LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202138

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202138

vendredi 28 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202138
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre 2022 et 14 décembre 2023, la société Paris Fermeture +, représentée par Me Adda, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 avril 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé à son encontre deux amendes administratives d'un montant de 50 680 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail et d'un montant de 14 868 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la décision du 22 juillet 2022 de rejet de son recours gracieux ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer les sommes en cause ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la matérialité des faits constitutifs des infractions constatées n'est pas établie dès lors que les salariés ont justifié de titres d'identité ou de séjour sur le fondement desquels elle a procédé de bonne foi à leur embauche, sans être en mesure de savoir que ces documents présentaient un caractère frauduleux ;

- l'un des sept employés concernés ne s'est pas présenté à l'entreprise, de sorte qu'aucune sanction ne peut lui être appliquée en ce qui le concerne ;

- le salarié dont le récépissé de titre de séjour a expiré le 15 mars 2019 avait quitté l'entreprise avant cette date et il ne ressort pas des pièces du dossier que son titre de séjour ne l'autorisait pas à travailler sur le territoire français ;

- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure faute pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'avoir respecté le principe du contradictoire.

Par un mémoire enregistré le 22 décembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que le moyen selon lequel le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pris la décision attaquée au terme d'une procédure irrégulière, soulevé dans le mémoire en réplique enregistré le 14 décembre 2023, qui relève d'une cause juridique distincte des moyens relatifs à la légalité interne de cette décision, seuls soulevés dans le délai de recours, est irrecevable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Silvani, conseillère,

- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 18 octobre 2019, les services de police de la Manche ont effectué un contrôle du chantier sur lequel travaillaient des employés de la société Paris Fermeture +. A la suite de ce contrôle, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a décidé, le 12 avril 2022, d'appliquer à la société Paris Fermeture + la contribution spéciale due à raison de l'emploi irrégulier de sept travailleurs étrangers, d'un montant de 50 680 euros, et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de ces ressortissants étrangers dans leur pays d'origine, d'un montant de 14 868 euros. Le recours gracieux formé par la société Paris Fermeture + le 10 juin 2022 a été rejeté le 22 juillet 2022. Par sa requête, la société Paris Fermeture + demande l'annulation de ces décisions ainsi que la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes.

2. En premier lieu, après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens soulevés par le demandeur qui relèvent d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués dans sa demande avant l'expiration de ce délai. En l'espèce, le délai de recours contre la décision attaquée du 12 avril 2022, prorogé par la formation du recours gracieux en date du 10 juin 2022 ayant donné lieu à la décision de rejet notifiée le 26 juillet 2022 avec la mention des délais et voies de recours, a expiré le 29 septembre 2022. Par suite, est irrecevable le moyen tiré de ce que le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pris la décision attaquée au terme d'une procédure irrégulière, soulevé dans le mémoire en réplique enregistré le 14 décembre 2023, qui relève d'une cause juridique distincte des moyens relatifs à la légalité interne de cette décision, seuls soulevés dans le délai de recours.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France () ". L'article L. 5221-8 du même code dispose que : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date des infractions : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui peuvent être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui a occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquitte une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de cet étranger ".

4. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail et de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les contributions qu'ils prévoient ont pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger séjournant irrégulièrement sur le territoire français ou démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel soit nécessaire à la caractérisation du manquement. Toutefois, un employeur ne saurait être sanctionné sur le fondement de ces dispositions, qui assurent la transposition des articles 3, 4 et 5 de la directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 prévoyant des normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l'encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, lorsque tout à la fois, d'une part, il s'est acquitté des obligations qui lui incombent en vertu de l'article L. 5221-8 du code du travail et, d'autre part, il n'était pas en mesure de savoir que les documents qui lui étaient présentés revêtaient un caractère frauduleux ou procédaient d'une usurpation d'identité. En outre, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.

5. D'une part, il résulte de l'instruction que quatre des sept salariés concernés ont adressé au gérant de la société Paris Fermeture +, en vue de leur embauche, la copie d'une carte nationale d'identité française qui s'est avérée être, dans chacun des cas, un faux document. Il résulte du procès-verbal d'infraction établi dans le cadre de l'enquête préliminaire par la brigade mobile de recherche de Cherbourg que le gérant de l'entreprise a indiqué à plusieurs reprises, au cours de ses auditions par les services de police, avoir procédé à l'embauche de ces employés ainsi qu'aux formalités de déclaration préalable d'embauche auprès de l'administration sur la base de ces seules copies des documents d'identité, sans avoir demandé ni été mis en possession des originaux. Dans ces conditions, alors que les copies qui lui étaient soumises n'étaient pas suffisantes pour établir la véracité de l'identité de leurs détenteurs et autoriser une activité salariée sur le sol français, la requérante ne peut être regardée comme s'étant assurée que les salariés concernés disposaient d'un document d'identité de nature à en justifier. En outre, dès lors que l'infraction est constituée du seul fait de l'emploi d'un travailleur étranger démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée sur le territoire français, la circonstance, à la supposer établie, qu'elle ait pût être regardée comme dépourvue de caractère intentionnel est sans incidence sur le bien-fondé de la contribution spéciale mise à la charge de l'intéressée. Il résulte de ce qui précède que les faits reprochés sont établis et constituent l'infraction prohibée par l'article L. 8251-1 du code du travail.

6. D'autre part, il résulte de l'instruction que les trois autres salariés détenaient, pour les deux premiers de faux titres de séjour, et pour le dernier un récépissé qui avait expiré le 15 mars 2019. Ainsi qu'il a été indiqué au point 5, il résulte du procès-verbal d'infraction que le gérant de la société Paris Fermeture + a indiqué ne pas s'être acquitté, auprès des administrations compétentes, des obligations de vérification de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, qui lui incombaient en vertu de l'article L. 5221-8 du code du travail. Si la requérante fait valoir que le salarié dont le récépissé a expiré le 15 mars 2019 ne travaillait plus pour son compte depuis le 1er février 2019, il résulte toutefois du procès-verbal d'infraction, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que ce récépissé mentionnait qu'il ne valait pas autorisation de travail, ce que l'entreprise aurait été en mesure de savoir si elle avait procédé aux vérifications requises. De même, si la requérante soutient que le troisième salarié ne s'est jamais présenté sur le lieu de travail, il résulte de l'instruction, et en particulier de la liste des salariés extraite du fichier de déclarations préalables à l'embauche, que l'intéressé a été embauché par la société Paris Fermeture + le 14 octobre 2019 et a été déclaré par celle-ci auprès de l'administration le même jour sur la base d'un titre de séjour falsifié. Dans ces conditions, et alors au surplus que la requérante n'établit pas que ce salarié n'aurait jamais travaillé pour son compte, la société Paris Fermeture + n'est pas fondée à soutenir qu'aucune sanction ne pouvait lui être infligée à raison de l'embauche de ce salarié.

7. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en retenant qu'elle avait méconnu l'article L. 8251-1 du code du travail et mis à sa charge, à ce titre, la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a entaché sa décision d'illégalité.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 avril 2022 et de la décision du 22 juillet 2022 emportant rejet du recours gracieux de la société Paris Fermeture + sont rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles tendant à la décharge des sommes en litige et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la société Paris Fermeture + est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Paris Fermeture + et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Marchand, président,

Mme Pillais, première conseillère,

Mme Silvani, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.

La rapporteure,

Signé

C. SILVANI

Le président,

Signé

A. MARCHAND

Le greffier,

Signé

J. LOUNIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J. Lounis

No 2202138

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions