vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2101991 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI CONCORDANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 septembre 2021, M. C A, représenté par l'Aarpi Concordance avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur territorial de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a implicitement refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait en tant que demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur territorial de Caen de l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait, ou de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 000 euros à verser à Me Balouka en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
M. A soutient que :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa vulnérabilité.
Par un mémoire enregistré le 10 juin 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant tchadien, a déposé une demande d'asile qui a été enregistrée le 24 janvier 2020 ; le même jour, il a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Il s'est vu ainsi proposer une place d'hébergement au centre d'accueil de demandeurs d'asile d'Avranches où il est entré le 12 juin 2020. Par un courrier du 1er décembre 2020, le directeur territorial de l'OFII a notifié à l'intéressé la suspension du versement des conditions matérielles d'accueil. Par sa requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite par laquelle sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil a été refusée.
2. En premier lieu, la décision implicite par laquelle l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A, révélée par l'interruption du versement de l'allocation pour demandeur d'asile, est réputée avoir été prise par le directeur général de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : / 1° A l'acceptation par le demandeur de la proposition d'hébergement () / Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ". Aux termes de l'article R. 744-11 du même code : " Le gestionnaire du lieu d'hébergement signale, dans les meilleurs délais, toute absence injustifiée et prolongée, tout comportement violent et tout manquement grave au règlement du lieu d'hébergement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au préfet du département dans lequel se situe le centre () ".
4. Il est constant que M. A s'est absenté de son lieu de résidence pendant plus de cinq jours à compter du 5 septembre 2020. S'il soutient avoir été contraint de quitter l'établissement pour aider un ami soudanais handicapé par un bras cassé, il n'assortit son affirmation d'aucun élément de preuve permettant de l'étayer. Dans ces conditions, c'est par une exacte application des dispositions précitées que l'OFII a décidé de suspendre le versement des conditions matérielles d'accueil de M. A, et le moyen tiré d'une erreur de droit ou d'appréciation doit être écarté.
5. En troisième lieu, M. A soutient qu'il est en situation de vulnérabilité dès lors qu'il souffre d'une pathologie qui pourrait conduire à la cécité. Il produit une seule attestation en date du 3 mai 2021, qui précise que l'évolution du glaucome dont il souffre peut aller jusqu'à la cécité des deux yeux, mais elle reste imprévisible. De plus, M. A n'avait déclaré aucun problème médical particulier à l'OFII et l'avis du médecin coordonnateur de zone de l'OFII en date du 12 février 2020 n'avait identifié aucune vulnérabilité particulière. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et tendant au versement à son conseil d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Silvani, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
A. B
Le président,
Signé
X. MONDÉSERT La greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière,
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026