mardi 26 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2102722 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 22 septembre 2021, le président du tribunal administratif de Caen a transmis la requête de M. A B au tribunal administratif de Rennes en vertu de l'article R. 776-16 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 23 septembre 2021, le président du tribunal administratif de Rennes a transmis au président de la section du contentieux le dossier de la requête de M. B en application de l'article R. 351-6 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 25 novembre 2021, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué au tribunal administratif de Caen les conclusions relatives à la décision de refus de séjour présentées par M. B et au tribunal administratif de Rennes celles relatives à son éloignement.
Par une ordonnance du 14 décembre 2021, le vice-président du tribunal administratif de Rennes a transmis le dossier de M. B au tribunal administratif de Caen en vertu de l'article R. 776-16 du code de justice administrative.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juillet, 6 septembre et 14 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Cavelier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 juillet 2021 par lequel le préfet du Calvados lui a retiré sa carte de résident, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Cavelier en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son avocat renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision de retrait de sa carte de résident n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 août 2021 et 5 avril 2022, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire par une ordonnance du 16 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Cavelier, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien, est entré en France le 18 mars 2009 muni d'un visa court séjour. Il a épousé une ressortissante française le 11 avril 2009, avec laquelle il a eu un fils né en 2010. Il a divorcé en 2012. Il s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français le 4 août 2010 puis une carte de résident en cette même qualité valable jusqu'au 3 août 2021. Par un arrêté du 16 juillet 2021, le préfet du Calvados lui a retiré sa carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par une ordonnance du 16 décembre 2021, la magistrate désignée du tribunal administratif de Caen a renvoyé à une formation de jugement collégiale les conclusions de la requête de M. B dirigées contre la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et a rejeté le surplus de la requête.
Sur la procédure contradictoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. ".
3. Il ressort de pièces du dossier que, par un courrier du 20 mars 2020, la préfète de l'Orne a d'une part informé M. B qu'elle envisageait de procéder au retrait de son titre de séjour et l'a d'autre part invité à présenter ses observations. L'intéressé a pu présenter ses observations écrites dans un courrier du 22 mars 2020. Il a fait valoir au préfet du Calvados des éléments complémentaires, le 12 juillet 2021, dans le cadre d'une demande d'observation sur l'intervention possible d'une obligation de quitter le territoire français. Le préfet du Calvados, comme la préfète de l'Orne, envisageait le retrait de la carte de résident en raison de la menace pour l'ordre public que représente l'intéressé. La circonstance qu'une autorité préfectorale ait initié la procédure de retrait qui a été menée à son terme par une autre autorité préfectorale ne constitue pas une irrégularité. Enfin, M. B n'apporte aucune précision sur les éléments qu'il aurait souhaité porter à la connaissance du préfet du Calvados s'il avait été à nouveau invité à présenter des observations sur le retrait de sa carte de résident. Il s'ensuit que le préfet du Calvados a pu légalement prendre le 16 juillet 2021 à l'encontre de M. B la décision de retrait de son titre de séjour, sans qu'y fasse obstacle, contrairement à ce que soutient l'intéressé, le délai qui s'est écoulé entre le courrier du 20 mars 2020 et la décision litigieuse.
Sur l'erreur d'appréciation :
4. M. B a été condamné en 2013 par le tribunal correctionnel de Paris pour vol et en 2014 par le tribunal correctionnel de Créteil pour dégradation ou détérioration de bien. Le tribunal correctionnel de Caen l'a condamné en 2015 pour vol, en 2016 pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique et sans permis, en 2017 pour filouterie et pour vols, en 2018 pour vol en réunion, et pour détention, transport et offre ou cession de stupéfiants en récidive. Il totalise 12 condamnations qui représentent trois ans d'emprisonnement délictuel. S'il soutient que ses perspectives de réinsertion et ses efforts de sevrage n'ont pas été suffisamment pris en compte, depuis son placement en semi-liberté, deux incidents ont été relevés les 29 juin et 8 juillet 2021. Eu égard au nombre, à la réitération des délits, à leur gravité et au caractère récent des infractions commises, et en dépit des quelques efforts d'indemnisation de ses victimes, pour la plupart d'ailleurs postérieurs à la décision attaquée, le préfet du Calvados n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant qu'il représentait une menace pour l'ordre public. Enfin, bien que M. B réside en France depuis douze ans, il ressort des pièces du dossier qu'il y est entré à l'âge de vingt-neuf ans, n'est pas dépourvu de famille dans son pays d'origine. Il a pour seule attache en France son enfant avec lequel il n'établit pas avoir de relations. Il n'apporte aucun élément sur les liens qu'il aurait cherché à maintenir ou à restaurer durant sa détention. Il justifie seulement avoir cherché à obtenir des droits sur son fils postérieurement à la décision attaquée. Dans ces conditions, eu égard à la menace que M. B, multirécidiviste qui ne présente aucune perspective d'amendement et de réinsertion à court ou moyen terme, représente pour l'ordre public, le préfet du Calvados n'a pas commis d'erreur d'appréciation en lui retirant son certificat de résidence.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
6. Les conclusions à fin d'annulation étant rejetées, les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Guillou, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
M. Blanchard, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.
Le rapporteur,
SIGNÉ
A. C
Le président,
SIGNÉ
H. GUILLOULa greffière,
SIGNÉ
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026