vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2102613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHRISTOPHE LAUNAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 novembre 2021 et 29 août 2022, M. A C, représenté par la Selarl Christophe Launay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2021 par lequel le président du conseil d'administration du Service départemental d'incendie et de secours du Calvados a arrêté le tableau d'avancement pour le grade d'adjudant de sapeurs-pompiers professionnels au titre de l'année 2021, et la décision implicite par laquelle le recours gracieux formé le 27 juillet 2021 a été rejeté ;
2°) d'enjoindre au président du conseil d'administration du Service départemental d'incendie et de secours du Calvados d'établir un nouveau tableau d'avancement au grade d'adjudant de sapeurs-pompiers professionnels au titre de l'année 2021 en l'y inscrivant ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du Service départemental d'incendie et de secours du Calvados une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le président du conseil d'administration du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Calvados doit justifier la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée en droit et en fait ;
- la décision est fondée sur la délibération du 20 mai 2021 portant approbation des lignes directrices de gestion, qui a été prise irrégulièrement par le conseil d'administration du SDIS et non par l'autorité territoriale et sans consultation du comité social territorial ;
- le président du conseil d'administration du SDIS du Calvados s'est estimé lié par la délibération de son conseil d'administration ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 18 juillet 2022, le Service départemental d'incendie et de secours du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019 relatif aux lignes directrices de gestion et à l'évolution des attributions des commissions administratives paritaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- et les observations de Me Launay, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, titulaire du grade de sergent-chef du corps des sapeurs-pompiers professionnels, est employé au Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Calvados depuis le 1er janvier 2005. Il détenait le 8ème échelon de son grade depuis le 1er juillet 2020 et n'a pas été inscrit au tableau d'avancement d'adjudant arrêté le 9 juin 2021. Il a exercé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, lequel a été implicitement rejeté. Par sa requête, M. C conteste ces deux décisions.
2. En premier lieu, par l'arrêté du 1er juin 2021, le président du conseil d'administration du SDIS a donné délégation au colonel, directeur départemental par intérim, pour signer " toutes décisions [à l'exception] des actes relatifs au recrutement et à la promotion des officiers de sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs, techniques et spécialisés de catégorie A ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit être rejeté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 13 du décret du 20 avril 2012 susvisé alors en vigueur : " En application du 1° de l'article 79 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, peuvent être promus au choix au grade d'adjudant les sergents justifiant, au 1er janvier de l'année au titre de laquelle est établi le tableau d'avancement, d'un an d'ancienneté dans le 4e échelon et de quatre ans de services effectifs dans leur grade ainsi que de la validation de la totalité des unités de valeur de la formation à l'emploi de chef d'agrès d'un engin comportant une équipe ".
4. L'arrêté du 1er juin 2021 ne précise pas si le tableau d'avancement est établi au regard des résultats d'un examen professionnel ou au regard de l'appréciation de la valeur professionnelle des agents susceptibles d'y être inscrit. Cette absence de précision, qui ne prive M. C d'aucune garantie, ne saurait être regardée comme une insuffisance de motivation en droit du tableau d'avancement qui entacherait sa régularité. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes du I de l'article 14 du décret du 29 novembre 2019 susvisé : " Les lignes directrices de gestion sont établies par l'autorité territoriale. Elles peuvent comporter des orientations qui sont propres à certains services, cadres d'emplois ou catégories () ".
6. La délibération du conseil d'administration du SDIS du Calvados en date du 20 mai 2021 ne précise pas qu'il appartient au président du conseil d'administration d'approuver les lignes directrices de gestion, relève que le conseil d'administration " approuve les lignes directrices de gestion telles que présentées en annexe " et mentionne les voies et délais de recours. Pour malheureuses que soient les formulations employées, dès lors que, par un arrêté du 27 mai 2021, postérieur à cette délibération qui n'est pas visée, le président du conseil d'administration du SDIS du Calvados a arrêté les lignes de gestion de l'établissement, la délibération doit être regardée comme un avis du conseil d'administration et non comme une délibération ayant un caractère décisoire. L'arrêté contesté vise d'ailleurs l'arrêté " 2021-03 portant approbation des lignes directrices de gestion " et non la délibération du 20 mai 2021 du conseil d'administration du SDIS du Calvados. Par suite, le moyen tiré du caractère irrégulier de l'approbation par l'autorité territoriale doit être écarté.
7. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient M. C, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué, ni d'aucun autre élément du dossier, que le président du conseil d'administration du SDIS se serait cru en situation de compétence liée pour édicter les lignes directrices de gestion des sapeurs-pompiers professionnels de l'établissement.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 16 du décret du 29 novembre 2019 visé ci-dessus : " Le comité social territorial est consulté sur les projets des lignes directrices de gestion ainsi que sur leur révision () ".
9. L'arrêté du 27 mai 2021 a été pris après l'avis du comité technique du 17 mai 2021 qu'il vise et le procès-verbal de la séance de ce comité mentionne que les lignes de gestion ont fait l'objet d'un vote. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'arrêté pour absence de consultation des instances paritaires doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 79 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, alors applicable : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / Il a lieu suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Soit au choix par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité territoriale tient compte des lignes directrices de gestion prévues à l'article 33-5 () ".
11. Le juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'un arrêté portant inscription au tableau d'avancement et nomination dans un grade supérieur, ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté et il doit analyser les mérites comparés de cet agent et de ceux des autres candidats au même grade.
12. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le compte-rendu d'évaluation en date du 20 février 2020 relève que les toutes les compétences professionnelles de M. C sont classées en " bon " mais aucune n'est classée en " très bon " et l'évaluateur n'a pas coché la case " favorable " s'agissant de la promotion au grade supérieur. Le compte-rendu d'évaluation en date du 8 avril 2021 relève que les compétences professionnelles sont classées en " bon ". Trois compétences sont désormais classées en " très bon ". En revanche, l'évaluateur n'a toujours pas coché la case " favorable " s'agissant de la promotion au grade supérieur. Dans ces conditions, M. C, qui ne soutient pas que d'autres agents du même grade ayant la même valeur professionnelle que lui auraient été inscrits sur le tableau d'avancement litigieux, n'avait pas encore acquis le potentiel pour être promu du grade de sergent-chef au grade d'adjudant.
13. D'autre part, si les lignes directrices de gestion n'indiquent pas les critères retenus spécifiquement pour l'inscription des sergents chefs sur le tableau d'avancement au grade d'adjudant, elles précisent toutefois les critères généraux des promotions, la façon dont les tableaux d'avancement sont établis et comment sont comparés les mérites respectifs des agents promouvables. En l'espèce, le SDIS fait valoir que, pour arrêter la liste des agents susceptibles d'être promus au grade d'adjudant au titre de l'année 2021, il a procédé à l'étude comparée de la valeur professionnelle de M. C avec celle de l'ensemble des agents promouvables, en suivant le processus figurant dans les lignes directrices de gestion arrêtées par l'autorité territoriale qui reposent en particulier sur les avis des chefs de centre, de service et de groupement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation du tableau d'avancement au grade d'adjudant, établi au titre de l'année 2021 par le SDIS du Calvados. Sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au Service départemental d'incendie et de secours du Calvados.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Silvani, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
A. B
Le président,
Signé
X. MONDÉSERT La greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière,
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026