vendredi 12 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200855 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 avril et 16 juin 2022, M. B A, représenté par Me Cavelier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 mai 2021 par lequel le préfet du Calvados a retiré son titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une carte de résident dans le délai d'un mois et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler dans un délai de 10 jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a jamais reçu l'arrêté du 10 mai 2021 ;
- le préfet n'a pas sollicité ses observations avant de procéder au retrait de sa carte de résident ;
- la décision portant retrait de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- il n'est pas établi que M. A aurait eu la possibilité de présenter des observations lors de son audition par les services de police ; dès lors, la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français n'a pas respecté son droit d'être entendu, qui fait partie du principe fondamental du droit de l'Union européenne relatif au respect des droits de la défense ;
- la décision portant obligation de quitter sans délai le territoire français méconnaît les dispositions des 2°, 3° et 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision prononçant une interdiction de retour méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable pour tardiveté.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mars 2022.
Par une ordonnance du 27 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juin 2022 à 12 heures
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Me Cavelier, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, de nationalité marocaine, a fait l'objet le 10 mai 2021 d'un placement en garde à vue pour des faits de violence avec arme. M. A bénéficiait d'une carte de résident valable du 3 juin 2017 au 2 juin 2027. Par un arrêté du 11 mai 2021, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Calvados a retiré la carte de résident de M. A, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet du Calvados :
2. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. () ". Aux termes du II de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". Aux termes du II de l'article R. 776-5 du code de justice administrative : " Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. () ".
3. Le préfet verse au dossier un procès-verbal de la décision portant placement en rétention administrative daté du 12 mai 2021, signé par le requérant, qui indique " qu'une décision portant retrait de carte de résident, obligation de quitter le territoire français sans délai, interdiction de retour et fixant le pays de destination " a été notifiée le 11 mai 2021 à M. A. Celui-ci a en outre apposé sa signature sous une déclaration jointe à ce procès-verbal, selon laquelle une copie de ces décisions lui a été remise. Le préfet produit en outre une copie de l'arrêté en litige qui porte la mention " reçu notification et copie le 11 mai 2021 à 19h15 ", sous laquelle figure la signature de M. A. Cet arrêté comportait la mention des voies et délais de recours. Contrairement à ce qui est soutenu, cette mention est dépourvue d'ambiguïté lorsqu'elle informe M. A qu'il dispose d'un délai de 48 heures s'il entend " contester la légalité de la présente décision " et demander l'annulation des décisions refusant un délai de départ, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire " qui l'accompagnent le cas échéant ". M. A, dont la requête a été enregistrée au greffe du tribunal le 14 avril 2022, n'établit pas qu'il aurait été empêché de déposer un recours dans le délai de quarante-huit heures prévu par les dispositions précitées. Si le requérant soutient que son conseil a demandé une copie de cet arrêté dans un courrier reçu le 31 mai 2021 par les services de la préfecture, cette circonstance n'est pas, compte tenu de ce qui précède, de nature à proroger le délai de recours contentieux. Dès lors, et même si la notification de l'arrêté ne mentionnait pas le numéro de télécopie du tribunal administratif, la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Calvados, tirée de la tardiveté de la requête, doit être accueillie. Par suite, la requête de M. A est irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Cavelier et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Belhadj, conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
F. C
L'assesseur le plus ancien,
Signé
J. BELHADJ
La greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026