vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200130 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AARPI CONCORDANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier et 6 mai 2022, Mme B E, représentée par Me Balouka, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2021 par laquelle le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre à l'OFPRA de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
3°) de mettre à la charge de l'OFPRA une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la convention de New-York du 28 septembre 1954 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, le directeur général de l'OFPRA conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les autres moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- les observations de Me Balouka, représentant Mme E, et celles de cette dernière.
Une note en délibéré a été enregistrée le 2 septembre 2022 pour Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B E, qui indique être née le 14 décembre 1986 à Kinshasa (République démocratique du Congo), a déposé une demande d'asile aux Pays-Bas en janvier 2003, qui a été définitivement rejetée en novembre 2005. Selon ses déclarations, elle a vécu aux Pays-Bas jusqu'à son expulsion vers la République démocratique du Congo le 11 mars 2016. Elle déclare être entrée en France en 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 1er octobre 2019, décision confirmée le 15 avril 2021 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a présenté une demande de reconnaissance du statut d'apatride le 14 mai 2021. Par une décision du 20 octobre 2021, dont la requérante demande l'annulation, le directeur de l'office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 582-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides reconnaît la qualité d'apatride aux personnes remplissant les conditions mentionnées à l'article L. 582-1, au terme d'une procédure définie par décret en Conseil d'Etat ".
3. En premier lieu, par un arrêté du 9 septembre 2021 du directeur général de l'OFPRA, régulièrement publié, Mme C A, cheffe de bureau, a reçu délégation afin de signer tous actes individuels pris en application de l'article L. 582-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'acte attaqué doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. ". L'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides stipule : " 1. Aux fins de la présente convention, le terme " apatride " désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation () ". Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit des démarches répétées et assidues, le ou les Etats de la nationalité desquels elle se prévaut ont refusé de donner suite à ses démarches.
5. En l'espèce, la requérante fait valoir qu'elle ne dispose plus de justificatif permettant de la rattacher à la nationalité rwandaise. Si elle produit un courrier adressé par son conseil le 13 septembre 2007 à l'ambassade du Rwanda au Pays-Bas et un courrier adressé par elle-même à l'ambassade du Rwanda en France le 12 mai 2021, elle n'établit pas la réception de ces courriers. Mme E transmet également le courrier d'un membre d'une organisation pour les réfugiés du 4 septembre 2007 attestant avoir assisté à une conversation téléphonique entre la requérante et un collaborateur de l'ambassade aux Pays-Bas qui lui aurait indiqué ne rien pouvoir faire. Toutefois, en se bornant à se prévaloir de démarches de 2007, très anciennes, et d'un courrier de 2021, la requérante ne justifie pas la réalisation de démarches répétées et assidues auprès des autorités rwandaises.
6. Par ailleurs, il ressort de deux courriers de l'ambassade de la République démocratique du Congo en France des 4 et 14 septembre 2021 qu'il a été demandé à Mme E la preuve d'avoir possédé par le passé la nationalité congolaise et d'avoir renoncé à la nationalité étrangère. Le seul courrier qu'elle transmet dans le cadre de la présente procédure, en date du 7 septembre 2021 et adressé à l'ambassade du Congo en France, ne permet pas d'attester de démarches répétées et assidues auprès des autorités congolaises. Par ailleurs, elle indique avoir résidé au Congo entre 2016 et 2018, après avoir obtenu un document tenant lieu de passeport en 2015 et avoir été expulsée des Pays-Bas, sans justifier de démarches réalisées sur place auprès des autorités congolaises.
7. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 1er de la convention de New-York relative au statut des apatrides et de l'article L. 812-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
9. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à Me Balouka et au directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 31 août 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. D
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026