vendredi 12 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ASSOCIATION FOUET-ABOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 janvier 2021, le 12 janvier 2021, le 12 août 2021 et le 12 octobre 2021, M. N I, M. M I, M. J I, Mme L D, M. E I, M. H I, représentés par Me Fouet, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de C a rejeté leur recours indemnitaire formé le 16 octobre 2020 ;
2°) de condamner la commune de C à verser à M. B I, à Jean-Pierre I et à M. J I, chacun, une somme de 12 000 euros en indemnisation du préjudice moral occasionné suite à l'inhumation de M. F I, ainsi que, pour M. B I, le remboursement du coût du constat d'huissier d'un montant de 216,09 euros ;
3°) de condamner la commune de C à verser à Mme L D, en sa qualité d'administratrice légale de son fils A D, à M. E D et à M. H D, petits-fils de M. F I, à chacun, une somme de 5 000 euros en indemnisation du préjudice moral occasionné ;
4°) de mettre à la charge de la commune de C la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'inhumation de M. F I, père et grand-père des requérants, décédé le 17 juin 2017, n'a pu se faire dans la cavurne, au cimetière de l'Ouest à C, où se trouvait les cendres de son épouse, celle-ci étant inondée ;
- la cérémonie a finalement eu lieu le 30 mars 2019, lors de laquelle les urnes de Mme K I et de M. F I ont été inhumées dans la cavurne n° 9 du cimetière ;
- la responsabilité contractuelle et la responsabilité sans faute de la ville de C doivent être engagés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 avril et le 14 octobre 2021, la commune de C, représentée par Me Gey, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la condamnation de la société pompes funèbres Mouchel à la garantir de toutes condamnations qui seraient prononcées à son encontre ;
3°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, faute pour les requérants de préciser le fondement juridique de leur demande ;
- à titre subsidiaire, les consorts I ne sauraient rechercher la responsabilité exclusive de la ville de C.
Par des mémoire,s enregistrés le 26 août 2021 et le 11 octobre 2021, la société Pompes funèbres marbrerie Mouchel, représentée par Me Launay, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la ville de C en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que ;
- à titre principal, que la requête est irrecevable ; la requête ne comporte l'énoncé d'aucun moyen ni ne fait apparaître aucune motivation ;
- à titre subsidiaire, il convient de ramener l'indemnisation du préjudice moral des consorts I à de plus justes proportions ;
- enfin, les conclusions de la commune de C tendant à sa garantie intégrale d'une éventuelle condamnation doivent être rejetées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- et les observations de Me Fouet, représentant les requérants, Me Launay représentant la société Pompes funèbres Mouchel et Me Gey, représentant la commune de C.
Considérant ce qui suit :
1. M. F I, père de Madame L D, de M. B I, de M. M I, de M. J I, et grand-père de M. E D et de M. H D, est décédé le 17 juin 2017. Son inhumation a été fixée au 22 juin 2017 au cimetière de l'Ouest de C dans une cavurne contenant les cendres de son épouse. Lors de l'ouverture de la cavurne, il a été observé que celle-ci était inondée. L'urne contenant les cendres du défunt a été provisoirement déposée dans le colombarium du cimetière, de même que celle contenant les cendres de son épouse. Suite à ces difficultés d'inhumation, la ville de C a organisé une réunion avec les consorts C et a mis en place une expertise amiable en présence de la société Pompes funèbres marbrerie Mouchel, qui avait été mandatée pour procéder à l'inhumation de M. F I, et de la société Martina Chauvière, aux droits de laquelle est intervenue la société OGF, chargée en 2013, dans le cadre du marché d'aménagement d'espaces cinéraires au sein des cimetières municipaux, du lot n° 2 portant sur la fourniture et la pose de cavurnes. Cette expertise amiable a donné lieu à deux réunions le 15 décembre 2017 et le 18 septembre 2018. Une nouvelle inhumation a été organisée le 30 mars 2019. Par un courrier en date du 16 octobre 2020, les consorts I ont sollicité l'indemnisation de leur préjudice moral, du coût du constat d'huissier et de leurs frais d'avocat, qui a donné lieu à une décision implicite de rejet. Par la présente requête, les consorts I demandent au tribunal de condamner la ville de C à leur verser la somme totale de 39 216,09 euros en réparation des préjudices subis.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 2223-13 du code général des collectivités territoriales : " Lorsque l'étendue des cimetières le permet, il peut être concédé des terrains aux personnes qui désirent y fonder leur sépulture et celle de leurs enfants ou successeurs. Les bénéficiaires de la concession peuvent construire sur ces terrains des caveaux, monuments et tombeaux () / Le terrain nécessaire aux séparations et passages établis autour des concessions de terrains mentionnées ci-dessus est fourni par la commune. ". L'article L. 2213-9 du même code dispose : " Sont soumis au pouvoir de police du maire le mode de transport des personnes décédées, le maintien de l'ordre et de la décence dans les cimetières, les inhumations et les exhumations () ".
3. Les consorts I, qui sont liés par un contrat administratif à la commune de C, ne peuvent exercer à l'encontre de celle-ci d'autre action que celle procédant du contrat.
4. Le contrat par lequel le maire octroie une concession à une personne en vue d'y fonder sa sépulture et celle de ses enfants ou successeurs emporte autorisation d'occupation du domaine public mais confère cependant un droit réel immobilier au concessionnaire, transmissible à ses héritiers et pouvant faire l'objet d'une donation. Par conséquent, le caveau ainsi que, le cas échéant, le monument funéraire, sont la propriété du concessionnaire, lequel est seul en charge de la conservation en bon état de ces installations.
5. Pour engager la responsabilité de la commune en raison de désordres dus à la pression hydrostatique ou aux infiltrations d'eau dans un caveau funéraire, les concessionnaires doivent établir que la concession est impropre à sa destination et que la commune a commis une faute dans l'exécution du contrat de concession. En l'absence de toute précision contractuelle dans le contrat de concession, le titulaire d'une concession funéraire est tenu d'entretenir sa sépulture et de respecter le règlement du cimetière tandis que la commune doit, quant à elle, assurer à ce concessionnaire la paisible jouissance de la parcelle construite concédée.
6. Il est constant que, conformément au règlement général des cimetières municipaux de la ville de C, les cavurnes sont des équipements publics communaux d'une dimension de 50 cm de côté susceptibles d'être attribués aux usagers afin d'y déposer une ou plusieurs urnes pour une durée de 15 ou 30 ans, moyennant le versement d'un tarif fixé par le conseil municipal. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 26 juin 2018, qu'un marché conclu par la ville de C et la société Chauvière en juillet 2013 a permis la pose de 30 cavurnes dans le cimetière de l'Ouest situé sur le territoire communal. A ce titre, en mars 2014, Mme K I, épouse de M. F I, a été inhumée au sein de la cavurne n° 9 (section 22). Il résulte de l'instruction que lors de l'inhumation de M. F I, le caveau funéraire était inondé. Il ressort du rapport d'expertise du 26 juin 2018 que, d'une part, lors des opérations d'inhumation de Mme I en 2014, " la cavurne était remplie d'eau et qu'il avait été nécessaire de le vider avant mise en place de l'urne funéraire " et, d'autre part, que ces cavurnes n'étaient pas adaptés à une mise sous terre, l'eau ne provenant pas de remontées de nappe en surface. Dans ces conditions, et conformément à ce qui vient d'être exposé, l'infiltration d'eau n'est pas susceptible d'engager la responsabilité de la commune. Dès lors, les consorts I ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité de la commune de C pour les préjudices liés à l'inondation de la concession funéraire dont ils sont propriétaires.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir ni sur l'appel en garantie soulevés par la commune de C, que la demande indemnitaire présentée par les consorts I doit être rejetée.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de C qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les consorts I demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de C et de la société Pompes funèbres marbrerie Mouchel présentées sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts I est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de C et de la société Pompes funèbres marbrerie Mouchel tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. N I, premier dénommé, à la commune de C, à la société OGF et à la société Pompes funèbres marbrerie Mouchel.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Belhadj, conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2022.
Le rapporteur,
Signé
J. G
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026