mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201549 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AARPI CONCORDANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2022, M. B A, représenté par l'AARPI Concordance Avocats, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision implicite par laquelle le préfet du Calvados a rejeté sa demande de renouvellement de sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige.
M. A soutient que :
- une atteinte grave et manifeste est portée à sa liberté de travailler et à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- la condition d'urgence est satisfaite en l'espèce.
Par un mémoire enregistré le 4 juillet 2022, le préfet du Calvados demande au juge des référés de rejeter la requête de M. A au motif qu'il n'y a plus lieu d'y statuer dès lors qu'un rendez-vous a été accordé à celui-ci le 8 juillet 2022, en vue de la délivrance d'un nouveau récépissé de demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 juillet 2022 à 10 h15, en présence de M. Dubost, greffier en chef :
- le rapport de M. Mondésert, juge des référés,
- les observations de Me Balouka, représentant M. B A, qui dépose de nouvelles pièces et expose que les rendez-vous en préfecture sont devenus très difficiles à obtenir, que le dernier récépissé détenu est arrivé au terme de sa période de validité le 30 juin dernier et que le séjour en France est ancien et continu ;
- et les observations de M. A qui précise que son employeur exige à juste titre une régularisation rapide de sa situation.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande fondée sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale ".
2. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou encore d'une demande fondée sur l'article L. 521-3 du même code qui peut être satisfaite s'il est justifié, notamment, de l'urgence et de l'utilité de la mesure demandée, une demande présentée, comme en l'espèce, au titre de la procédure prévue à l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.
3. M. B A, ressortissant camerounais né le 10 janvier 1970, est entré en France le 19 janvier 2000 et s'est marié avec une femme de nationalité française le 7 octobre 2000. De cette union, une fille est née le 9 août 2001. M. A a divorcé le 5 mai 2009 et il vit désormais en concubinage avec une femme d'origine camerounaise et de nationalité française, avec son propre fils âgé de vingt-quatre ans et le fils de celle-ci qui est âgé de vingt-deux ans. Il travaille dans la même entreprise sous un contrat à durée indéterminée depuis 2009. Des cartes de résident ont été délivrées à M. A au titre des périodes du 8 octobre 2001 au 7 octobre 2011 puis du 8 octobre 2011 au 7 octobre 2021. Le 27 juillet 2021, l'intéressé a demandé le renouvellement de sa carte de résident et s'est vu remettre deux récépissés successifs de demande valables respectivement du 10 août 2021 au 7 avril 2022 et du 31 mars 2022 au 30 juin 2022. En dépit de plusieurs demandes adressées par M. A aux services préfectoraux, la carte de résident ne lui a pas été délivrée, ni même un récépissé de demande de carte de séjour qui aurait pu prolonger la période de validité du récépissé précédent.
4. Par la requête visée ci-dessus, enregistrée le 1er juillet 2022, M. A a saisi le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'une demande tendant à ce que le préfet du Calvados régularise sa situation au regard de son droit au séjour. Par son mémoire en défense produit dans l'instance, le préfet a indiqué que M. A a été convoqué par un message du 4 juillet 2022 à un rendez-vous fixé, avec son accord, le vendredi 8 juillet prochain afin que lui soit remis un nouveau récépissé de demande de titre de séjour.
5. Il ne résulte pas de l'instruction que l'absence de délivrance à très brève échéance d'un document attestant de la régularité du séjour de M. A sur le territoire français serait de nature à compromettre immédiatement et irrémédiablement l'emploi qu'il exerce depuis plusieurs années. De même, aucun des éléments invoqués au titre de la vie privée et familiale du requérant ne justifie l'existence d'un risque patent d'atteinte grave à sa situation personnelle ou à celle de sa famille. Dans ces conditions, la circonstance que l'absence de délivrance d'un récépissé de dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour place M. A dans une situation irrégulière, depuis le 30 juin 2022 seulement, ne saurait à elle seule caractériser une situation d'extrême urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Enfin, au jour de la présente ordonnance, aucun des éléments du dossier ne donne à penser que l'administration ne procéderait pas à la régularisation de la situation de l'intéressé dans un délai adapté aux difficultés particulières que rencontre celui-ci. Dès lors, M. A n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans le délai très bref de quarante-huit heures, afin qu'il prononce une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de statuer sur la question de savoir si le préfet du Calvados, dans l'exercice de ses pouvoirs, a effectivement porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, que les conclusions à fin d'annulation et celles présentées à fin d'injonction par M. A doivent être rejetées.
Sur la demande fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. En l'espèce, l'Etat n'est pas la partie perdante du litige. Dès lors, la demande de M. A fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Calvados.
Fait à Caen le 6 juillet 2022.
Le juge des référés,
Signé
X. MONDÉSERT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
D. Dubost
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026