LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2201494

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2201494

mardi 12 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2201494
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAARPI CONCORDANCE AVOCATS

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort de la requête et des pièces qui y sont jointes que Mme A B, ressortissante égyptienne née le 1er mai 1994, est entrée en France munie d'un visa long séjour " étudiante ", valable du 2 octobre 2019 au 2 octobre 2020. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour dans le cadre des dispositions des articles L. 433-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 19 mai 2022, le préfet du Calvados a rejeté cette demande et a fait obligation à Mme B de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.

2. Mme B a formé une requête tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 19 mai 2022 et, dans l'attente du jugement au fond, il saisit le juge des référés d'une demande de suspension de l'exécution de la seule décision de refus de séjour, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Mme B a déposé le 8 juin 2022 une demande d'aide juridictionnelle devant le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen. Dès lors qu'il n'a pas encore été statué sur cette demande, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions de la requête :

4. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative () fait l'objet d'une requête en annulation () le juge des référés () peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision () lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". D'autre part, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsqu'il apparaît manifeste au vu de la demande que celle-ci est mal fondée.

5. A l'appui de sa demande de suspension de l'exécution de l'arrêté du 19 mai 2022, Mme B soutient, en premier lieu, qu'il appartient au préfet du Calvados de justifier que l'auteur de cet arrêté disposait d'une délégation de signature lui donnant compétence, régulièrement publiée. Toutefois, le quatrième visa de l'arrêté du 19 mai 2022 fait référence à l'arrêté de délégation de signature dont bénéficiait son auteur. En outre, par un arrêté du 2 septembre 2021 publié au recueil des actes administratifs et aisément disponible sur le site internet de la préfecture (www.calvados.gouv.fr), le préfet du Calvados avait donné délégation au chef du service de l'immigration à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de ce service, à l'exception de certains actes dont ne fait pas partie la décision en cause. Le moyen tiré de l'incompétence peut ainsi être écarté comme manifestement infondé.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention "salarié détaché ICT", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention "recherche d'emploi ou création d'entreprise", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte (). Par dérogation au présent article la carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" prévue à l'article L. 421-1, ainsi que la carte de séjour pluriannuelle portant la mention "passeport talent" prévue aux articles L. 421-9, L. 421-10, L. 421-11 ou L. 421-14, sont renouvelées dans les conditions prévues à ces mêmes articles ". Aux termes de l'article L. 422-1 du même code : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an ".

7. Il résulte de ces dispositions que le renouvellement de la carte de séjour portant la mention " étudiant " est subordonné au respect des conditions susmentionnées, ainsi qu'à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir.

8. Les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux termes desquelles toute personne a droit au respect d'une vie familiale normale, sont par elles-mêmes sans incidence sur l'appréciation que porte l'autorité préfectorale sur le caractère suffisant des moyens d'existence dont l'intéressé doit justifier pour obtenir le renouvellement du titre de séjour portant la mention " étudiant ". Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des ces stipulations est inopérant et doit être écarté comme tel.

9. En troisième lieu, Mme B soutient également que l'arrêté préfectoral du 19 mai 2022 méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, aux termes duquel " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ", dès lors qu'elle est mère d'un enfant née en France en 2020. Toutefois, un tel moyen est, pour des raisons similaires à celles précédemment exposées, inopérant à l'encontre d'un refus de renouvellement de titre de séjour " étudiant ".

10. En dernier lieu, Mme B se prévaut de la violation des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la demande présentée par l'intéressée tendait au renouvellement d'un titre de séjour délivré sur le seul fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du même code. Or, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Par suite, et dès lors qu'il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le titre de séjour a été demandé sur le seul fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le préfet n'a pas, de lui-même, envisagé la possibilité d'admettre Mme B au séjour au titre de la vie privée et familiale avant de rejeter sa demande de titre de séjour, le moyen tiré de la violation de l'article L. 423-23 du même code doit être écarté comme inopérant.

11. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est satisfaite, que les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision de refus de séjour contestée ne peuvent être accueillies. Dès lors, ces conclusions doivent être rejetées par ordonnance prise en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative qui sont rappelées ci-dessus au point 4.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, par ordonnance et sans audience.

O R D O N N E :

Article 1er :Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 :Les conclusions de la requête de Mme B sont rejetées.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie pour information sera transmise au préfet du Calvados et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judicaire de Caen.

Fait à Caen, le 12 juillet 2022.

Le juge des référés,

SIGNÉ

X. MONDÉSERT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

le greffier en chef,

D. Dubost

No 2201494

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions