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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2502785

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2502785

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2502785
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCAVELIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A... d'une demande d'injonction visant à obtenir la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail. Le préfet du Calvados ayant délivré le récépissé sollicité le 9 septembre 2025, après l'introduction de la requête, le juge a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions principales. L'ordonnance admet M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et condamne l'État à verser 600 euros à son avocat au titre des frais irrépétibles, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 septembre 2025, M. C... A..., représenté par Me Cavelier, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’ordonner au préfet du Calvados, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 600 euros TTC sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- il a déposé le 31 mai 2023 une demande de renouvellement de titre de séjour « vie privée et familiale » ;
- il a obtenu un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travailler, valable jusqu’au 7 avril 2025 ;
- son récépissé n’a pas été renouvelé en dépit de plusieurs relances ;
- la condition d’urgence est présumée en cas de renouvellement de titre de séjour ;
- les difficultés pour le renouvellement de son titre de séjour ont conduit à la rupture conventionnelle de son contrat de travail ;
- il a obtenu une promesse d’embauche pour un poste de carrossier-peintre ;
- en application de l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il peut prétendre à un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travailler ;
- en refusant de renouveler son récépissé, le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d’appréciation.


Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2025, le préfet du Calvados conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que ses services ont généré le 9 septembre 2025 un récépissé de demande de titre de séjour.

Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2025, M. A... demande de constater le non-lieu à statuer sur ses conclusions aux fins d’injonction et déclare maintenir sa demande de frais exposés et non compris dans les dépens.

M. C... A... a déposé le 15 septembre 2025 une demande d’aide juridictionnelle.

La présidente du tribunal a désigné M. B... pour statuer sur les demandes de référé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Sur la demande d’aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. (…) ». Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’accorder à M. C... A... le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Saisi sur ce fondement d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Il ressort de l’extrait de l’Application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France (AGDREF) versé au dossier que le requérant a obtenu le 9 septembre 2025, postérieurement à l’introduction de la requête, un récépissé de demande de titre de séjour. Dès lors, les conclusions aux fins d’injonction présentées par M. A... sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Il n’y a plus lieu d’y statuer.

Sur les frais liés à l’instance :

4. M. A... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 600 euros à verser à Me Cavelier en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l’Etat. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à M. A....



O R D O N N E :

Article 1er : M. A... est admis à titre provisoire à l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. A... sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 : L’Etat versera la somme de 600 euros à Me Cavelier en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l’Etat. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à M. A....

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A..., à Me Cavelier et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Calvados et au bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.

Fait à Caen, le 22 décembre 2025.


Le juge des référés,

Signé


F. B...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,


E. Legrand


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