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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2300485

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2300485

mercredi 12 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2300485
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationAutres délais-Etrangers-3
Avocat requérantLAUNOIS FLACELIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 février 2023, Mme C A, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2022 par lequel le préfet police de Paris l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire :

- l'auteur de la décision est incompétent;

- la décision est insuffisamment motivée et sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;

- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme est des libertés fondamentales;

Sur le pays de destination :

- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme est des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête au motif que la requête est tardive et qu'aucun des moyens n'est fondé.

Mme A a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 17 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme C A, de nationalité russe, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions :

2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / (). ". Aux termes de l'article L. 614-5 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. L'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-7, notifiée postérieurement à la décision portant obligation de quitter le territoire français, peut être contestée dans les mêmes conditions. (). ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " () / Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 752-5 du même code. ". Aux termes de l'article R. 776-3 : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les interdictions de retour sur le territoire français prises en application de l'article L. 612-7 de ce code à l'encontre d'étrangers s'étant maintenus sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire peuvent faire l'objet d'un recours contentieux dans les quinze jours de leur notification ". Enfin, aux termes de l'article R. 776-5 de ce code : " () / II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. / (). ".

3. L'arrêté du 30 décembre 2022, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, fondé sur l'article L.611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été notifié à Mme A le 24 janvier 2023. Cet arrêté mentionnait les voies et délais de recours prévus par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, Mme A disposait d'un délai de quinze jours, qui n'a pu faire par ailleurs l'objet d'aucune prorogation en vertu du II de l'article R. 776-5 du code de justice administrative, pour contester cet arrêté. Il ressort des pièces du dossier que la requérante n'a formé de recours contentieux que le 24 février 2023. Cet arrêté est ainsi devenu définitif.

4. Les conclusions aux fins d'annulations de la requête sont donc tardives, et il y a lieu en conséquence de les rejeter, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais du procès.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise au benefice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Launois et au préfet de police de Paris.

Copie en sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Caen.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2023.

Le président du tribunal,

signé

H. B La greffière,

signé

N. BELLA

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

A. Godey

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