vendredi 12 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2101369 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET LECHEVREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2021, M. E A, représenté par Me Lechevrel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 avril 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui octroyer le versement de l'allocation pour demandeur d'asile avec effet rétroactif pour l'ensemble de la période pendant laquelle il en a été privé, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et dans un délai de quarante-huit heures à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de Me Lechevrel, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, et donner acte à Me Lechevrel de ce qu'elle renoncera à percevoir la part contributive de l'Etat en cas de condamnation.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 29 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, né le 15 août 1997 à Conakry (Guinée), de nationalité guinéenne, déclare être entré irrégulièrement en France le 3 octobre 2019. Sa demande d'asile, qui a été enregistrée au guichet unique de la préfecture du Calvados le 8 octobre 2019, a fait l'objet d'un traitement en procédure Dublin. Le même jour, M. A a accepté l'offre de prise en charge de l'OFII et bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Ne s'étant pas présenté au vol prévu pour son transfert le 25 février 2020 vers l'Allemagne, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile, M. A a été déclaré en fuite le 27 février 2020. Par un courrier du 27 février 2020, notifié le 29 février 2020, l'OFII a informé M. A de son intention de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le requérant a présenté des observations par un courrier en date du 3 mars 2020. Par une décision du 13 mars 2020, l'OFII a suspendu les conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A en raison de sa non-présentation aux autorités chargées de l'asile. Le 21 avril 2021, M. A s'est présenté en préfecture pour déposer une nouvelle demande d'asile. Il a été à nouveau placé en procédure Dublin. Après avoir procédé, le même jour, au réexamen de sa situation, l'OFII a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Ne s'étant pas présenté à deux convocations de la préfecture dans le cadre de la procédure Dublin, le requérant a été une nouvelle fois déclaré en fuite le 12 juillet 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 21 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision du 3 juillet 2017 publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, le directeur général de l'OFII a donné délégation à M. C D, directeur territorial à Caen, à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, tous actes, décisions et correspondances se rapportant aux missions dévolues à la direction de Caen. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne notamment les dispositions des articles L. 744-1 et L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables à la décision en litige, et indique que le requérant n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Ainsi, la décision comporte les éléments de droit et de faits sur lesquels elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du CESEDA, dans sa rédaction applicable : " À la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines () ". Aux termes de l'article R. 744-14 du même code : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. Si le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptées à sa situation, ceux-ci seront examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis. "
5. Il ressort des pièces du dossier que, le 8 octobre 2019, M. A a bénéficié d'un entretien, dans une langue qu'il comprend, durant lequel sa situation a été évaluée. A cette occasion, aucun élément susceptible de caractériser une situation particulière de vulnérabilité n'a été relevé. Par ailleurs, préalablement à la décision litigieuse, l'OFII a réexaminé la situation du requérant le 21 avril 2021. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 21 avril 2021 doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
7. Il y a lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Lechevrel et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Belhadj, conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2022.
Le rapporteur,
Signé
J. B Le président,
Signé
F. CHEYLANLa greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026