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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2501356

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2501356

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2501356
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre JU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Caen a rejeté la requête de Mme A... contestant le refus de la caisse d’allocations familiales du Calvados de lui accorder une remise gracieuse d’un indu d’aide personnalisée au logement de 897 euros. La magistrate désignée a estimé que l’indu était imputable à l’omission de déclaration de pensions alimentaires par la requérante. Saisi en plein contentieux, le juge a considéré que Mme A... ne justifiait pas, à la date du jugement, d’une situation de précarité suffisante pour justifier une remise, faute de pièces sur ses charges et ressources actuelles. La décision est fondée sur les articles L. 821-1, L. 825-3 et L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que sur l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mai 2025, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 12 mars 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales du Calvados a rejeté sa demande de remise de dette correspondant à un indu d’aide personnalisée au logement d’un montant de 897 euros, pour la période du 1er janvier 2024 au 31 juillet 2024, et sollicite la remise totale de la dette.

Elle soutient que :
- elle aurait dû bénéficier d’une remise de dette compte tenu de l’état de sa situation financière sur la période de l’indu ;
- elle a transmis toutes les informations utiles à l’organisme social.

Par un mémoire enregistré le 3 décembre 2025, la caisse d’allocations familiales du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que la décision attaquée est légalement fondée.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Macaud a été entendu au cours de l’audience publique, à l’issue de laquelle la clôture de l’instruction a été prononcée.


Considérant ce qui suit :

1. La caisse d’allocations familiales du Calvados a notifié à Mme B... A..., le 23 novembre 2024, un indu d’aide personnalisée au logement d’un montant de 897 euros, pour la période du 1er janvier 2024 au 3 juillet 2024. Mme A... a demandé une remise de la dette, le 12 décembre 2024. Par la décision attaquée du 12 mars 2025, la caisse d’allocations familiales a rejeté sa demande.

2. Aux termes de l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation : « Les aides personnelles au logement (…) sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L’aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L’allocation de logement familiale ; b) L’allocation de logement sociale ». L’article L. 825-3 de ce code dispose : « Le directeur de l’organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : (…) 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ». Aux termes de l’article L. 823-9 du même code : « Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d’aide personnelle au logement indûment versés ». Aux termes de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : « Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l’organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ».

3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu d’une allocation versée au titre de l’aide ou de l’action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Il résulte de l’instruction que l’indu d’aide personnalisée au logement en litige est imputable à Mme A... qui a omis de déclarer le montant des pensions alimentaires perçues au titre de l’année 2023. Mme A... expose que sa situation personnelle et financière à cette époque, mère célibataire avec un salaire modeste et deux filles qui poursuivent des études supérieures, devrait lui permettre d’obtenir une remise de dette. En l’espèce, la requérante ne produit pas de pièces justificatives sur l’état actuel de les charges et ressources du foyer et ce, malgré la mesure d’instruction du greffe du tribunal, alors que la caisse d’allocations familiales indique, sans être démentie, que Mme A... disposait de ressources d’un montant de 1 283 euros lors de l’étude de la demande de remise de dette par la commission de recours amiable. Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, la requérante ne peut être regardée, à la date du présent jugement, comme étant dans une situation de précarité telle qu’elle ne puisse faire face au remboursement de l’indu d’aide personnalisée au logement mis à sa charge, Mme A... conservant la possibilité, si elle s’y croit fondée, de demander à la caisse d’allocations familiales un échelonnement de la dette adapté à sa situation financière actuelle.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et à la caisse d’allocations familiales du Calvados.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2026.

La magistrate désignée,
SIGNÉ
A. MACAUD
La greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET



La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


E. Bloyet

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