vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2022, M. C A, représenté par Me David, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 avril 2022 par laquelle l'administration pénitentiaire a décidé de son affectation au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe ;
2°) d'enjoindre à l'administration pénitentiaire de prendre une décision d'affectation dans un établissement pour peines adapté à sa situation, dans le respect de ses liens familiaux ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 600 euros TTC en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée lui fait grief compte tenu de la nature de l'établissement d'affectation et de l'impact sur son droit fondamental au maintien des liens familiaux ;
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête, dirigée contre une mesure d'ordre intérieur, est irrecevable ;
- les autres moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 21 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, écroué depuis le 7 février 2020, était incarcéré à la maison centrale de Poissy. Accusé d'avoir tenté de se soustraire à la justice le 24 février 2022, il a été placé le lendemain sous mandat de dépôt et transféré à la maison d'arrêt d'Osny. Par un jugement du 28 février 2022, M. A a été relaxé par le tribunal judiciaire de Versailles des faits d'évasion qui lui étaient reprochés. Par une décision du 12 avril 2022, exécutée le 25 avril suivant, l'administration pénitentiaire a décidé de son affectation au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Les décisions d'affectation consécutives à une condamnation, les décisions de changement d'affectation d'une maison d'arrêt à un établissement pour peines ainsi que les décisions de changement d'affectation entre établissements de même nature constituent des mesures d'ordre intérieur insusceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, sous réserve que ne soient pas en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus.
3. La décision de transfert attaquée a été prise au motif qu'il y avait lieu de réaffecter l'intéressé dans un établissement pour peines comprenant un niveau de sécurité adapté, compte tenu de sa tentative d'évasion du 24 février 2022.
4. M. A indique avoir été transféré de la maison d'arrêt d'Osny vers le quartier " maison centrale " du centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe et avoir ainsi subi un changement de nature de l'établissement aggravant ses conditions de détention. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A était incarcéré à la maison d'arrêt d'Osny dans l'attente de son procès. Suite au jugement du tribunal judiciaire de Versailles du 28 février 2022, M. A ne pouvait plus être affecté en maison d'arrêt et devait être transféré dans un établissement pour peines. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée fait grief du seul fait d'une aggravation de ses conditions de détention compte tenu de la nature de l'établissement pénitentiaire.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. A fait valoir que le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe se trouve à une distance de 2 heures 30 en voiture du foyer familial alors que les ressources financières de sa compagne sont limitées. Toutefois, s'il fait valoir que le trajet est onéreux, il n'apporte aucun élément sur le coût effectif du trajet. Par ailleurs, les relevés bancaires de sa compagne ne permettent pas d'établir qu'elle serait dans l'incapacité de financer les trajets en voiture jusqu'au centre pénitentiaire. M. A fait également valoir les difficultés d'obtention des séjours en unité de vie familiale (UVF). Il se fonde sur un rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté, selon lequel le nombre de séjour en UVF accordé au sein du centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe a baissé depuis 2018. Toutefois, ce seul élément ne permet pas d'établir que M. A serait dans l'impossibilité d'obtenir le bénéfice de séjour en UVF. En outre, le garde des sceaux, ministre de la justice fait valoir, sans être utilement contredit, que M. A n'a pas sollicité d'UVF depuis son arrivée au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe. Enfin, si le requérant indique que les importantes mesures de sécurité envers les familles sont de nature à limiter la motivation de ces dernières, cette allégation de perte de motivation n'est pas étayée par les pièces du dossier. Par suite, si la décision litigieuse a rendu plus difficile l'exercice par l'intéressé de son droit à une vie privée et familiale en détention, elle n'a pas rendu les visites familiales impossibles. Dès lors que la décision de transfert était justifiée par la nécessité d'une affectation en dehors d'une maison d'arrêt, et que le requérant ne conteste pas les motifs de sécurité invoqués, il ne ressort pas des éléments ci-dessus rappelés que les membres de la famille de M. A rencontreraient effectivement des difficultés pour lui rendre visite, ou que ces difficultés excèderaient les contraintes inhérentes à la détention, et constitueraient ainsi une atteinte à sa vie privée et familiale de nature à caractériser une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce constat est d'ailleurs confirmé par l'historique des parloirs de M. A, dont il ressort que ses proches, notamment sa mère et ses enfants, lui ont rendu visite au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe durant les mois de mai, août et novembre 2022. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas aux libertés et droits fondamentaux de M. A une atteinte qui excède les contraintes inhérentes à sa détention.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée constitue, comme le soutient le garde des sceaux, ministre de la justice, en défense, une mesure d'ordre intérieur ne pouvant faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 avril 2022 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à l'AARPI THEMIS et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
C. B
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République A et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026