LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2300689

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2300689

mardi 11 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2300689
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantABDOU-SALEYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés les 14 mars et 7 avril 2023, Mme A C, représentée par Me Abdou-Saleye, demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 14 novembre 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français, et de la décision implicite rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- elle est actuellement sous contrat à durée indéterminée en qualité de commis de cuisine depuis le 30 août 2021 ;

- il n'existe pas de transport en commun régulier entre son domicile et son lieu de travail ;

- elle est en arrêt maladie en raison d'une affection de longue durée et doit suivre des soins dans un centre de réadaptation fonctionnelle en milieu professionnel à Vern-sur-Seiche pendant un mois ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- il appartiendra à l'administration de justifier que la signataire de la décision attaquée bénéficiait d'une délégation de signature ;

- elle bénéficie du statut de réfugiée et a obtenu un premier récépissé le 14 juin 2021 ;

- elle avait adressé son permis de conduire aux services de l'OFPRA qui l'a conservé durant près d'une année avant de le restituer en mars 2022 ; elle était dans l'impossibilité matérielle de déposer avant le 25 juillet 2022 un dossier d'échange de permis, compte tenu du délai nécessaire pour la vérification de l'authenticité du document original ; elle justifie ainsi d'un motif légitime lui permettant de déposer sa demande d'échange au-delà du délai d'un an ; dès lors, la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le contrat de travail de la requérante ne précise pas que le permis de conduire serait nécessaire dans le cadre de son emploi ;

- le lieu de travail de la requérante n'est distant que de 3,2 kilomètres de son domicile ;

- elle est en arrêt maladie depuis un an ;

- le dossier d'inscription au centre de soins n'est pas rempli ;

- dès lors, l'urgence n'est pas établie ;

- la signataire de l'acte bénéficie d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- la possibilité d'échanger un permis de conduire étranger au-delà du délai d'un an n'a pas été reprise par l'arrêté du 12 janvier 2012 ;

- la requérante a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l'OFPRA du 18 mars 2021 ;

- la requérante a envoyé son permis à l'OFPRA le 13 décembre 2021 ; ainsi, l'OFPRA n'a conservé le permis de conduire que pendant trois mois ; dès lors, la requérante n'a pas été empêchée de déposer sa demande.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2023.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 13 mars 2023 sous le n° 2300685 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision du 14 novembre 2022 du préfet de la Loire-Atlantique refusant d'échanger son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français, et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté du 12 janvier 2012 modifié, fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;

- le code de justice administrative.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Godey, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations :

- de Me Abdou-Saleye, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Il précise que Mme C doit rapidement rejoindre le centre de soins en vue d'un reclassement.

Le préfet de la Loire-Atlantique n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Mme A C, ressortissante algérienne, est titulaire depuis le 22 juin 2021 d'une carte de résident en qualité de réfugiée. Elle a sollicité le 25 juillet 2022 l'échange de son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français. Par une décision du 14 novembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a opposé un refus, au motif que la demande avait été présenté plus d'un an après l'acquisition de la résidence en France. La requérante demande la suspension de l'exécution de cette décision de refus et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.

3. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3 Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé. ". Pour l'application de ces dispositions, l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 visé ci-dessus prévoit : " I - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. () ". Aux termes du I de l'article 11 du même arrêté : " Le délai d'un an pour la reconnaissance et la demande d'échange du permis de conduire pour les bénéficiaires du statut de réfugié, pour les apatrides et les étrangers ayant obtenu la protection subsidiaire, court à compter de la date de remise du récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation de séjour portant la mention " reconnu réfugié " ou la mention " a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire " () ".

4. Il est constant que Mme C a obtenu le 14 juin 2021 son premier récépissé de demande de titre de séjour en tant que réfugiée. La requérante a déposé sa demande d'échange de permis de conduire le 25 juillet 2022, soit après l'expiration du délai d'un an prévu par les dispositions précitées. Dès lors, et eu égard à la rédaction de ces dispositions, la requérante ne peut pas utilement invoquer ce qu'elle estime être un motif légitime, autre que celui tenant à un refus de concours des autorités du pays d'origine, justifiant un dépôt tardif de la demande. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que Mme C était en possession de l'original de son permis de conduire jusqu'en décembre 2021. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

5. Aucun des autres moyens visés ci-dessus n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension de la requête de Mme C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à Me Abdou-Saleye et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera transmise pour information au préfet de la Loire Atlantique.

Fait à Caen, le 11 avril 2023.

Le juge des référés,

Signé

F. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière,

A. Godey

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions