lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2300657 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AARPI CONCORDANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 20 mars 2023, M. B A, représenté par Me Balouka, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du préfet du Calvados du 13 janvier 2023 rejetant sa demande de titre de séjour fondée sur l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement précité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où il ne bénéficierait pas de l'aide juridictionnelle, à lui verser directement.
M. A soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il vit en France depuis 2011, bénéficie d'un titre de séjour depuis 2018 et que la décision attaquée est un refus de renouvellement de son titre à la suite d'une demande qu'il a déposée il y a dix-neuf mois ; en outre, il est père d'une enfant née en France et dont la mère est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2031 ; son fils aîné, âgé de douze ans, vit également en France chez la mère de sa fille ; enfin, il est titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée auquel son employeur risque de mettre fin compte tenu de sa situation ; sans rémunération, il ne pourra plus subvenir à ses charges et combler les besoins de ses deux enfants ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision dès lors que :
- il ne résulte pas de l'arrêté attaqué que l'avis du collège des médecins de l'OFII ait été rendu conformément à la règlementation applicable ; en outre, l'avis a été émis plus de trois mois après la transmission de son certificat médical ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il a une fille, née le 8 juin 2021, et un fils issu d'une autre union ; il participe à l'entretien et l'éducation de ses enfants ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il vit en France depuis 2011, ses deux enfants vivent également en France et la mère de sa fille est titulaire d'une carte de résident ; il est titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée, renouvelé deux fois ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; sa pathologie n'a pas évolué depuis la délivrance du précédent titre de séjour et aucune amélioration de son état de santé n'a été constatée par les médecins ; en outre, la prise en charge dans son pays d'origine est impossible.
Par des mémoires, enregistrés les 16 et 21 mars 2023, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont pas remplies.
M. A a déposé une demande d'aide juridictionnelle qui a été enregistrée le
21 février 2023 au bureau d'aide juridictionnelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2300656 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du préfet du Calvados.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 21 mars 2023 à 13 heures 30, en présence de M. Dubost, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Macaud ;
- et les observations de Me Balouka, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
Après avoir constaté que le préfet du Calvados n'était ni présent, ni représenté, la clôture de l'instruction a été prononcée.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. B A, ressortissant congolais né le 22 juin 1976 qui déclare être entré en France en juin 2011, a demandé, le 6 octobre 2015, un titre de séjour pour raison médicale. Il a été mis en possession de récépissés du 21 octobre 2016 au
8 août 2018 puis a bénéficié d'une carte de séjour valable du 8 juillet 2018 au 7 juillet 2019 et d'une carte de séjour pluriannuelle pour raison médicale valable du 29 août 2019 au 28 août 2021. Le 29 mai 2021, il a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pour raison médicale. Après un premier avis du collège des médecins émis le 30 août 2021, les services de la préfecture, eu égard au délai d'instruction de la demande, ont invité M. A à se présenter le 11 août 2022 afin de solliciter un nouvel avis du collège des médecins. Au vu d'un nouvel avis émis le 27 septembre 2022, le préfet du Calvados a, par la décision attaquée du 13 janvier 2023, refusé de délivrer un titre de séjour à M. A.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions de la requête :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
5. En l'espèce, la décision dont M. A demande la suspension est un refus de renouvellement de titre de séjour. Si le préfet fait valoir que le requérant ne fait l'objet que d'un simple refus de titre de séjour pour raison de santé, non assorti d'une mesure d'éloignement, qui ne lui interdit pas de solliciter un titre de séjour sur un autre fondement, notamment sa vie familiale en France, cette circonstance n'est pas de nature à faire échec à la présomption d'urgence. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux :
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la décision du 13 janvier 2023 méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.
7. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions exigées à l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Par suite, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision 13 janvier 2023 par laquelle le préfet du Calvados a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A, jusqu'à ce que le tribunal ait statué sur la requête tendant à son annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de l'article L. 911-1 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
9. Il y a lieu d'enjoindre au préfet du Calvados de procéder au réexamen de la situation de M. A, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'à ce que ledit réexamen ait été effectué. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
10. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que le requérant est provisoirement admis à l'aide juridictionnelle. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Balouka, conseil du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à ce conseil d'une somme de 600 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros lui sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, provisoirement, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision du préfet du Calvados du 13 janvier 2023 est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Calvados de procéder au réexamen de la situation de
M. A dans un délai d'un mois à compter la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, valable pendant ce réexamen.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Balouka renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, celui-ci versera à Me Balouka une somme de 600 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros lui sera versée directement.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Balouka, au préfet du Calvados et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée, pour information, au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Caen, le 27 mars 2023.
La juge des référés
Signé
A. MACAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
A. Godey
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026