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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202102

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202102

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202102
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantGERVAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2022 à 22h01, Mme C A, représentée par Me Gerval, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de la décision du 9 septembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Villerville a refusé de prendre un arrêté portant interdiction de stationner devant le garage et le portail de la maison située 32 rue Louis Aubert ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Villerville de prendre immédiatement un arrêté municipal d'interdiction de stationner devant le garage et le portail de cette maison ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Villerville la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- seule une recharge lente est possible pour son véhicule électrique ;

- ce véhicule permet à son fils mineur de se déplacer hors du village excentré de Villerville ; il suit une formation de moniteur à Trouville-sur-Mer qui suppose des déplacements en véhicule compte tenu de la faible fréquence des bus ;

- la décision attaquée lui a également refusé la création d'une rampe pour l'accès secondaire ;

- le refus qui lui a été opposé rend son véhicule inutilisable ;

- dès lors, l'urgence est démontrée ;

-elle avait une espérance légitime de bénéficier d'un arrêté d'interdiction de stationner eu égard à l'ancienneté des panneaux d'interdiction de stationner qui avaient été apposés avant son achat immobilier du 10 juin 2021 ;

- elle s'est vue interdire de stationner devant le garage et à proximité ;

- la décision attaquée, en empêchant la recharge de ce véhicule électrique, porte atteinte au libre accès des riverains, qui constitue un accessoire du droit de propriété ;

- elle porte atteinte à la liberté d'aller et de venir, ainsi qu'une atteinte au " droit à la prise " introduit en droit français par le décret du 25 juillet 2011.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à la sauvegarde d'une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement la gravité des troubles invoqués par le requérant pour caractériser la situation d'urgence, au vu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et compte tenu des justifications apportées par le requérant et par l'administration.

3. Pour justifier de l'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, Mme C A fait valoir que seule une recharge lente est possible pour le véhicule électrique de son fils mineur, que ce véhicule permet à celui-ci de se déplacer pour suivre une formation de moniteur à Trouville-sur-Mer et que cette formation suppose des déplacements en véhicule compte tenu de la faible fréquence des bus. Or, il ressort des termes de la décision attaquée que Mme A a demandé le 8 juillet 2022 au maire de Villerville de prendre un arrêté l'autorisant à afficher un panneau d'interdiction de stationner, en raison de la présence de véhicules devant son garage. Elle a sollicité le 28 juillet 2022 une permission de voirie pour l'aménagement de l'accès à sa maison d'habitation par un nouveau portail. Elle a renouvelé à cette occasion sa demande de mise en place d'un panneau d'interdiction de stationner, afin de pouvoir se garer sur son terrain dans le cadre de son activité de céramiste. Ainsi que le rappelle le maire dans la décision attaquée, la requérante n'a pas été autorisée à changer la destination de sa propriété. Par ailleurs, il n'est pas établi que la requérante ait rencontré des difficultés d'accès à sa propriété en raison de la présence de véhicules devant son garage ou son portail. En outre, Mme A n'apporte aucune justification à l'appui de son allégation selon laquelle l'acquisition d'un véhicule électrique à charge lente serait la seule possibilité pour son fils mineur de suivre sa formation de moniteur à Trouville-sur-Mer. Dans ces conditions, les circonstances invoquées par la requérante ne permettent pas de caractériser une situation d'urgence de nature à justifier l'intervention du juge des référés dans les très brefs délais prévus par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de Mme A selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Fait à Caen, le 20 septembre 2022.

Le juge des référés,

Signé

F. B

La République mande et ordonne au préfet du Calvados, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière,

C. Bénis

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