mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100123 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre JU |
| Avocat requérant | AKERMAN OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2021, M. I G, représenté par Me Launay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juillet 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Calvados lui a notifié un indu d'allocation de logement d'un montant global de 29 149,84 euros correspondant à un indu d'allocation logement familiale de 8 150 euros et à cinq indus d'allocation de logement sociale de 5 570,84 euros, 4 146 euros, 2 033 euros, 7 162 euros et 2 088 euros, ensemble la décision implicite de rejet du recours administratif ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 29 149,84 euros ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Calvados une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 22 juillet 2020 est insuffisamment motivée au sens des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ; elle n'est pas motivée en droit et ne comporte aucune mention des bases de liquidation ;
- la décision de rejet du recours administratif n'est pas motivée ;
- la fraude n'est pas caractérisée ;
- la prescription prévue par l'article L. 553-1 alinéa 1 et 2 fait obstacle au recouvrement de la somme demandée.
Par un mémoire enregistré le 20 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales du Calvados conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- elle a procédé à une nouvelle notification des indus le 31 mars 2021 ;
- les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 22 juillet 2020, la caisse d'allocations familiales du Calvados a notifié à M. I G un indu d'allocation de logement d'un montant global de 29 149,84 euros correspondant à un indu d'allocation de logement familiale de 8 150 euros pour la période de décembre 2016 à juillet 2018 perçue pour un logement occupé par M. B et cinq indus d'allocation de logement sociale d'un montant respectif de 5 570,84 euros pour la période d'août 2015 à juillet 2017 perçue pour un logement occupé par M. C, de 4 146 euros pour la période de février 2017 à juillet 2018 perçue pour un logement occupé par M. F, de 2 033 euros pour la période de juillet 2017 à février 2018 perçue pour un logement occupé par M. A, de 7 162 euros perçue pour un logement occupé par M. E, de 2 088 euros perçue pour un logement occupé par M. H. M. G a exercé un recours administratif le 22 septembre 2020 qui a été implicitement rejeté par la caisse d'allocations familiales du Calvados. Par cette requête, M. G doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision confirmant implicitement la décision du 22 juillet 2020 lui notifiant l'indu d'allocation logement d'un montant de 29 149,84 euros.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de logement familiale et d'allocation de logement sociale, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. D'une part, la décision implicite de la caisse d'allocations familiales du Calvados s'étant substituée à la décision initiale de notification de l'indu du 22 juillet 2020, le moyen tiré de ce que cette décision de la caisse d'allocations familiales serait insuffisamment motivée est inopérant.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction que M. G a formé un recours administratif à l'encontre de la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales du Calvados a mis à sa charge un indu d'allocation logement d'un montant de 29 149,84 euros. Toutefois, le requérant ne justifie pas avoir demandé, en application des dispositions précitées de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, la communication des motifs de la décision rejetant implicitement son recours administratif. Par suite, il ne saurait utilement invoquer le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 835-2 du code de la sécurité sociale, alors applicable : " La créance du bénéficiaire de l'allocation de logement est incessible et insaisissable. / L'allocation est versée, s'il le demande, au prêteur lorsque l'allocataire est locataire. / Le prêteur ou le bailleur déduit l'allocation du montant du loyer et des dépenses accessoires de logement ou de celui des charges de remboursement. Il porte cette déduction à la connaissance de l'allocataire. Lorsque le bailleur ou le prêteur ne pratique pas cette déduction, l'allocation est versée à l'allocataire. () / L'allocation ne peut être versée au bailleur que si le logement répond aux exigences prévues au 1° et 2° du I de l'article L. 831-3. () / Lorsque l'organisme payeur a versé une allocation indue et que le bailleur ou le prêteur justifie avoir procédé à la déduction prévue au troisième alinéa du présent article, le trop-perçu est recouvré auprès de l'allocataire. ".
7. Il résulte de l'instruction que M. G a perçu, pour trois logements situés 15 rue du Chancelier à Trouville, qui étaient occupés chacun par un locataire, l'allocation de logement sociale pour la période d'août 2015 à juillet 2017, pour la période de janvier 2016 à juillet 2018 et pour la période de février 2017 à juillet 2018. M. G a également perçu, pour trois logements situés 18 rue Auguste Decaens à Deauville, occupés par des locataires, des allocations de logement pour la période de décembre 2016 à juillet 2018, pour la période de juillet 2017 à février 2018 et pour la période de novembre 2017 à juillet 2018. Or, il résulte de l'instruction que M. G n'était pas le propriétaire ou le bailleur des logements situés à Trouville, qui appartenaient à la SARL David dont il n'était plus actionnaire depuis le 30 septembre 1999, ni de ceux situés à Deauville, le requérant ne pouvant davantage se prévaloir de l'existence d'une sous-location pour ces derniers logements dès lors qu'il n'en était pas locataire. En outre, la créance d'un bénéficiaire d'allocation de logement étant, ainsi que le prévoit l'article L. 835-2 du code de la sécurité sociale, incessible, M. G ne saurait utilement se prévaloir d'une convention de délégation de trésorerie qu'il aurait conclue, le 28 avril 2017, avec la SARL David, propriétaire des logements situés à Trouville, dans la limite d'une dette de 54 273 euros. Au surplus, M. G n'a jamais informé l'organisme social de l'existence de cette convention approuvée par assemblée générale du 28 juin 2017, soit postérieurement à la période de constitution de certains indus en cause. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que M. G, qui n'était ni propriétaire ni bailleur des logements loués, ne pouvait percevoir les aides au logement. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. G a complété de fausses attestations de loyer transmises à la caisse d'allocations familiales afin de percevoir illégalement l'aide au logement pour les six locataires concernés. Enfin, la circonstance que la caisse d'allocations familiales du Calvados n'aurait pas versé de sommes excédant les droits des allocataires, à la supposer établie, est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu et ne saurait, en tout état de cause, exonérer le requérant du remboursement des sommes indûment perçues au titre des allocations logement.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans () ".
9. Il résulte de l'instruction, et ainsi qu'il a dit au point 7 du présent jugement, que M. G a prétendu, auprès de six locataires, être propriétaire des logements à louer dans le but de percevoir directement et illégalement des aides au logement. M. G doit être regardé comme ayant commis de fausses déclarations sur la base, notamment, de faux documents relatifs au titre de propriété des logements concernés. Il résulte en outre de l'instruction que la caisse d'allocations familiales n'a pu découvrir cette situation qu'à l'occasion de la transmission d'un rapport d'enquête de l'URSAFF établi le 24 juillet 2018. Compte tenu de l'origine frauduleuse des indus en cause, l'action en recouvrement de la caisse d'allocations familiales n'était pas prescrite à la date de notification des indus.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision confirmant l'indu d'allocation logement d'un montant de 29 149,84 euros ni à être déchargé de l'obligation de payer cette somme. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. I G et à la caisse d'allocations familiales du Calvados.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La magistrate désignée,
SIGNÉ
A. D
La greffière,
SIGNÉ
A. GODEY
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière,
A. Godey
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026