vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2000356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BENESTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 février 2020 et le 20 février 2023, M. D B et M. A C, représentés par Me Benesty, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2019 par laquelle le préfet de la Manche a homologué une piste de moto-cross sur la commune de La Hague à Vasteville et la décision du 20 septembre 2019 par laquelle le préfet de la Manche a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que l'arrêté :
- est entaché d'incompétence ;
- est entaché d'un vice de procédure, faute d'avoir justifié la procédure d'évaluation des incidences Natura 2000 ;
- méconnaît les règles de protection contre le bruit, en particulier l'article 1 de la charte de l'environnement, les articles L. 571-1 et L. 571-6 du code de l'environnement et le décret n° 2017-1244 du 7 août 2017 ;
- méconnaît les règles d'urbanisme, en particulier l'article L. 362-3 du code de l'urbanisme.
Le 15 décembre 2020, sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, le préfet de la Manche a été mis en demeure de produire ses observations dans un délai d'un mois.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 3 octobre 2022 et le 30 janvier 2023, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B et M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B et M. A C sont propriétaires d'un terrain bâti sur le territoire de la commune de La Hague. Par un arrêté du 17 septembre 2019, le préfet de la Manche a renouvelé l'homologation d'un terrain de moto-cross sur ce territoire. Par une décision en date du 20 septembre 2020, le préfet de la Manche a rejeté leur recours gracieux contre cette homologation. Ces deux décisions font l'objet du présent litige.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 29 août 2019, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 10-2019 du 5 septembre 2019 et accessible sur le site internet de la préfecture, le préfet de la Manche a donné délégation à M. Francis Launey, secrétaire général de la sous-préfecture de Cherbourg, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions définies à l'article 1er du même arrêté de Mme F G, sous-préfète de l'arrondissement, à l'exception de certains actes dont ne fait pas partie la décision en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'environnement, dans sa rédaction applicable au litige : " III. - Sous réserve du IV bis, les documents de planification, programmes ou projets ainsi que les manifestations ou interventions soumis à un régime administratif d'autorisation, d'approbation ou de déclaration au titre d'une législation ou d'une réglementation distincte de Natura 2000 ne font l'objet d'une évaluation des incidences Natura 2000 que s'ils figurent : / 1° Soit sur une liste nationale établie par décret en Conseil d'Etat ; / 2° Soit sur une liste locale, complémentaire de la liste nationale, arrêtée par l'autorité administrative compétente ". Le VI du même article précise que " L'autorité chargée d'autoriser, d'approuver ou de recevoir la déclaration s'oppose à tout document de planification, programme, projet, manifestation ou intervention si l'évaluation des incidences requise en application des III, IV et IV bis n'a pas été réalisée, si elle se révèle insuffisante ou s'il en résulte que leur réalisation porterait atteinte aux objectifs de conservation d'un site Natura 2000 ". Aux termes de l'article R. 414-19 du même code : " I. - La liste nationale des documents de planification, programme ou projets ainsi que des manifestations et interventions qui doivent faire l'objet d'une évaluation des incidences sur un ou plusieurs sites Natura 2000 en application du 1° du III de l'article L. 414-4 est la suivante : / () 23° L'homologation des circuits accordée en application de l'article R. 331-37 du code du sport () ". Il résulte de ces dispositions que l'homologation des circuits en application de l'article R. 331-37 du code du sport est au nombre des projets devant faire l'objet d'une évaluation des incidences sur les sites Natura 2000.
4. Il ressort des pièces du dossier que le terrain litigieux se situe à environ 900 mètres d'une zone protégée Natura 2000. L'arrêté attaqué fait référence à une évaluation Natura 2000 fournie par le club Cotentin Moto Club gérant du terrain de moto-cross " Le pénitot ". Par un avis du 27 décembre 2018, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de Normandie, qui relève que le projet n'est pas situé dans une zone environnementale et se trouve éloigné de 900 mètres de la zone protégée, a formellement validé l'évaluation simplifiée Natura 2000 transmise par le club Cotentin moto sport. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit un stationnement aménagé, des conteneurs poubelles et une obligation de respect de la réglementation en vigueur pour le bruit des véhicules et l'utilisation de tapis environnemental. Dans ces conditions, en se bornant à soutenir qu'eu égard à la richesse de la faune, le circuit de moto-cross aurait un impact significatif sur la faune protégée, M. B et M C n'établissent pas l'insuffisance de l'évaluation des incidences du circuit homologué sur le site Natura 2000 mentionné ci-dessus. Le moyen doit dès lors être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 1336-6 du code de la santé publique : " Lorsque le bruit mentionné à l'article R. 1336-5 a pour origine une activité professionnelle autre que l'une de celles mentionnées à l'article R. 1336-10 ou une activité sportive, culturelle ou de loisir, organisée de façon habituelle ou soumise à autorisation, l'atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme est caractérisée si l'émergence globale de ce bruit perçu par autrui, telle que définie à l'article R. 1336-7, est supérieure aux valeurs limites fixées au même article. / Lorsque le bruit mentionné à l'alinéa précédent, perçu à l'intérieur des pièces principales de tout logement d'habitation, fenêtres ouvertes ou fermées, est engendré par des équipements d'activités professionnelles, l'atteinte est également caractérisée si l'émergence spectrale de ce bruit, définie à l'article R. 1336-8, est supérieure aux valeurs limites fixées au même article. /Toutefois, l'émergence globale et, le cas échéant, l'émergence spectrale ne sont recherchées que lorsque le niveau de bruit ambiant mesuré, comportant le bruit particulier, est supérieur à 25 décibels pondérés A si la mesure est effectuée à l'intérieur des pièces principales d'un logement d'habitation, fenêtres ouvertes ou fermées, ou à 30 décibels pondérés A dans les autres cas ".
6. Les requérants ne produisent aucune mesure acoustique ni constat d'huissier au soutien de leurs allégations. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 1336-6 du code de la santé publique ne peut dès lors qu'être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 362-3 du code de l'environnement : " L'ouverture de terrains pour la pratique de sports motorisés est soumise à l'autorisation prévue à l'article L. 421-2 du code de l'urbanisme. Les épreuves et compétitions de sports motorisés sont autorisées, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, par le préfet. () ". Aux termes de l'article L. 421-2 du code de l'urbanisme : " Les travaux, installations et aménagements affectant l'utilisation des sols et figurant sur une liste arrêtée par décret en Conseil d'Etat doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager. ". Aux termes de l'article R. 421-19 du même code : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : () g) L'aménagement d'un terrain pour la pratique des sports ou loisirs motorisés ; () j) Lorsqu'ils sont susceptibles de contenir au moins cinquante unités les aires de stationnement ouvertes au public, les dépôts de véhicules et les garages collectifs de caravanes ou de résidences mobiles de loisirs ; () ".
8. Les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de ces dispositions, le renouvellement de l'homologation en litige n'ayant pas été précédé d'un permis d'aménager du site concerné. Toutefois, les réglementations qu'ils invoquent constituent des législations indépendantes, qui répondent à des finalités distinctes. Elles ne peuvent par suite être utilement invoquées à l'encontre des décisions d'homologation de tels équipements, qui sont prises pour des motifs de police par l'autorité administrative sur le fondement du code du sport, et dont l'objet est d'assurer la sécurité des participants et du public ainsi que la tranquillité publique. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble de la requête de M. B et M. C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à M. A C et au préfet de la Manche.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
P. E
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026