à évoquer la privation des revenus locatifs que les propriétaires tirent des commerce et logement mis en location dans cet immeuble, sans justifier de ces pertes, le syndicat n’établit pas l’atteinte grave et immédiate que les mesures litigieuses porteraient à sa situation. De la même façon, la référence générale aux atteintes aux libertés précitées n’est assortie d’aucune précision permettant de caractériser l’urgence à suspendre l’exécution de ces arrêtés. Par suite, la condition d’urgence requise par l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

D’autre part, les présentes requêtes tendant à la suspension des arrêtés précédemment mentionnés ne sont pas accompagnées d’une copie des requêtes au fond dirigées contre ces décisions.

Il résulte de ce qui précède que les requêtes du syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945 doivent être rejetées selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes leurs conclusions y compris celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


O R D O N N E :



Article 1er : Les requêtes du syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945 sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires de l’immeuble sis 5, avenue du 8 mai 1945.

Copie en sera adressée à la commune de Septèmes-les-Vallons.


Fait à Marseille, le 1er juin 2026.



La juge des référés,


Signé


E. Felmy


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,


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