vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2101364 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BON-JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 juin 2021, 30 mars 2022 et 19 mai 2022, la SAS TDF, représentée par Me Bon-Julien, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2021 par lequel le maire de Lingèvres s'est opposé à la déclaration préalable relative à l'installation d'une antenne relais sur la parcelle cadastrée section C n° 57, ainsi que la décision du 23 avril 2021 rejetant son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre à la commune de Lingèvres de délivrer un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lingèvres la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la commune était en mesure de mettre à sa charge le coût de l'extension du réseau électrique en application de l'article L. 332-8 du même code ;
- le projet ne méconnaît ni les articles N2 et N3 du plan local d'urbanisme ni l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 avril 2022 et 29 mai 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas donné lieu à communication, la commune de Lingèvres, représentée par la SELARL Medeas, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle est fondée à demander à ce que les motifs tirés, d'une part, de la méconnaissance de l'article N2 du règlement du plan local d'urbanisme et, d'autre part, de la méconnaissance de l'article N3 du même règlement et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, soient substitués au motif initialement retenu par l'arrêté attaqué ;
- pour le surplus, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public ;
- les observations de Me Le Rouge De Guerdavid, substituant Me Bon-Julien, représentant la société TDF et celles de Me Lerévérend pour la commune de Lingèvres.
Considérant ce qui suit :
1. La société TDF a déposé un dossier de déclaration préalable de travaux le 26 janvier 2021 en vue de la réalisation d'un pylône d'antenne relais de radiotéléphonie mobile, d'une dalle au sol, de baies techniques et d'une clôture, sur un terrain situé à Lingèvres au lieu-dit " Clos Birou ", sur la parcelle cadastrée section C n° 57. Par un arrêté du 19 février 2021, le maire s'est opposé à la déclaration de travaux sur le fondement des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, au motif qu'il n'était pas en mesure d'indiquer dans quel délai les travaux d'extension du réseau électrique pouvaient être exécutés. La société TDF a formé un recours gracieux par courrier du 9 mars 2021, qui a été rejeté par une décision du maire du 23 avril 2021.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. / Lorsqu'un projet fait l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à sa réalisation lorsque les conditions mentionnées au premier alinéa ne sont pas réunies. () ". Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme : " Une participation spécifique peut être exigée des bénéficiaires des autorisations de construire qui ont pour objet la réalisation de toute installation à caractère industriel, notamment relative aux communications électroniques, agricole, commercial ou artisanal qui, par sa nature, sa situation ou son importance, nécessite la réalisation d'équipements publics exceptionnels. () ".
4. Il est constant que la desserte de l'installation litigieuse requiert la réalisation d'une extension du réseau électrique d'une longueur de 300 mètres et que cette extension a le caractère de travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'électricité au sens de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme. Si la commune de Lingèvres fait valoir que la décision attaquée se borne à indiquer que l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai ces travaux peuvent être exécutés, il résulte de l'avis du concessionnaire du service public de l'électricité versé au dossier que les travaux d'extension peuvent être réalisés sans obstacle technique dès lors que leur financement est assuré. Par la mention selon laquelle l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai ces travaux peuvent être exécutés, la commune doit dès lors être regardée comme opposant au pétitionnaire la circonstance qu'elle refusait de prendre financièrement en charge la part des frais n'incombant pas au concessionnaire du service public. La société TDF soutient à cet égard qu'un tel motif est infondé, dès lors qu'elle s'était engagée à prendre en charge les frais d'extension du réseau et que la commune était en mesure de mettre à sa charge le coût de l'extension du réseau électrique sur le fondement de l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme. Toutefois, à supposer même que les dispositions de cet article soient applicables au projet litigieux, la circonstance que la société TDF s'est engagée à prendre en charge le coût de ces travaux, au titre de l'article L. 332-8 du code de l'urbanisme qui ouvre une simple faculté à la collectivité publique d'imposer une participation financière à la charge du pétitionnaire en cas d'autorisation, est sans incidence sur la légalité du motif de refus opposé par la commune de Lingèvres sur le fondement de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen soulevé à cet égard doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par la société TDF doivent être écartées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société TDF la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Lingèvres et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lingèvres, qui n'est pas partie perdante en la présente instance, la somme que la société TDF demande sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société TDF est rejetée.
Article 2 : La société TDF versera la somme de 1 500 euros à la commune de Lingèvres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société TDF et à la commune de Lingèvres.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Guillou, président,
Mme Saint-Macary, première conseillère,
M. Blanchard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le rapporteur,
SIGNÉ
A. A
Le président,
SIGNÉ
H. GUILLOU
La greffière,
SIGNÉ
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Lapersonne
No 2101364
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026