LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2101233

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2101233

mardi 13 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2101233
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantHOURMANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le n° 2101233, par une requête et un mémoire enregistrés le 7 juin 2021 et le 14 février 2022, la commune de Courseulles-sur-Mer, représentée par Me Cavelier, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre à M. C B, occupant sans titre du domaine public communal depuis le 1er juin 2021, de quitter l'immeuble situé 6 place du Général de Gaulle et de le remettre en son état initial dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de M. B une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune soutient que :

- l'immeuble appartenait au domaine public maritime ;

- l'immeuble appartient au domaine public communal ;

- M. B se maintient dans les lieux sans droit ni titre depuis l'expiration de la convention d'occupation précaire du domaine public reçue en préfecture du Calvados le 29 décembre 2020l.

Par des mémoires en défense enregistrés le 5 janvier 2022 et le 13 septembre 2022, M. C B, représenté par Me Hourmant, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la commune de Courseulles-sur-Mer une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, dès lors que l'immeuble en litige n'appartient pas au domaine public de la commune, la requête est portée devant une juridiction incompétente.

II. Sous le n° 2101358, par une requête, enregistrée le 22 juin 2021, M. C B, représenté par Me Hourmant demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 février 2021 par laquelle la maire de Courseulles-sur-Mer a refusé le renouvellement du contrat portant sur l'occupation du bâtiment dans lequel est exploité le " Bar de la Mer " et la décision du 14 mai 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Courseulles-sur-Mer une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la maire doit établir que le conseil municipal lui avait donné la compétence de prendre la décision attaquée ;

- la parcelle cadastrée AA 36 n'appartient pas au domaine public maritime ;

- la parcelle cadastrée AA 36 n'appartient pas au domaine public communal ;

- la théorie de l'accessoire ne trouve pas à s'appliquer pour incorporer le " Bar de la Mer " au domaine public communal.

Par un mémoire enregistré le 24 novembre 2021, la commune de Courseulles-sur-Mer, représentée par Me Cavelier, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. B une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la requête est irrecevable.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,

- les observations de Me Cavelier, représentant la commune de Courseulles-sur-Mer, et de Me Hourmant, représentant M. B.

Une note en délibéré présentée pour M. B a été enregistrée le 17 novembre2022 dans le dossier 2101233.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B exploite depuis le 1er mai 2010 un débit de boissons sous l'enseigne " Le Bar de la Mer ", situé 6 place du Général de Gaulle à Courseulles-sur-Mer. Le 19 octobre 2020, la commune l'a informé de son intention de récupérer les locaux et d'y effectuer des travaux alors qu'elle réfléchissait à une restructuration de l'ensemble de l'immeuble et à une nouvelle destination. La commune demande au tribunal administratif d'enjoindre à M. B de quitter les lieux et de les remettre dans leur état initial.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2101233 et 2101358 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur l'appartenance des locaux au domaine public :

3. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". Aux termes de l'article L. 3111-1 du même code : " Les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1, qui relèvent du domaine public, sont inaliénables et imprescriptibles ". Aux termes de l'article L 3112-1 du même code : " Les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1, qui relèvent de leur domaine public, peuvent être cédés à l'amiable, sans déclassement préalable, entre ces personnes publiques, lorsqu'ils sont destinés à l'exercice des compétences de la personne publique qui les acquiert et relèveront de son domaine public ".

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la commune de Courseulles-sur-Mer a acquis auprès de l'Etat, par un acte en date du 5 septembre 2019, les parcelles cadastrées section AA nos 36 et 167. Depuis la construction de l'immeuble sur la parcelle cadastrée AA n° 36, autorisée par le directeur des services départementaux du ministère de la reconstruction et du logement le 18 septembre 1954, l'Etat a délivré des autorisations d'occupation temporaire du domaine public. L'acte de cession du 5 septembre 2019 ayant été pris sous le régime des dispositions précitées de l'article L 3112-1 du code général de la propriété des personnes publiques, le terrain destiné à l'exercice de ses compétences par son nouveau propriétaire public relève nécessairement du domaine public de ce dernier.

5. Certes, M. B s'appuie sur un extrait des délibérations du conseil municipal du 6 avril 1954 portant sur la reconstruction du " Bar de la Plage " qui avait appartenu à M. A avant sa destruction au cours de la seconde guerre mondiale et un projet d'acquisition par la commune d'un terrain appartenant à des propriétaires privés. Toutefois, contrairement à ce qu'affirme le requérant, les extraits des délibérations ne permettent pas d'établir que l'immeuble a été édifié sur un terrain appartenant au domaine privé de la commune, laquelle est devenue propriétaire du terrain d'assiette par l'acte du 5 septembre 2019 ainsi qu'il a été dit au point précédent.

6.En second lieu, aux termes d'une " convention d'occupation temporaire et précaire du domaine public de la commune ", la commune, devenue propriétaire des murs du fonds de commerce par acte du 7 juin 1985, avait permis à M. B d'exploiter le bar à compter du 1er mai 2010. Cette convention précisait notamment qu'elle était conclue " sous le régime des occupations du domaine public non constitutives de droits réels " et relevait du régime exorbitant des contrats administratifs. Le bar exploité par M. B appartient à un immeuble connu sous l'appellation " Maison de la Mer " qui est doté de salles municipales, d'une terrasse partagée avec le bar, et d'un aquarium ouvert au public et qui était exploité par la commune. Cet immeuble se situe à un endroit caractéristique de l'activité touristique de la commune, à la jonction de la digue surplombant la plage, lieu de promenade privilégié de la commune, et de l'estuaire de la Seulles qui marque l'entrée dans le port maritime. L'immeuble est édifié sur une parcelle où sont également implantés un monument au morts, un parc de stationnement et, occasionnellement, un carrousel. En choisissant d'autoriser l'exploitation d'un bar à cet endroit typique, la commune de Courseulles-sur-Mer a clairement manifesté son intention, en vue de son développement touristique, de favoriser l'usage direct de cet espace par le public. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'immeuble en litige n'appartiendrait pas au domaine public de la commune. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 février 2021 par laquelle la maire de Courseulles-sur-Mer a refusé le renouvellement du contrat portant sur l'occupation du bâtiment dans lequel est exploité le " Bar de la Mer ", et de la décision du 14 mai 2021 par laquelle elle a rejeté son recours gracieux.

Sur l'injonction :

7. En premier lieu, lorsque le juge administratif est saisi d'une demande tendant à l'expulsion d'un occupant d'une dépendance appartenant à une personne publique, il lui incombe de vérifier que cette dépendance relève du domaine public à la date à laquelle il statue. A cette fin, il lui appartient de rechercher si cette dépendance a été incorporée au domaine public, en vertu des règles applicables à la date de l'incorporation, et, si tel est le cas, de vérifier en outre qu'à la date à laquelle il se prononce, aucune disposition législative ou, au vu des éléments qui lui sont soumis, aucune décision prise par l'autorité compétente n'a procédé à son déclassement.

8. Il ne résulte d'aucune pièce du dossier que le terrain d'assiette, dont il a été dit au point 4 qu'il constituait une dépendance du domaine public à la date de sa cession par l'Etat, aurait fait l'objet depuis d'une décision de déclassement du domaine public.

9. En second lieu, il est constant que M. B est dépourvu, depuis le 31 mai 2021, de tout titre autorisant l'occupation de l'immeuble où il se maintient. Il y a lieu dès lors pour le tribunal de faire droit à la demande de la commune de Courseulles-sur-Mer tendant à l'expulsion de M. B des locaux indûment occupés.

10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner l'expulsion de M. B des locaux du " Bar de la Mer " et de lui enjoindre de restituer les lieux libres de toute occupation dans les deux mois à compter de la notification qui lui sera faite du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

Sur les frais du litige :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B le versement à la commune de Courseulles-sur-Mer d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Courseulles-sur-Mer, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : Il est enjoint à M. B de libérer les locaux de " la Maison de la Mer " qu'il occupe sans droit ni titre, 6 place du Général de Gaulle à Courseulles-sur-Mer, et de restituer les lieux libres de toute occupation, sous astreinte de 200 (deux cents) euros par jour de retard, à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la notification de la présente décision.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : M. B versera la somme de 1 500 euros à la commune de Courseulles-sur-mer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de M. B tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Courseulles-sur-mer et à M. C B.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Mondésert, président,

M. Berrivin, premier conseiller,

Mme Silvani, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.

Le rapporteur,

signé

A. D

Le président,

signé

X. MONDESERTLa greffière,

signé

A. LAPERSONNE

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

A. Lapersonne

N°s 2101233 et 2101358

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions