jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Autres délais-Etrangers-3 |
| Avocat requérant | AARPI CONCORDANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2022 et un mémoire enregistré le 4 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Balouka, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 par lequel le préfet de l'Orne a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
2°) d'enjoindre au préfet de l'Orne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
M. C soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'absence d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 et de l'article 3 de la CEDH, les dispositions de l'article L.611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant délai de départ à trente jours est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les mesures prises par l'autorité préfectorale en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- et les observations de Me Balouka, représentant M. C, qui a repris et développé les moyens de la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant Bangali né le 28 février 2000, M. A C a déclaré être entré irrégulièrement en France le 29 mars 2021. Il a déposé une demande d'asile le 4 mai suivant, qui a été rejetée le 16 août 2021 par l'OFPRA et le 25 avril 2022 par la cour nationale du droit d'asile. Par arrêté du 2 mai 2022, le préfet de l'Orne a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. C'est la décision contestée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, d'une part, la décision comporte de façon suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde ; d'autre part, le requérant, par la production d'un contrat de travail dont il n'est pas établi qu'il aurait été transmis à l'autorité administrative à la date de la décision contestée, ne démontre pas que le préfet aurait procédé à un examen incomplet de sa situation.
3. En deuxième lieu, le requérant soutient que le droit au respect de la vie privée et familiale ne se limite pas aux liens familiaux stricto sensu et que le fait d'avoir trouvé un emploi peu de temps après son arrivée sur le territoire français démontre les liens intenses qu'il a su créer avec la France. Toutefois, M. C, qui travaille depuis 2022 dans le secteur de la restauration, est arrivé en France en 2021, il est célibataire et sans enfant, il ne justifie d'aucun lien stable et ancien sur le territoire, et n'établit pas être isolé en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale.
4. En troisième lieu, si M. C soutient encourir des risques en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte pas d'éléments nouveaux et circonstanciés après que l'OFPRA a rejeté sa demande d'asile aux motifs que ses déclarations ne permettent pas de tenir les faits allégués par l'intéressé comme établis, ni de regarder comme fondées les craintes de persécutions exprimées. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / ()".
6. Il n'est pas contesté que la qualité de réfugié a été définitivement refusée à M. C et que son droit à se maintenir sur le territoire français a donc pris fin, ce qui permettait à l'autorité préfectorale d'édicter une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées. Par ailleurs, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le préfet, qui dispose d'un large pouvoir d'appréciation, a commis, en ne s'abstenant pas de prendre la décision contestée, une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les autres décisions :
7. Le requérant n'établissant pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale, les moyens tirés de ce que la décision portant délai de départ à trente jours et celle fixant le pays de destination seraient illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peuvent qu'être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Sur les autres conclusions :
9. Il y a lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. C, de rejeter ses conclusions tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Balouka et au préfet de l'Orne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le magistrat désigné
Signé
M. B
La greffière,
Signé
A. GODEYLa République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026