Le Tribunal administratif de Caen, statuant par ordonnance, rejette la requête de M. A... B... comme étant manifestement irrecevable. Le requérant, qui contestait une décision pénitentiaire, n'avait pas joint l'acte attaqué à sa requête et n'avait formulé aucune conclusion ni moyen, malgré une mise en demeure de régulariser. La juridiction a appliqué les articles R. 222-1, R. 412-1 et R. 411-1 du code de justice administrative pour constater cette irrecevabilité non couverte.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2025, M. A... B... conteste une décision du 26 novembre 2025 prise par la direction du centre de détention d’Argentan à la suite d’un incident survenu le 26 octobre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) » ;
2. Aux termes de l’article R. 412-1 du code de justice administrative : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. ». Enfin, aux termes de l’article R. 411-1 de ce code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. / L’auteur d’une requête ne contenant l’exposé d’aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d’un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu’à l’expiration du délai de recours. ». Au sens de ces dispositions, une conclusion est une demande présentée au juge et un moyen doit s’entendre de tout raisonnement juridique mêlant le fait et le droit, formulé utilement à l’appui d’une conclusion.
3. Par une lettre du 5 décembre 2025, expédiée sous pli recommandé avec avis de réception à l’adresse fournie par le requérant, le tribunal a invité M. A... B... à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en produisant la décision qu’il entend contester et en assortissant sa requête de conclusions et de moyens venant à leur soutien. Le pli contenant cette lettre a été remis à M. B... le 8 décembre 2025 ainsi qu’en atteste le certificat de notification par voie administrative daté du même jour. Par suite, en l’absence de régularisation dans le délai imparti, la requête présentée par M. B..., qui est manifestement irrecevable, doit être rejetée en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Caen, le 2 avril 2026.
Le président de la 1ère chambre,
Signé
F. CHEYLAN
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Legrand