Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B... qui demandait une injonction au préfet du Calvados de lui délivrer une nouvelle carte de résident avec une adresse rectifiée. Le juge a rappelé, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, qu'il ne peut adresser d'injonctions à l'administration en dehors des cas prévus par la loi. En l'absence de toute demande préalable d'annulation d'une décision de refus, la requête ne pouvait qu'être rejetée. La décision a été prise par ordonnance en application du 4° de l'article R. 222-1 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2025, M. A... B... demande au tribunal d’enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une nouvelle carte de résident rectifiée mentionnant son adresse de domiciliation actuelle.
M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 4 septembre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ». Il résulte des dispositions précitées de l’article L. 911-1 du code de justice administrative qu’en dehors de l’hypothèse où les mesures sollicitées constituent des mesures d’exécution d’une décision rendue par lui, il n’appartient pas au juge administratif d’adresser des injonctions à l’administration.
3. La présente requête tend à ce qu’il soit enjoint, à titre principal, au préfet du Calvados de faire droit à la demande de M. A... B... tendant à la modification des mentions portées sur sa carte de résident et à ce que ce nouveau titre lui soit délivré dans les meilleurs délais. Toutefois, ainsi qu’il vient d’être exposé et en l’absence de toute demande tendant à l’annulation d’une décision par laquelle l’administration aurait refusé de faire droit à cette demande, il n’appartient pas à la juridiction administrative d’adresser des injonctions à l’administration en dehors des cas prévus par la loi. Par suite, la présente requête doit être rejetée comme étant manifestement irrecevable en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Caen, le 2 février 2026.
Le président de la 1ère chambre,
Signé
F. CHEYLAN
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Legrand