mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2401490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PAVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2024, M. B D, représenté par Me Pavy, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née du silence gardé par le préfet du Calvados sur sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer sa situation dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps du réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros hors taxe à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il est inscrit en licence Métiers du tourisme, dont les examens se déroulent le 20 juin 2024, avec les délibérations du jury début juillet 2024 ;
- il se voit refuser l'accès à l'emploi en raison de l'absence de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
- la décision attaquée le place dans une situation précaire alors qu'il arrive sur le marché du travail avec deux formations professionnalisantes ;
- il a 21 ans et n'est plus accompagné dans le cadre du contrat jeune majeur.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 11 de l'accord franco-burkinabé dès lors qu'il justifie d'une résidence régulière et ininterrompue de trois ans en France ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet du Calvados qui n'a pas produit d'observations en défense.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 11 juin 2024 sous le n° 2401484 par laquelle M. D demande l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par le préfet du Calvados sur sa demande de titre de séjour.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lebossé, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu les observations :
- de Me Cavelier, substituant Me Pavy, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Il précise que M. D est entré en France à l'âge de 12 ans ; pendant sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, il n'a pu obtenir que tardivement ses documents d'état civil en raison d'un conflit familial ; il n'a plus de contact avec ses parents ;
- de M. D, qui précise qu'il passe son oral de validation de licence le 25 juin 2024.
Le préfet du Calvados n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant burkinabé né le 21 mars 2003 à Mgtedo (Burkina-Faso), est entré en France en août 2015 selon ses déclarations. Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du Calvados à compter du 14 décembre 2015 et jusqu'à sa majorité. Il a bénéficié d'un contrat d'accueil social jeune majeur, renouvelé jusqu'au 30 juin 2023. M. D a déposé le 13 juillet 2023 une demande de titre de séjour et a sollicité en ligne le 14 septembre 2023 la délivrance d'un récépissé. Par la présente requête, M. D demande la suspension de l'exécution de la décision implicite née du silence gardé sur sa demande d'admission au séjour.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé.
3. Le requérant fait valoir qu'il est sur le point d'obtenir sa licence professionnelle Métiers du tourisme, que le refus d'admission au séjour fait obstacle à ses recherches d'emploi alors qu'il a suivi des formations professionnalisantes et qu'il ne bénéficie plus du contrat jeune majeur en raison de son âge. Ainsi, le requérant justifie d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et donc, de l'urgence qui s'attache à ce que soit prononcée une mesure en référé sans attendre le jugement au fond.
En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du jugement en assistance éducative rendu le 14 décembre 2015 par le tribunal pour enfants de A, que M. D, qui est entré en France avec son oncle, a été confié en 2015 aux services de l'aide sociale à l'enfance du Calvados afin de lui assurer une protection physique et psychologique. Son placement a été prolongé sans interruption jusqu'à sa majorité. Il fait valoir, sans que cela soit contesté, qu'il a très peu de contacts avec son père qui réside aux Etats-Unis et qu'il n'a plus de liens avec sa mère qui vit au Burkina-Faso. M. D, qui a bénéficié du renouvellement de son contrat d'accueil social jeune majeur jusqu'à ses 21 ans, a obtenu en juillet 2022 un BTS Tourisme et doit passer le 25 juin 2024 son oral de validation en vue de l'obtention d'une licence professionnelle Métiers du tourisme. Compte tenu de ces éléments, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences du refus de séjour sur la situation personnelle de M. D, est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision implicite du préfet du Calvados refusant de délivrer un titre de séjour à M. D.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Calvados de délivrer à M. D un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Pavy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pavy de la somme de 500 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision implicite du préfet du Calvados refusant de délivrer un titre de séjour à M. D est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Calvados de délivrer à M. D un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Sous réserve que Me Pavy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Pavy une somme de 500 euros sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, à Me Pavy et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Calvados.
Fait à A, le 25 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026