mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2002399 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre JU |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un une mémoire, enregistrés les 2 décembre 2020 et 12 mai 2021, M. C A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 septembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble les différentes décisions prononçant les retraits de points correspondant aux infractions commises les 12 octobre 2016, 30 juin 2017, 29 janvier 2018, 6 novembre 2018, 15 mai 2020, 11 décembre 2019 et 19 juin 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer l'ensemble des points irrégulièrement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter la demande de l'Etat présentée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable dès lors que la décision contestée a été notifiée le 30 septembre 2020, le délai de recours contentieux commençait à courir au 1er octobre 2020 et la requête a été introduite le 2 décembre 2020 ;
- la décision contestée est irrégulière dès lors qu'elle se fonde sur différentes décisions portant retrait de points adoptées en méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la simple mention, sur le relevé d'information intégral, du paiement d'une amende forfaitaire ou d'une amende forfaitaire majorée ne suffit pas à apporter la preuve de ce que l'information préalable obligatoire, prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, aurait été effectuée lors de la constatation de l'infraction par la police judicaire.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 20 avril 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive dès lors qu'en vertu de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, le délai de recours contentieux s'éteignait avant le 2 décembre 2020, date d'introduction de la requête ;
- aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat statuant seul a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A a fait l'objet de plusieurs décisions de retrait de points de son permis de conduire suite à la commission de plusieurs infractions au code de la route les 12 octobre 2016, 30 juin 2017, 29 janvier 2018, 6 novembre 2018, 15 mai 2020, 11 décembre 2019 et 19 juin 2020. Par une décision référencée 48SI et datée du 18 septembre 2020, le ministre de l'intérieur a notifié à M. A l'ensemble des retraits de points résultant de ces infractions et a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de point nul. M. A demande l'annulation de cette dernière décision et de l'ensemble des décisions prononçant un retrait de points de son permis de conduire.
2. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès () ". Aux termes de l'article R. 222-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 () ". L'accomplissement de cette formalité d'information, dont la preuve incombe à l'administration, présente un caractère substantiel qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points.
3. En vertu des dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code, issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu cet avis de contravention. Dès lors, eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartenait à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
4. Enfin, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () / Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. () ". Aux termes de l'article L. 225-1 du même code : " I.- Il est procédé, dans les services de l'Etat et sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, à l'enregistrement : () / 5° Des procès-verbaux des infractions entraînant retrait de points et ayant donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire ou à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ; / 6° De toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire ou interdiction de se présenter à l'examen du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ; () ".
5. Il résulte de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention d'une condamnation pénale devenue définitive. En outre, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, la circonstance que le contrevenant n'ait pas bénéficié, lors de la constatation de l'infraction, des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points.
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'informations intégral versé par le ministre de l'intérieur en défense, que M. A a, pour l'ensemble des infractions au code de la route fondant la décision d'invalidation de son permis de conduire pour solde de point nul, fait l'objet de condamnations pénales prononcées par le juge pénal territorialement compétent. Il en résulte en outre qu'aucune des infractions, qui ont toutes été constatées au moyen d'un appareil électronique sécurisé après interception du véhicule, n'a fait l'objet d'un paiement auprès de l'agent verbalisateur. Ainsi, l'ensemble des infractions contestées ont fait l'objet de ce paiement postérieurement à la constatation de l'infraction par les forces de l'ordre. Dès lors, M. A a nécessairement été rendu destinataire d'un avis de contravention comportant l'information requise par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par ailleurs, concernant l'infraction du 11 décembre 2019, celle-ci fait l'objet d'un procès-verbal électronique, versé au dossier, sur lequel figure les informations exigées par ces dispositions et la signature de l'intéressé. Par suite, le requérant, qui a été mis en mesure de contester l'ensemble de ces infractions devant le juge pénal compétent, a reçu l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si M. A allègue que les informations mentionnées sur son relevé d'informations intégral ne peuvent servir à établir qu'il aurait reçu cette information, il ne démontre pas l'inexactitude dont seraient entachées ces mentions. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées auraient été prises en méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être rejeté.
7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de M. A tendant à l'annulation des décisions prononçant des retraits de points sur son permis de conduire et de celle prononçant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul. Par voie de conséquence, il y a également lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais exposés et non compris dans le dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
F. BLa greffière,
Signé
C. BENIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026