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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2502507

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2502507

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2502507
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGONDJE-DJANAYANG

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler l'arrêté préfectoral de la Manche du 3 septembre 2024. Le tribunal a jugé que la décision d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les droits du requérant, notamment au regard des articles L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Les autres moyens, y compris ceux fondés sur la Convention européenne des droits de l'homme, ont également été écartés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 août 2025, M. A... B..., représenté par Me Gondje-Djanayang, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 3 septembre 2024 par lequel le préfet de la Manche a refusé de l’admettre au séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d’office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois mois ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Manche de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d’une semaine à compter de la notification du jugement ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Manche de procéder sans délai à l’effacement du signalement à fin de non-admission dont il fait l’objet dans le système d’information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d’un vice de procédure tenant à la méconnaissance de son droit à être entendu et du principe du contradictoire ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’erreur d’appréciation au regard des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2025, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- aucun des moyens soulevés n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Kremp-Sanchez, conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. A... B..., ressortissant algérien né le 12 avril 1989, déclare être entré en France le 1er janvier 2022 afin d’y solliciter l’asile. Sa première demande a été rejetée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides le 25 avril 2022, de même que sa demande de réexamen le 14 mars 2023, cette décision ayant été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 19 décembre 2023. Par un courrier du 31 juillet 2024, M. B... a été invité par le préfet de la Manche à produire tous les éléments justificatifs permettant à l’administration d’apprécier son droit au séjour. Par un arrêté du 3 septembre 2024, dont M. B... demande l’annulation, le préfet de la Manche a refusé de l’admettre au séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d’office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois mois.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application et indique notamment que la demande d’asile présentée par M. B... a été rejetée, que celui-ci ne peut prétendre à la délivrance d’un titre de séjour sur un autre fondement et que la mesure d’éloignement ne porte pas d’atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Elle comporte ainsi l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, conformément aux articles L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.

En deuxième lieu, d’une part, lorsqu’il présente une demande d’asile, l’étranger, en raison même de l’accomplissement de cette démarche qui tend non seulement à l’octroi d’une protection internationale, mais aussi à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu’en cas de rejet de sa demande, il pourra faire l’objet d’une mesure d’éloignement. À l’occasion de l’enregistrement de sa demande d’asile, laquelle doit en principe faire l’objet d’une présentation personnelle du demandeur en préfecture en vertu de l’article R. 521-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il doit être informé, en application des dispositions de l’article L. 431-2 de ce code, des conditions dans lesquelles il peut solliciter son admission au séjour sur un autre fondement et, le cas échéant, être invité à déposer une telle demande dans le délai fixé par l’article D. 431-7. Il lui est loisible, au cours de la procédure d’asile, de faire valoir auprès de l’autorité compétente une circonstance de fait ou une considération de droit nouvelle, c’est-à-dire un motif de délivrance d’un titre de séjour apparu postérieurement à l’expiration du délai dont il disposait en vertu de l’article D. 431-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le droit de l’intéressé d’être entendu, ainsi satisfait avant qu’il ne soit statué sur sa demande d’asile, n’impose pas à l’autorité administrative de mettre l’intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l’obligation de quitter le territoire français qui est prise, sur le fondement du 4° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsque la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été définitivement refusé ou lorsqu’il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 du même code.

En l’espèce, M. B... a déposé une demande d’asile enregistrée le 19 janvier 2022 au guichet unique de la préfecture du Nord. En vertu des dispositions rappelées au point précédent, il a pu, à cette occasion, faire valoir ses observations. En outre, à la suite du rejet définitif de sa demande de réexamen, le requérant a été invité à produire tous les éléments justificatifs permettant à l’administration d’apprécier son droit au séjour, par un courrier du 31 juillet 2024. S’il ressort des pièces du dossier que le pli a été avisé et n’a pas été réclamé, il n’est pas contesté que le requérant n’avait informé la préfecture de la Manche d’aucun changement d’adresse, de sorte qu’il doit être regardé comme s’étant vu régulièrement notifier ce courrier. M. B..., qui ne pouvait ignorer qu’il était susceptible de faire l’objet d’une mesure d’éloignement compte tenu du rejet de sa demande d’asile, ne fait, au demeurant, pas état d’éléments dont il n’aurait pas pu faire part à l’autorité compétente et qui auraient été susceptibles d’exercer une influence sur la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d’être entendu doit être écarté.

D’autre part, la mesure d’éloignement prise en application des dispositions de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constitue une mesure de police administrative et non une sanction. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général des droits de la défense est inopérant et ne peut qu’être écarté.

En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d’aucune des autres pièces du dossier, que le préfet de la Manche n’aurait pas procédé, ainsi qu’il y est tenu, à un examen complet de la situation personnelle de M. B.... A ce titre, la circonstance que la décision attaquée ne fasse pas état de la situation professionnelle de l’intéressé n’est pas, alors qu’il n’est pas contesté que celui-ci n’en avait pas informé la préfecture de la Manche, de nature à caractériser un défaut d’examen. Par suite, le moyen doit être écarté.

En quatrième lieu, l’allégation de M. B... selon laquelle il ferait l’objet d’une convocation devant les juridictions pénales n’est étayée par aucune des pièces du dossier. Dès lors, et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En dernier lieu, aux termes de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ».

Pour justifier de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d’autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, M. B... soutient qu’il réside sur le territoire national depuis près de cinq ans à la date de la décision attaquée et qu’il est intégré professionnellement. S’il ressort des pièces du dossier que l’intéressé a travaillé à compter du 9 novembre 2023 dans une entreprise d’automobile, cette circonstance ne suffit pas, à elle seule, à caractériser une insertion particulière. Dans ces conditions, alors que le requérant ne fait état d’aucun lien personnel ou familial sur le territoire français, et qu’il a vécu dans son pays d’origine jusqu’à l’âge de 32 ans, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de destination :

En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 612-12 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise qu’il ressort du sens des décisions rendues par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ainsi que de l’ensemble des éléments du dossier qu’il n’est pas établi que M. B... soit susceptible de faire l’objet de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d’origine. Elle comporte ainsi l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, conformément aux articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.

En second lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas illégale, le moyen tiré de l’illégalité, par voie de conséquence, de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ».

La décision attaquée vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise qu’alors même que la présence de M. B... en France ne représenterait pas une menace pour l’ordre public et qu’il ne s’est jamais soustrait à une mesure d’éloignement, il est justifié, au regard de sa durée de présence et de l’absence de liens anciens et solides sur le territoire national, de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois mois. Elle comporte ainsi l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, conformément aux dispositions précitées de l’article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à celles de l’article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.

En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas illégale, le moyen tiré de l’illégalité, par voie de conséquence, de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

En troisième lieu, aux termes de l’article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ». L’article L. 612-10 du même code dispose : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ».

M. B..., qui soutient, sans l’établir, résider habituellement en France depuis près de cinq ans à la date de la décision attaquée, ne fait état d’aucune attache privée ou familiale sur le territoire. Ainsi qu’il a été dit au point 9 du présent jugement, sa seule insertion professionnelle ne suffit pas à caractériser des liens anciens et intenses en France. Dans ces conditions, et quand bien même il n’aurait pas fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement et ne présenterait pas une menace pour l’ordre public, le préfet n’a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de trois mois.

En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation doivent être écartés.

En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir, que M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 3 septembre 2024. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction et celles relatives aux frais d’instance doivent être rejetées.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet de la Manche.

Délibéré après l'audience du 17 mars 2026, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Fanget, conseillère,
- Mme Kremp-Sanchez, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2026.

La rapporteure,
SIGNÉ
M. KREMP-SANCHEZ
La présidente,
SIGNÉ
A. MACAUD



La greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET


La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



E. BLOYET


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