LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2100148

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2100148

vendredi 12 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2100148
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantPAVIOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance en date du 22 janvier 2021, le tribunal administratif de Rouen a transmis la requête de Mme G et M. C au tribunal administratif de Caen, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 décembre 2020 et 4 mars 2021, Mme F G et M. A C, représentés par Me Paviot, demandent au tribunal de réformer l'ordonnance du 25 novembre 2020 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Rouen a taxé à la somme de 3 000 euros les honoraires de l'expertise confiée au docteur H.

Ils doivent être regardés comme soutenant que :

- les honoraires sont excessifs dès lors que l'expertise est insuffisamment détaillée et ne permet pas de vérifier les diligences de l'expert ;

- une seule réunion d'expertise a été effectuée ; le rapport comporte principalement les éléments contenus dans le pré-rapport ;

- l'expert n'a pas réalisé de travaux de recherche et d'analyse ; l'expert ne s'est pas fait communiquer tous les examens post-mortem en se contentant de reprendre l'analyse effectuée par un autre docteur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2021, M. H conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable car tardive ;

- les autres moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, le président du tribunal administratif de Rouen fait valoir que le montant taxé correspond à celui sollicité par l'expert.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C et Mme F G ont saisi le juge des référés du tribunal administratif de Rouen, qui a ordonné, le 18 juin 2020, une expertise portant sur les conditions de la prise en charge de la grossesse de Mme G, à compter du 14 décembre 2015, par le centre hospitalier intercommunal (CHI) Caux-Vallée-de-Seine, et l'origine du décès de leur enfant à naître. Le docteur D H a déposé son rapport d'expertise le 2 novembre 2020. Par une ordonnance du 25 novembre 2020, dont les requérants demandent la réformation, la présidente du tribunal administratif de Rouen a taxé à la somme de 3 000 euros les honoraires de l'expertise confiée au docteur H.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. ". L'article R. 761-4 du même code dispose : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué " et l'article R. 761-5 dudit code précise : " Les parties (), l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 () ".

3. Le délai d'un mois institué par l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un délai franc. L'ordonnance du 25 novembre 2020 a été notifiée aux requérants le 27 novembre 2020. Par suite, la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Rouen le 28 décembre 2020 n'est pas tardive et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

Sur le montant des frais d'expertise :

4. L'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif et non juridictionnel. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération. Il résulte des dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-5 du code de justice administrative qu'il appartient au juge administratif de vérifier la nature des travaux effectivement réalisés par l'expert et de déterminer les honoraires de celui-ci en fonction de leur difficulté, de leur importance, de leur utilité et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai qui lui a été imparti pour le dépôt de son rapport, en réformant au besoin sur ce point l'ordonnance contestée devant lui.

5. La mission de l'expert, telle que décrite par l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Rouen du 18 juin 2020, consistait notamment à décrire la prise en charge médicale de Mme G, qui était enceinte, à compter du 14 décembre 2015, à déterminer si elle était conforme aux règles de l'art et si des manquements ont été commis, en particulier quant à la prescription médicamenteuse, au contrôle fonctionnel et de sécurité de l'appareil de monitorage et aux échographies effectuées en octobre, ainsi que donner son avis sur l'origine du décès de l'enfant et fournir l'ensemble des éléments de nature à déterminer les responsabilités encourues.

6. Le rapport de M. H comprend dix-sept pages dont deux pages de reprise de l'ordonnance de mission, deux pages de recensement des pièces transmises, deux pages de chronologie des faits, trois pages de retranscription des explications données lors de la réunion d'expertise du 15 octobre 2020, deux pages de reproduction du dire de Me Paviot, trois pages de reprise des questions posées dans le dire et de réponse aux questions. La facture de l'expert mentionne douze heures de travail au total, comprenant les convocations écrites (une heure), la consultation des dossiers (deux heures trente), l'étude de la littérature (une heure trente), la réunion d'expertise (une heure), la rédaction du rapport (trois heures), l'étude des dires et réponses (une heure trente), la relecture et corrections (une heure) et l'envoi aux parties (trente minutes), avec un taux horaire de 250 euros, soit un total de 3 000 euros. Il résulte de l'instruction que l'expert a repris les conclusions du professeur E relatives au décès de l'enfant, lequel a conclu à une pathologie placentaire. Les requérants font valoir, sans être utilement contredits, que l'expert n'a pas sollicité le rapport d'autopsie, quand bien même ce rapport aurait été réalisé au CHU de Rouen et non par l'établissement en cause. L'expert reprend la conclusion selon laquelle " le décès avait probablement été dû à une insuffisance placentaire ", sans avoir analysé lui-même les pièces liées à l'autopsie. Il indique ensuite qu'un diagnostic d'insuffisance placentaire n'est effectué que lors d'une échographie au terme de la grossesse, sans préciser la date du terme en l'espèce, ou en post natal après examen du placenta. Par ailleurs, l'expert, qui n'accompagne son propos d'aucune référence de littérature médicale, ne précise pas si, dans les circonstances de l'espèce, alors que la requérante avait était admise pour un faux travail et présentait des facteurs de risque, notamment un diabète gestationnel, une obésité et un tabagisme, une échographie aurait dû être envisagée. Par suite, et même s'il n'existe pas de barème horaire légal en matière d'expertise médicale, les conclusions du rapport rendu par le docteur H sont relativement succinctes et ne répondent pas avec une précision suffisante à la mission qui lui avait été confiée, consistant à donner son avis notamment sur le décès de l'enfant. Compte tenu de l'absence d'investigation suffisante eu égard à la mission confiée, les honoraires sont excessifs et doivent être réduits à un montant de 1 500 euros.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de réformer l'ordonnance du président du tribunal administratif de Rouen et de fixer le montant des frais et honoraires d'expertise en litige à la somme de 1 500 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Les frais et honoraires de l'expertise mis à la charge de M. C et Mme G sont arrêtés à la somme de 1 500 euros.

Article 2 : L'ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Rouen est réformée en ce qu'elle a de contraire à l'article 1er ci-dessus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme F G, à M. H et au président du tribunal administratif de Rouen.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Cheylan, président,

M. Belhadj, conseiller,

Mme Arniaud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2022.

La rapporteure,

Signé

C. B

Le président,

Signé

F. CHEYLAN

La greffière,

Signé

A. LAPERSONNE

La République mande et ordonne au préfet de Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

C. Bénis

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions