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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2102205

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2102205

vendredi 9 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2102205
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDUFOUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2021, M. A C B, représenté par Me Dufour, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 aout 2021 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de l'admettre au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour de retard, à défaut de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux et préalable ;

- la décision méconnait les article L. 426-20 et L. 423-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire enregistré le 22 février 2022 le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. En premier lieu, aux termes de l'article L.426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel, indépendamment de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale et de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " d'une durée d'un an. Il doit en outre justifier de la possession d'une assurance maladie couvrant la durée de son séjour et prendre l'engagement de n'exercer en France aucune activité professionnelle. Par dérogation à l'article L. 414-10, cette carte n'autorise pas l'exercice d'une activité professionnelle. Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat ".

3. M. A C B de nationalité congolaise, soutient que sa situation au regard de cet article n'a pas l'objet d'un examen sérieux et préalable. A ce titre il fait valoir qu'il peut vivre de ses seules ressources dès lors que ses parents sont en mesure de subvenir à l'ensemble de ses charges. Toutefois, à le supposer opérant, cet argument n'est assorti d'aucun justificatif et d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. De plus c'est sans commettre d'erreur de droit que le préfet a examiné si M. B apportait la preuve qu'il peut vivre de ses ressources, et c'est sans commettre d'erreur d'appréciation qu'il a estimé que tel n'était pas le cas.

4. En deuxième lieu, M. B ne peut utilement soutenir que sa demande n'a pas fait l'objet d'un examen sur le fondement de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puisqu'il n'a pas formé de demande sur ce fondement.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger né en France qui justifie par tout moyen y avoir résidé pendant au moins huit ans de façon continue et suivi, après l'âge de dix ans, une scolarité d'au moins cinq ans dans un établissement scolaire français, se voit délivrer, s'il en fait la demande entre l'âge de seize ans et l'âge de vingt-et-un ans, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'un durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". M. B, qui est né à Brazzaville, ne peut utilement soulever le moyen tiré de la méconnaissance de cet article.

6. En dernier lieu, M. B soutient que la décision contestée méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois il ne précise pas ce moyen et ne produit aucune pièce relative à sa vie privée et familiale en France, permettant d'apprécier le bien-fondé de ce moyen.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, qui n'est assorti que de moyens non assortis de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ou de moyens inopérants, doit être rejetée par ordonnance en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et au préfet du Calvados.

Fait à Caen, le 9 septembre 2022.

Le président,

Signé

H. GUILLOU

La République mande et ordonne préfet du Calvados en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Bénis

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