jeudi 24 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200880 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre JU |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 avril et 7 juin 2022, M. C A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions de retrait de points qu'elle récapitule ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la restitution de l'ensemble des points illégalement retirés du solde de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter la demande de l'Etat présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant invalidation du permis de conduire se fonde sur des décisions de retrait de points illégales ;
- les décisions de retrait de points successives méconnaissent les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la simple mention sur le relevé d'information intégral de l'émission d'une amende forfaitaire ou d'une amende forfaitaire majorée ne saurait démontrer qu'il a bien reçu l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- l'attestation du trésorier des contrôles automatisés ne permet pas non plus d'établir qu'il aurait reçu cette information, dès lors que l'amende a pu être recouverte par exécution forcée ;
- il revient à l'administration de démontrer qu'il a reçu cette information préalable, la simple mention du paiement d'une amende forfaitaire ou de l'émission d'une amende forfaitaire majorée sur son relevé d'information intégral ne permet pas d'établir ce fait ;
- le ministre de l'intérieur n'établit pas que le requérant ait reçu cette information concernant l'infraction relevée le 12 février 2021, dès lors qu'il n'est pas justifié qu'il l'aurait reçue lors d'une précédente infraction récente ;
- le ministre de l'intérieur n'établit pas que le requérant ait reçu cette information concernant l'infraction relevée le 25 juin 2021, dès lors qu'aucun élément ne démontre que le requérant se serait acquitté de l'amende forfaitaire majorée émise à la suite de cette infraction et que l'accusé de réception produit en défense ne démontre pas que ce titre exécutoire lui aurait été notifié régulièrement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevé par M. A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat statuant seul a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 11 mars 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation du permis de conduire de M. C A pour solde de points nul en raison de retraits de points consécutifs à des infractions routières commises entre le 24 janvier 2018 et le 25 juin 2021. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cette décision et des décisions de retrait de points qu'elle récapitule.
2. La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
En ce qui concerne les infractions relevées les 1er octobre 2020, 4 mai 2020, 5 septembre 2018 et 16 août 2018 :
3. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. En outre, avant même que ces mentions aient été rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvait accéder à ces informations. Ces indications mettent le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il sera procédé au retrait de points et portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations de paiement établies le 9 mai 2022 par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes, que chacune des infractions relevées le 1er octobre 2020, le 4 mai 2020, le 5 septembre 2018 et le 16 août 2018 a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée dont M. A s'est acquitté. Par suite, et alors que M. A n'établit pas qu'il aurait reçu des avis d'amende forfaitaire incomplets ou inexacts, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions de retraits de points consécutives à ces infractions seraient entachées d'un vice de procédure. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les infractions relevées les 21 avril 2020, 3 juillet 2020, 22 octobre 2019, 26 septembre 2019, 20 septembre 2019, 4 juin 2018 à 15 h 27 et à 15 h 31 et 24 janvier 2018 :
5. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
6. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A, que les infractions en litige ont été relevées au moyen de radars automatiques. Ainsi, le requérant n'a pu s'acquitter de l'amende forfaitaire correspondante à ces infractions qu'après réception d'un avis de contravention émis par les services du centre national de traitement - contrôle sanction automatisé (CNT-CSA) de Nantes. Par suite, M. A qui n'établit pas avoir reçu des avis de contraventions inexacts ou incomplets, n'est pas fondé à soutenir que les décisions de retrait de points consécutives à ces infractions auraient été adoptées à l'issue d'une procédure irrégulière, l'administration devant être regardée comme ayant satisfait à son obligation d'information. Ce moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'infraction relevée le 12 février 2021 :
7. L'omission de la formalité prévue aux articles L. 223-3 et R. 223 3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester. Cette dernière condition est également remplie lorsque la condamnation intervient selon la procédure simplifiée régie par les articles 524 et suivants du code de procédure pénale, qui permettent au juge de statuer sans débat préalable sur une contravention de police, mais qui réservent la possibilité, pour le prévenu, de former opposition à l'ordonnance pénale ainsi prononcée et d'obtenir que l'affaire soit portée à l'audience du tribunal de police ou de la juridiction de proximité dans les formes de la procédure ordinaire.
8. Pour contester la légalité de la décision de retrait de trois points consécutive à l'infraction routière relevée le 12 février 2021, M. A soutient que le procès-verbal électronique dressé par les forces de l'ordre ne comporte pas l'information prescrite par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il fait en outre valoir qu'en l'absence de sa signature ou de la mention " refus de signer " apposée par un agent de police judiciaire, le ministre de l'intérieur ne saurait établir qu'il a reçu cette information préalablement à l'édiction de cette décision. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire du requérant, que les faits relevés le 12 février 2021 ont fait l'objet d'une décision rendue par le juge du tribunal de police de Paris en date du 6 mai 2021. Ainsi, M. A a été mis à même de contester l'ensemble des éléments de droit et de fait relatifs à cette infraction devant la juridiction pénale. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un vice de procédure. Ce moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'infraction relevée le 25 juin 2021 :
9. D'une part, la notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé.
10. D'autre part, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder, n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
11. Il résulte de l'instruction que, par une lettre expédiée le 20 novembre 2021 sous pli recommandé à l'adresse du requérant et retournée avec la mention " pli avisé et non réclamé ", l'officier du ministère public lui a notifié le titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction relevée le 25 juin 2021. Ce titre présente, conformément aux dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, l'ensemble des informations devant être notifiées au contrevenant préalablement à l'adoption d'une décision prononçant un retrait de points. En outre, il résulte de l'instruction que M. A s'est vu délivrer cette information à l'occasion d'autres infractions récentes de même nature, et notamment celles relevées à son encontre le 4 mai 2020 et le 21 avril 2020. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision prononçant le retrait d'un point en raison de l'infraction relevée à son encontre le 25 juin 2021 serait entachée d'un vice de procédure. Ce moyen doit donc être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 août 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
F. BLa greffière,
Signé
C. BENIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026