vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LE BROUDER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 juillet 2023 et le 21 septembre 2023, Mme B C veuve D, représentée par Me Le Brouder, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2023 par lequel le préfet du Calvados lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme C veuve D soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les articles 6-5) et 6-7) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 août 2023 et le 28 septembre 2023, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est tardive et que les moyens soulevés par Mme C veuve D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martinez a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C veuve D, ressortissante algérienne, a sollicité le 2 avril 2021 la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 28 avril 2021, le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer le titre demandé. Par jugement n° 2102324 du 9 décembre 2022, le tribunal administratif de Caen a annulé cette décision et enjoint au préfet de réexaminer sa demande. Par un arrêté du 26 mai 2023, dont il est demandé l'annulation, le préfet a rejeté sa demande d'admission au séjour.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme. C ait déposé un dossier d'aide juridictionnelle depuis le dépôt de sa requête le 25 juillet 2023. Dès lors, il n'y a pas lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
4. Le préfet du Calvados soutient que l'arrêté a été notifié à Mme C veuve D le 3 mai 2023. Toutefois il ressort des pièces du dossier, en particulier de la décision attaquée, que celle-ci a été signée le 26 mai 2023. Le mémoire introductif d'instance a été enregistré le 25 juillet 2023, soit moins de deux mois à compter de la date de signature de l'acte. En conséquence, la fin de non-recevoir soulevée par le préfet ne peut être accueillie.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. En premier lieu, par un arrêté du 25 mai 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 14-2023-092 du même jour et consultable sur le site internet de la préfecture, le préfet du Calvados a donné délégation à Mme A E, chef du bureau du séjour de la préfecture du Calvados, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions du bureau du séjour, à l'exception de certains actes dont ne fait pas partie la décision en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.
6. En deuxième lieu, Mme C veuve D soutient que le préfet n'a pas suffisamment motivé sa décision et n'a pas correctement exécuté l'injonction tirée du jugement n° 2102324 du 9 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Caen a annulé sa précédente décision. L'arrêté attaqué précise toutefois que la demande de titre de séjour était fondée sur l'article 6-5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le préfet a examiné l'ensemble des éléments de droit et de fait en lien avec cette demande, en particulier l'historique de la situation administrative, médicale et d'intégration professionnelle et sociale de Mme C veuve D. Ainsi, cet arrêté, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de fait relatifs à la situation de Mme C veuve D, énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre la requérante en mesure d'en discuter utilement les motifs. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
7. En troisième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des stipulations de l'accord franco-algérien, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressée peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre stipulation de cet accord ou d'une autre disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressée. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C veuve D ait sollicité la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6-7) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Si la requérante produit un formulaire de demande de titre de séjour pour étranger malade, ce document ne comporte aucune preuve de transmission ni d'enregistrement à la préfecture. En conséquence, le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office si l'intéressée pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 6-5) l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
9. Mme C Veuve D se prévaut de liens familiaux avec deux enfants présents sur le territoire français. Toutefois Mme C Veuve D n'est pas dépourvue de lien avec son pays d'origine, où réside six autres de ses enfants. Si Mme C veuve D apporte la preuve d'une présence continue en France depuis 2018, elle a vécu jusqu'à ses 71 ans dans son pays d'origine et n'apporte aucun élément attestant d'une intégration sociale et professionnelle. Dans ces conditions, le préfet, par la décision attaquée, n'a pas méconnu les stipulations l'article 6-5) de l'accord franco-algérien et n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble de la requête de Mme C veuve D doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C Veuve D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C Veuve D, à Me Le Brouder et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
Le président,
Signé
F. CHEYLANLa greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026