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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2608252

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2608252

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2608252
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACT AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 mai 2026, M. A... B..., représenté par Me Cubaud-Mahut, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du président du conseil d’administration du service départemental d’incendie et de secours des Alpes de Haute-Provence du 16 mars 2026 portant rejet du recours gracieux formé contre l’arrêté du 19 janvier 2026.

Il soutient que :

sa situation sera gravement compromise en cas de maintien de la décision du 16 mars 2026, de sorte que l’urgence doit être constatée ;
il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :
elle est insuffisamment motivée ;
elle méconnaît les dispositions de l’article L. 556-7 du code général de la fonction publique ;
le SDIS ne pouvait refuser sa demande de prolongation que pour un motif lié à son inaptitude ;
il est de l’intérêt du service qu’il puisse se maintenir en activité jusqu’au 13 décembre 2027 pour assurer une passation appropriée avec un nouveau médecin-chef.

Vu :
- la requête n° 2608247 tendant à l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Felmy, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

M. A... B..., médecin-chef au service départemental d’incendie et de secours des Alpes de Haute-Provence, qui a atteint la limite d’âge de 62 ans le 13 décembre 2022, a bénéficié d’un recul de la limite d’âge jusqu’au 13 décembre 2024, en raison d’enfants à charge, puis jusqu’au 13 décembre 2025. Par un arrêté du 19 janvier 2026, il a bénéficié d’une nouvelle prolongation partielle d’activité du 13 décembre 2025 au 1er septembre 2026. Par courrier du 9 février 2026, M. B... a formé un recours gracieux contre cette décision, en tant que l’autorité n’a fait que partiellement droit à sa demande de prolongation, et a adressé à nouveau une demande de prolongation jusqu’au 13 décembre 2027. Par une décision du 16 mars 2026, le président du conseil d’administration du SDIS a rejeté ce recours gracieux au motif que M. B... n’a pas respecté le délai imparti pour formuler sa nouvelle demande de prolongation. M. B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette dernière décision.

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». En application de l’article L. 522-3 de ce même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables, qui ne présentent pas un caractère d'urgence ou qui sont manifestement mal fondées.

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l’ensemble des circonstances de l’affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.

Pour justifier l’urgence à suspendre l’exécution de la décision attaquée, M. B... se borne à indiquer qu’il est « impératif qu’une nouvelle décision soit prise par l’administration avant la rupture du lien entre l’agent et l’administration, à défaut il ne pourra être maintenu en activité » et que sa situation « sera gravement compromise en cas de maintien de la décision du 16 mars 2026 ». Il n’apporte cependant aucun élément de justification au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, M. B... n’établit pas que la décision contestée emporterait des conséquences graves et immédiates sur sa situation personnelle. Dans ces circonstances, la condition d’urgence requise par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée selon la modalité prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée au service départemental d’incendie et de secours des Alpes de Haute-Provence.


Fait à Marseille, le 1er juin 2026.


La juge des référés,


Signé


E. Felmy


La République mande et ordonne au préfet des Alpes de Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,




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