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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202923

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202923

vendredi 13 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202923
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationURGENCE- Etrangers
Avocat requérantLAUNOIS FLACELIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2206498 en date du 28 décembre 2022, le président du tribunal administratif de Rennes a transmis au tribunal administratif de Caen la requête de M. C B, au motif que celui-ci est assigné à résidence dans le département du Calvados.

Par cette requête, qui a été complétée par un mémoire enregistré le 30 décembre 2022 sous le n° 2202923, M. B, représenté par Me Launois, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour en France pour la durée de trois ans ;

3) d'enjoindre au préfet du Calvados de l'admettre au séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ainsi que les entiers dépens.

M. B soutient que :

- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;

- les décisions qu'il comporte sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision n'a pas été précédée d'un examen particulier de situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le motif tiré d'une menace à l'ordre public est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;

Sur la décision portant refus d'accorder un délai de départ :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de situation personnelle ;

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'un risque de fuite n'est pas établi ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'un retour en Algérie l'exposerait à des représailles ;

Sur la décision portant interdiction de retour :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de situation personnelle ;

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions précédemment contestées ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 622-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi que son comportement constituerait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant au principe et à la durée de l'interdiction de retour prononcée ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés les 27, 28 et 29 décembre 2022, le préfet du Calvados demande le rejet de la requête de M. B au motif qu'aucun des moyens n'est fondé.

M. A a été désigné comme interprète par ordonnance du 28 décembre 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les observations de Me Launois, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, né le 31 décembre 1996 à Ain Meran en Algérie, pays dont il possède la nationalité, déclare être entré en France de manière irrégulière courant 2018. Il a déposé une demande d'asile le 18 juillet 2022, qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 2 septembre 2022. M. B a formé recours contre cette décision par une requête déposée devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), après obtention de l'aide juridictionnelle, le 9 novembre 2022. Par la requête visée ci-dessus, il conteste l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit à l'intéressé le retour en France pour la durée de trois ans.

2. Par ailleurs, le préfet du Calvados a pris à l'encontre de M. B une mesure d'assignation à résidence dans le département du Calvados pendant la durée de quarante-cinq jours, par une décision du 23 décembre 2022 qui n'est pas contestée.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne les moyens communs dirigés contre toutes les décisions contestées :

5. D'une part, délégation de signature a été accordée à l'adjoint du chef de service de l'immigration de la préfecture du Calvados par un arrêté du 27 avril 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs, à l'effet de signer les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté préfectoral du 22 décembre 2022 doit être écarté.

6. D'autre part, l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel le préfet du Calvados a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, et lui a interdit le retour pour la durée de trois ans, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressé, mentionne les textes en application desquels ces décisions ont été prises ainsi que les considérations de fait retenues pour les justifier. Dans ces conditions, le moyen tiré d'un défaut de motivation ne peut qu'être écarté, alors qu'en outre il ne comporte pas de fondement juridique.

7. Enfin, si M. B soutient de manière générale que les décisions que comporte l'arrêté du 22 décembre 2022 sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation, il n'assortit pas cette affirmation de la précision nécessaire au juge pour y statuer.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Et aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 () ", cas dans lesquels l'OFPRA statue selon la procédure accélérée.

9. En premier lieu, l'arrêté du 22 décembre 2022 vise l'article L. 542-2-1° (d) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il indique que la demande d'asile déposée par M. B a été traitée en procédure accélérée et a été rejetée par une décision de l'OFPRA en date du 2 septembre 2022, notifiée le 16 septembre suivant. Il est précisé que, si l'intéressé a formé devant la CNDA un recours contre la décision de l'OFPRA, ce recours n'est pas suspensif. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle.

10. En deuxième lieu, le requérant soutient que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui dispose que le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'OFPRA bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. Toutefois, ce moyen ne peut qu'être écarté dès lors que la décision contestée est fondée sur les dispositions des articles L. 542-1 et L. 542-2 cités ci-dessus au point 8, dont elle fait une exacte application.

11. En troisième lieu, pour le même motif que celui qui précède, le moyen tiré par M. B de ce qu'il ne représenterait pas une menace à l'ordre public est inopérant.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre le refus d'accorder un délai de départ :

12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

13. En premier lieu, dès lors que l'obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que le refus d'accorder un délai de départ volontaire est illégal en conséquence de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.

14. En deuxième lieu, pour motiver le refus d'accorder un délai de départ volontaire, l'arrêté mentionne, en les citant, les dispositions des 1° et 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et rappelle que M. B entre dans le champ d'application de ces dispositions, à raison des trois condamnations pénales infligées en 2020, 2021 et 2022, et qu'il risque de se soustraire à une mesure d'éloignement. L'absence de transmission des jugements correctionnels invoqués ne constitue pas, contrairement à ce qui est soutenu, une insuffisance de motivation. L'arrêté rappelle également les dispositions du 4°, du 5° et du 8° de l'article L. 612-3 du même code et, à ce triple titre, la décision mentionne de manière détaillée que M. B déclare ne pas vouloir retourner en Algérie, qu'il s'est maintenu en France en dépit d'une interdiction judiciaire du territoire et d'une obligation de quitter le territoire, et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Dès lors, la décision portant refus d'accorder un délai de départ est suffisamment motivée. De plus, aucun élément du dossier n'établit que ce refus n'a pas été précédé d'un examen particulier de la situation personnelle de M. B.

15. En troisième lieu, il ressort des termes du jugement du tribunal judiciaire de Caen statuant en matière correctionnelle en date du 28 juin 2022, joint à la requête, que M. B a utilisé pas moins de treize fausses identités, qu'il a été condamné sous le nom d'un de ses alias à quatre mois d'emprisonnement pour vol aggravé le 24 novembre 2020 ainsi qu'à dix mois d'emprisonnement dont cinq avec sursis pour vol aggravé et fourniture d'identité imaginaire. S'il a été avancé au cours de l'audience que l'identité de M. B était douteuse ou n'était pas établie, cette décision judiciaire en rapporte la preuve. Le jugement du 28 juin 2022 condamne l'intéressé, eu égard à la gravité de ses agissements, à sa personnalité et son absence de prise de conscience, à un emprisonnement de six mois pour des faits récents de violence avec arme, d'escroquerie en récidive et de vol en réunion en récidive. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de fait, d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le préfet du Calvados, pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a estimé que le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public et un risque de fuite et, pour ce motif, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, dès lors que l'obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de cette obligation ne peut qu'être écarté.

16. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination, qui n'avait pas à reprendre le détail du récit de M. B, indique que celui-ci déclare " avoir un problème en Algérie " et que sa demande d'asile a été rejetée. Le préfet du Calvados ajoute que l'intéressé n'établit pas que sa vie ou sa liberté y sont menacées, ou qu'il est exposé à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou dans son pays de résidence habituelle où il est effectivement ré-admissible. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision contestée doit être écarté.

17. En troisième lieu, si M. B fait état de sa crainte de " représailles " en cas de retour en Algérie, qui d'ailleurs n'est pas le seul pays de destination fixé par la décision contestée, aucun élément du dossier n'établit que celui-ci serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté ainsi que, au surplus, celui fondé sur une erreur manifeste d'appréciation invoquée de manière imprécise.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour :

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

19. En premier lieu, dès lors que les décisions précédemment jugées ne sont pas entachées d'illégalité, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour est illégale en conséquence de l'illégalité de ces décisions ne peut qu'être écarté.

20. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise et rappelle les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur lesquelles la mesure d'interdiction de retour se fonde. Il précise les conditions d'entrée et de séjour en France de M. B, examine les principaux éléments objectifs et concrets caractérisant sa vie privée et familiale, et indique que la durée de trois ans ne porte pas une atteinte disproportionnée à ses droits. Par suite, la décision contestée est suffisamment motivée. De plus, aucun élément du dossier n'établit qu'elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de situation personnelle.

21. En troisième lieu, il ressort des dispositions citées au point 18 que la durée de l'interdiction de retour, qui ne peut excéder trois ans, est déterminée en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement, et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Or, M. B ne justifie d'aucune circonstance humanitaire et n'établit ni la durée ni la régularité de son séjour sur le territoire français. Dès lors que l'intéressé a fait l'objet d'une précédente décision d'éloignement et qu'il constitue une menace pour l'ordre public, c'est sans commettre de droit ni d'erreur d'appréciation que le préfet du Calvados a décidé de prendre une mesure d'interdiction de retour en France et en a fixé la durée à trois ans. En outre, le moyen tiré de ce que cette interdiction méconnaîtrait les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant.

22. Enfin, si M. B soutient que la mesure d'interdiction de retour méconnaît l'article L. 622-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les dispositions de cet article ne sont applicables qu'aux étrangers faisant l'objet d'une interdiction de circulation sur le territoire français assortissant une décision de remise aux autorités d'un pays membre de l'Union européenne, ce qui n'est pas le cas du requérant. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

Sur les autres demandes :

23. Il résulte du rejet des conclusions aux fins d'annulation que la demande tendant à une injonction et celle relative aux frais du procès doivent également être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : L'aide juridictionnelle provisoire est accordée à M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2202923 est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Calvados.

Copie pour information sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Caen, le 13 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

X. MONDÉSERTLe greffier en chef,

Signé

D. DUBOST

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef

D. Dubost

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