mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2101632 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ASS BOSQUET LABEY-BOSQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2021, et un mémoire enregistré le 9 septembre 2022 qui n'a pas été communiqué, la SARL la cave aux bœufs, représentée par Me Cortay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 février 2021 par laquelle le président de la communauté urbaine d'Alençon a refusé de lui délivrer un permis de construire et la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au président de la communauté urbaine d'Alençon de lui délivrer le permis de construire demandé, dans un délai de deux mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) A titre subsidiaire, d'enjoindre à la communauté urbaine de procéder à une nouvelle instruction de la demande dans un délai de deux mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la communauté urbaine d'Alençon une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 433-1 et suivants du code de l'urbanisme ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article UG4.2 du plan local d'urbanisme intercommunal ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle dispose de la maîtrise foncière de la surface où sera implanté le projet et que ce dernier n'obère ni le fonctionnement des infrastructures publiques de télécommunication ni la circulation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2021, la communauté urbaine d'Alençon, représentée par la Selarl Juriadis, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SARL La cave aux bœufs la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SARL La cave aux bœufs ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- et les observations de Me Bosquet, représentant la communauté urbaine d'Alençon.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 février 2021, le président de la communauté urbaine d'Alençon a refusé d'accorder à la SARL La cave aux bœufs, qui exploite un restaurant situé 46 place du commandant B à Alençon, le permis autorisant la construction d'une terrasse couverte et de toilettes accessibles aux personnes à mobilité réduite et la modification des façades de l'immeuble en vue de l'aménagement de logements. Le 30 avril 2021, la SARL a demandé le retrait de l'arrêté et, après des échanges avec le service instructeur, par un courrier daté du 21 mai 2021, la communauté urbaine l'a invitée à déposer une nouvelle demande de permis de construire. La SARL n'a pas donné suite à cette proposition et conteste l'arrêté du 26 février 2021. Elle demande l'annulation de la décision du 26 février 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, par une délibération du 12 octobre 2020, publiée le 21 octobre 2020 au recueil des actes de la commune, le conseil municipal a décidé de déléguer à la communauté urbaine d'Alençon l'instruction et la délivrance des autorisations d'urbanisme et, par une délibération du 16 octobre 2020, le conseil de communauté a accepté d'instruire et de délivrer les autorisation d'urbanisme concernant la commune d'Alençon. Aux termes d'un arrêté du 27 novembre 2020, qui vise la délibération du 16 octobre 2020, le président de la communauté urbaine d'Alençon a délégué sa signature au 2ème vice-président, pour l'instruction et la délivrance des autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de ce vice-président, signataire de la décision attaquée, manque en fait.
3. En deuxième lieu, le dossier de demande, en particulier la notice descriptive, précise que la demande porte sur des " travaux sur une construction existante " consistant en des constructions d'une terrasse couverte démontable et de toilettes accessibles aux personnes à mobilité réduite. Aucune mention ne porte sur le caractère précaire des constructions et notamment sur la durée envisagée de celles-ci. Le cadre " 5.4 construction périodiquement démontée et réinstallée " du formulaire de demande de permis de construire est ainsi vierge de toute observation. Dans ces conditions, la communauté urbaine d'Alençon n'avait pas à examiner la demande au regard des dispositions propres aux permis délivrés à titre précaire.
4. En troisième lieu, en vertu de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme, " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ".
5. Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public.
6. Si la société pétitionnaire soutient qu'elle est titulaire d'une d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public, elle ne l'établit pas en produisant un document qu'elle intitule " autorisation de terrasse " et consistant seulement en un plan sommaire annoté, et une demande de permission de voierie à laquelle la communauté urbaine d'Alençon n'a pas répondu. Dans ces conditions, le président de la communauté urbaine d'Alençon a pu fonder sa décision sur l'absence d'autorisation d'occupation temporaire du pétitionnaire sur une partie de la place du commandant B. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article UG4.2 du plan local d'urbanisme intercommunal applicable : " En UGa et UGb : - les constructions seront implantées dans le prolongement des fronts bâtis (continus ou non) qui existent. En UGa, seules les annexes des constructions existantes peuvent être implantées en second plan. () - des retraits partiels seront possibles s'ils n'altèrent pas la qualité urbaine et paysagère du quartier (création d'espace collectif le long des voies, aménagements paysagers ou de sécurité, ordonnancement architectural, etc.). Lorsque ce retrait varie dans une bande de quelques mètres, les nouvelles constructions s'implanteront dans cette bande ".
8. Aux termes du glossaire du plan local d'urbanisme intercommunal applicable, une annexe est définie comme : " construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à celles du bâtiment principal, qui apporte un complément à ses fonctionnalités. Elle a vocation à accueillir des usages secondaires dans le cadre de la destination principale. Elle doit être implantée à proximité afin de marquer un lien d'usage. Nota : On considérera que les constructions accolées à la construction principale sont des extensions et non des annexes ".
9. Il ressort des pièces du dossier que la terrasse couverte, qui est accolée à l'immeuble et non implantée à proximité, a vocation à accueillir la clientèle du restaurant et qu'elle n'aura pas un usage secondaire. Dans ces conditions, elle doit être regardée comme répondant à la définition de l'extension. Le projet ne portant pas sur l'édification d'une annexe, il ne peut pas bénéficier de la possibilité d'une dérogation pour une implantation en second plan. Le projet porte sur l'ajout d'un volume comportant un déport de 2,75 mètres qui n'est pas implanté dans le prolongement du front bâti. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
10. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la vue après travaux, que le projet porte sur la construction d'une terrasse dont une partie est fermée et dont une autre partie surplombe une chambre dans la chaussée, abritant des réseaux de télécommunication et recouverte de six plaques rectangulaires de taille significative. En cas d'intervention sur cette chambre, la place prise par les moyens matériels nécessaires à l'intervention, et en particulier par les engins de levage, impose d'éloigner, pour leur sécurité, les usagers du domaine public alors que l'espace piétonnier est réduit entre la façade actuelle de l'immeuble et les barrières matérialisant la séparation du trottoir avec les voies de circulation automobile. Un lampadaire, implanté à proximité immédiates des trappes et entre l'immeuble et ces barrières, limite par ailleurs la mobilité autour de la chambre souterraine. La configuration des lieux rend ainsi difficile l'intervention du gestionnaire du réseau. La construction d'une terrasse couverte créerait une difficulté supplémentaire, en particulier pour la circulation des personnes à mobilité réduite, en cas d'intervention sur les réseaux de télécommunication. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
11. En sixième lieu, la SARL requérante n'apporte pas de précisions suffisantes sur la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme pour permettre au tribunal d'analyser le moyen.
12. La SARL La cave aux bœufs soutient que la décision en litige a été prise pour des motifs politiques en méconnaissance des dispositions applicables en matière d'urbanisme. Il ressort toutefois des points 3 à 9 du présent jugement que le président de la communauté urbaine d'Alençon n'a méconnu aucune des dispositions évoquées par la société requérante. La société requérante ne saurait lui faire grief de vouloir restaurer le domaine public et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les propriétaires de terrasses auraient fait l'objet d'un traitement différent par la communauté urbaine d'Alençon. Par suite, si la SARL a entendu soulever un moyen tiré de l'inégalité de traitement, il doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL La cave aux bœufs doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais de l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la communauté urbaine d'Alençon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL La cave aux bœufs une somme de 1 500 euros à verser à la communauté urbaine d'Alençon au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL La cave aux boeufs est rejetée.
Article 2 : la SARL La cave aux bœufs versera à la communauté urbaine d'Alençon la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL La cave aux bœufs et à la communauté urbaine d'Alençon.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
A. A
Le président,
signé
X. MONDÉSERT
La greffière,
signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026