mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2202152 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOCIETE LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2022, M. A C et Mme B E doivent être regardés comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à l'association ACAIS d'assurer dans les plus brefs délais la continuité des soins de leur enfant dans le cadre du service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD).
Ils soutiennent que :
- la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) a attribué à leur enfant une orientation vers un service d'éducation spéciale et de soins à domicile pour déficients intellectuels ;
- la CDAPH a désigné l'association ACAIS Jean Itard à Cherbourg en Cotentin pour l'accompagnement de leur enfant ;
- leur enfant est placé sur une liste d'attente avec un délai de prise en charge pouvant excéder deux ans ;
- durant cette phase d'attente, les frais non remboursés par la sécurité sociale restent à leur charge ;
- le refus de prise en charge conduit à une rupture de soins pour leur enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, l'association ACAIS S.A.M.O., représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête, qui omet de préciser sur quel fondement le juge des référés est saisi, n'est pas recevable ;
- compte tenu des autorisations dont elle bénéficie et de ses capacités d'accueil, l'association n'est pas en mesure d'accompagner l'enfant des requérants ;
- il appartenait aux requérants de demander à la maison départementale des personnes handicapées de la Manche de désigner un autre organisme.
La maison départementale des personnes handicapées de la Manche n'a pas présenté de mémoire en défense.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. D a lu son rapport et entendu les observations :
- de M. A C et Mme B E, qui concluent aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Ils précisent que leur enfant est atteint d'un retard global moteur et visuel ; leurs demandes d'aides financières ont été refusées ;
- de Me Lahalle, représentant l'association ACAIS, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens. Il précise que l'association ne peut offrir un accompagnement que dans la mesure de ses capacités d'accueil ; elle est la seule association du Nord Cotentin à offrir un accompagnement adapté au handicap de l'enfant des requérants ; 127 enfant sont inscrits sur une liste d'attente.
La maison départementale des personnes handicapées de la Manche n'était pas représentée.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. Par un courrier du 11 février 2022, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de la Manche a informé les requérants que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées avait attribué le 25 janvier 2022 à leur enfant une orientation vers un service d'éducation spéciale et de soins à domicile pour déficients intellectuels. Cette commission a désigné, pour la mise en place de cette orientation, l'association ACAIS Jean Itard à Cherbourg en Cotentin. Cette association a toutefois indiqué aux requérants, dans une lettre en date du 1er mars 2022, que, compte tenu de ses effectifs, elle n'était pas en mesure d'accueillir leur enfant dans l'immédiat.
3. Aux termes de l'article L. 114-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. () ". L'article L. 112-1 du même code dispose : " Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. () ".
4. Ces dispositions imposent à l'Etat et aux autres personnes publiques chargées de l'action sociale en faveur des personnes handicapées d'assurer, dans le cadre de leurs compétences respectives, une prise en charge effective dans la durée, pluridisciplinaire et adaptée à l'état comme à l'âge des personnes présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant. Saisi en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par les requérants, des mesures d'injonction demandées et des moyens dont disposent la ou les administrations compétentes, si ces mesures sont commandées par l'urgence et de nature à mettre fin immédiatement ou à très bref délai à la situation créée par un éventuel manquement d'une des personnes publiques concernées à cette obligation, dès lors que cette situation entraîne des conséquences graves, actuelles ou qui sont à craindre à court terme, pour la personne concernée et ses proches.
5. Il est constant que l'enfant des requérants est atteint d'un handicap justifiant une orientation vers un service d'éducation spéciale et de soins à domicile. Il ressort des termes du courrier du 11 février 2022 de la MDPH de la Manche que l'accompagnement par la structure désignée " sera réalisée sous réserve de places disponibles ". Les requérants, qui étaient informés dès le mois de mars 2022 de l'absence de place disponible dans la structure désignée, n'établissent pas avoir engagé des démarches auprès de la MDPH en vue de la désignation d'un autre organisme ou afin de solliciter un dispositif d'aide financière pour certains des soins dispensés à leur enfant. Par ailleurs, il n'est pas contesté qu'il n'existe pas, à ce jour, de possibilité d'accueil au sein de l'association ACAIS, qui est la seule association dans le Nord Cotentin à proposer un accompagnement adapté au handicap de cet enfant. L'association ACAIS expose qu'elle ne dispose que d'une capacité d'accueil de 118 enfants, qu'elle n'a pas été mise en mesure de solliciter des places supplémentaires auprès de l'agence régionale de santé et que 127 enfants sont inscrits sur une liste d'attente. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas de l'utilité qu'il y aurait pour le juge des référés de prononcer la mesure sollicitée.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'association ACAIS, que la requête doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C et Mme E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et Mme B E, à l'association ACAIS S.A.M.O. et à la maison départementale des personnes handicapées de la Manche.
Fait à Caen le 18 octobre 2022.
Le juge des référés,
Signé
F. D
La République mande et ordonne au préfet de la Manche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
N°2202152
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026