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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2400242

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2400242

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2400242
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationAutres délais-Etrangers-1
Avocat requérantCABINET NDIAYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 janvier 2024 et 21 février 2024, M. B A, représenté par Me Ndiaye, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet opposée à sa demande de renouvellement de sa carte de résident ;

3°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

4°) d'annuler la décision du 26 avril 2023 par laquelle le préfet du Calvados lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

5°) d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

6°) d'enjoindre au préfet d'effacer son nom du fichier des personnes recherchées et du Système d'information Schengen ;

7°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'arrêté dans son ensemble :

- sa requête est recevable ;

- le préfet doit établir la compétence de l'auteur de l'arrêté ;

- les décisions ont été prises à l'issue d'une procédure viciée en l'absence de saisine de la commission départementale du titre de séjour ;

- les décisions sont entachées d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'arrêté a méconnu son droit au renouvellement de sa carte de résident en méconnaissance de l'article L. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et il est disproportionné ;

- il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2024, le préfet du Calvados conclut à titre principal au rejet de la requête et subsidiairement à une minoration des frais de procès.

Il fait valoir :

- à titre principal, que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, en ce qu'elle a été enregistrée après l'expiration du délai de recours contentieux de quarante-huit heures ;

- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Par décision en date du 2 janvier 2024, la présidente du tribunal a désigné M. Rivière conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Rivière, magistrat désigné, a présenté son rapport lors de l'audience publique qui s'est tenue en l'absence des parties.

L'instruction a été close après l'appel de l'affaire à l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien, a bénéficié de cartes de séjour en qualité de conjoint de Français du 26 mars 2008 au 25 mars 2011 puis s'est vu remettre, à ce titre, une carte de résident valable du 26 mars 2011 au 25 mars 2021. Le 5 mai 2015, le juge aux affaires familiales a prononcé la dissolution du mariage de M. A. Un jugement du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc du 27 octobre 2020 l'a déclaré coupable de tentative d'agression sexuelle avec violence à l'encontre d'une personne vulnérable entrainant blessure ou lésion pour des faits survenus le 22 janvier 2019 et l'a condamné à une peine d'emprisonnement de cinq ans. Par un arrêt du 16 février 2021, la Cour d'appel de Rennes a confirmé cette peine. En juin 2021, il a sollicité le renouvellement de sa carte de résident. Le 18 janvier 2024, le préfet du Calvados lui a opposé une obligation de quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet :

2. Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " II. -Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. " et aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Les dispositions de l'article R. 776-19 du code de justice administrative prévoient que si au moment de la notification d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, " l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative. ". Lorsque l'étranger est placé en détention, l'article R. 776-31 du même code prévoit que l'étranger peut déposer sa requête auprès de l'établissement pénitentiaire.

4. En application de ces dispositions combinées, il incombe, par suite, à l'administration, pour que les délais de recours soient opposables de faire figurer, dans la notification d'une obligation de quitter le territoire français sans délai à un étranger retenu ou détenu, la possibilité de déposer sa requête dans le délai de recours contentieux auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a reçu notification de l'arrêté attaqué par voie administrative le 25 janvier 2024 et que ses demandes n'ont été enregistrées au tribunal administratif de Caen que le 29 janvier 2024, au-delà du délai de recours de quarante-huit heures prévu à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il en ressort également que le requérant se trouvait, à la date du 25 janvier 2024, détenu au centre pénitentiaire de Caen et que la notification de cet arrêté ne faisait pas mention de la possibilité de déposer sa demande auprès du chef de cet établissement pénitentiaire. Il suit de là que le délai de recours de quarante-huit heures ne lui était pas opposable. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet du Calvados tirée de la tardiveté de la requête de M. A doit être écartée.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

6. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des actes de délégation de signature, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de tels actes alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. L'arrêté contesté a été signé par M. D C, chef du bureau de l'asile et de l'éloignement du service de l'immigration. Celui-ci a reçu délégation à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions du service, dont font partie les décisions en litige, par un arrêté du préfet du Calvados du 4 octobre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 14-2023-243 du même jour et consultable sur le site internet de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.

8. En deuxième lieu, M. A soutient que l'obligation de quitter le territoire français est prise à la suite d'une procédure viciée en l'absence de saisine de la commission départementale du titre de séjour alors qu'il a présenté une demande de renouvellement de carte de résident à laquelle le préfet lui a opposé une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'un étranger présente, après l'expiration du délai de renouvellement du titre qu'il détenait précédemment, une nouvelle demande de titre de séjour, cette demande de titre doit être regardée comme une première demande.

9. Il est constant qu'ayant entamé les démarches en juin 2021, M. A a présenté sa demande de renouvellement après l'expiration de sa carte de résident le 25 mars 2021. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier qu'à la suite du courrier du 26 juillet 2021 laissant un délai de 15 jours à M. A pour compléter sa demande et transmettre les pièces nécessaires à son instruction, le préfet n'a pas enregistré cette nouvelle demande de titre de séjour à l'appui de laquelle était présenté un dossier incomplet. De plus, et contrairement à ce qu'il déclare, le requérant n'a pas complété utilement son dossier en mai 2023, comme le démontre le courriel des services de la préfecture du 2 juin 2023 sollicitant notamment la preuve de la nationalité et de la filiation des enfants de M. A au soutien de sa demande de droit au séjour en qualité de parent d'enfant français. Le préfet s'est borné à tirer les conséquences de l'incomplétude de son dossier en refusant d'enregistrer une nouvelle demande de titre de séjour comme en atteste, par ailleurs, l'absence de délivrance de récépissé à l'endroit de M. A. Dans ces conditions, aucune décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de carte de résident n'est intervenue. Il suit de là que le moyen tiré de ce que l'arrêté a été pris à la suite d'une procédure viciée en l'absence de saisine de la commission départementale du titre de séjour est inopérant et doit être écarté comme tel.

10. En troisième lieu, il ressort des termes même de l'arrêté que le préfet du Calvados a notamment tenu compte de la durée de présence en France de M. A et de l'existence de ses deux enfants français, et a ainsi procédé à un examen particulier de sa situation personnelle avant d'édicter la mesure d'éloignement contestée. A cet égard, et comme il a été dit au point précédent, aucune nouvelle demande de titre de séjour n'a été enregistrée en raison de l'incomplétude du dossier. Dès lors, M. A ne peut faire grief au préfet de ne pas en avoir tenu compte ni même avoir mentionné la demande de renouvellement de sa carte de résident. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet de sa situation personnelle doit être écarté.

11. En quatrième lieu, l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dispose que :" Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la cour de justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union.

12. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été auditionné le 5 décembre 2023 préalablement à la mesure d'éloignement et qu'il a ainsi pu porter à la connaissance du préfet sa situation familiale et sa situation administrative. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu doit être écarté.

13. En cinquième lieu, comme mentionné au point 9, la demande de titre de séjour était irrecevable du fait de l'incomplétude avérée du dossier, et aucune décision implicite de rejet n'est donc intervenue. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation du refus implicite de renouvellement de sa carte de résident est inopérant et doit être écarté comme tel.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Sous réserve des dispositions des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire () ". Et aux termes enfin de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ".

15. M. A soutient que l'édiction de la mesure d'éloignement a méconnu son droit au renouvellement de sa carte de résident. Toutefois, comme mentionné précédemment, en entamant des démarches après l'expiration de sa carte de résident, le requérant ne peut utilement soutenir que son droit au renouvellement a été méconnu. C'est donc à bon droit que le préfet du Calvados a pu prononcer à l'encontre de M. A une obligation de quitter le territoire français, sur le fondement du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.

16. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

17. M. A se prévaut de 15 ans de présence sur le territoire français et de ce qu'il est père de deux enfants français. D'une part, la seule durée de présence en France d'un étranger ne suffit pas à lui conférer un droit au séjour. De plus, il ressort de l'arrêt de la Cour d'appel de Rennes du 16 février 2021 - confirmant la condamnation de l'intéressé à 5 ans d'emprisonnement pour des faits d'agression sexuelle sur une personne vulnérable - qu'il a été, en outre, condamné à six reprises entre le 15 avril 2010 et le 25 juin 2019 notamment pour faits de conduite sous l'emprise d'un état alcoolique, conduite malgré suspension, conduite malgré l'annulation du permis de conduire, violence par concubin, violence aggravée par deux circonstances et menaces. Ces multiples condamnations pénales pendant son séjour en France ne témoignent pas d'une bonne intégration, laquelle suppose le respect des lois. D'autre part, s'il fait valoir qu'il est père de deux enfants français et qu'il a déclaré, au cours de son audition le 5 décembre 2023, leur rendre visite lorsqu'il bénéficie d'une permission de sortie, leur verser 200 euros de pension alimentaire par mois par l'intermédiaire de son frère, leur offrir des cadeaux et des vêtements pour leurs anniversaires et échanger téléphoniquement avec eux, il ne produit aucun document à l'appui de ses allégations. A l'inverse, le préfet produit en défense un document retraçant seulement trois virements bancaires de 100 euros, 150 euros et 100 euros respectivement en juillet, octobre et décembre 2023 au profit du frère du requérant. Enfin, il ressort des déclarations de M. A qu'il ne connaît pas l'adresse exacte du domicile de ses enfants, et il n'établit pas ni même n'allègue avoir reçu leur visite en détention ni ne fait état de la correspondance qu'il aurait échangée avec eux au cours de son incarcération pour justifier des liens allégués avec ses deux enfants. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale doit être écarté.

18. En huitième et dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

19. Comme mentionné au point 17, M. A ne connaît pas l'adresse exacte de ses deux enfants de nationalité française et ne justifie pas participer à leur entretien et à leur éducation. L'intéressé ne démontre pas davantage l'intensité des liens entretenus avec eux. Dès lors, l'obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas l'intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu'être écarté.

20. Il ressort de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Le présent jugement, qui rejette l'ensemble des conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

22. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement au conseil du requérant de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Ndiaye et au préfet du Calvados.

Copie en sera transmise pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

X. RIVIÈRELa greffière,

Signé

C. BÉNIS

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

C. BÉNIS

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