vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat statuant seul |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juin 2021, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'évaluation professionnelle dont il a fait l'objet au titre de l'année 2021 ;
2°) de constater l'illégalité de son rappel durant sa période de congés planifiés.
Il soutient que :
- la procédure préalable prévue par l'article 4 du décret du 28 juillet 2010 n'a pas été respectée ;
- alors qu'il est au 10ème échelon du premier grade du corps de commandement, son évaluateur aurait dû aborder ses perspectives d'avancement au grade supérieur, ce qui n'a pas été le cas, en infraction avec l'alinéa 7 de l'article 3 du décret du 10 juillet 1988 ;
- bien que son engagement professionnel ait été reconnu, la note chiffrée est restée stable à 5/7 ;
- il en va de même s'agissant des items " capacités d'analyse et esprit de synthèse " pour lesquels les objectifs ont été atteints, maintenus à 5 et 4 ;
- l'évaluation de l'item " disponibilité et implication dans le travail " a été portée de 5 à 6, mais les items " initiative et sens des responsabilités ", " aptitude au travail en équipe " sont restés stables à 5 et à 4, alors qu'ils sont également en relation étroite avec le premier, ce qui a été démontré par le fait qu'il a été rappelé au service durant ses congés planifiés et que le fait d'accepter de retourner travailler dans une telle situation démontre sa volonté de s'impliquer dans un travail d'équipe ;
- les appréciations portées sur sa manière de servir visent à maintenir inchangée la note chiffrée pour nuire à son avancement.
Vu les autres pièces du dossier.
Par courrier du 13 novembre 2024, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que le tribunal constate l'illégalité du rappel au service de M. B durant quatre jours au mois de janvier 2021.
Par un mémoire enregistré le 13 novembre 2024, M. B a fait connaître que la circonstance qu'il ne s'est pas opposé, comme il l'aurait pu, à ce rappel au service aurait justifié une augmentation de la pondération de sa notation correspondant aux items relatifs à la disponibilité et au professionnalisme.
Vu :
- l'ordonnance du 10 mars 2022 par laquelle le président du tribunal a fixé la clôture de l'instruction au 11 avril 2022 à 12H00.
Le ministre de l'intérieur a produit un mémoire en défense qui, enregistré le 22 novembre 2024, n'a pas été communiqué.
M. B a produit un mémoire enregistré le 6 décembre 2024, qui n'a pas été communiqué.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2010-888 du 20 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Alfonsi, président honoraire, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Alfonsi, magistrat désigné,
- et les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. B, capitaine de la police nationale affecté au groupement interministériel de recherche d'Ajaccio, demande au tribunal, d'une part, d'annuler l'évaluation professionnelle dont il a fait l'objet au titre de l'année 2021 et, d'autre part, de constater l'illégalité de son rappel au service les 7, 8, 9 et 10 janvier 2021 alors qu'il était en position de congés annuels planifiés.
Sur les conclusions dirigées contre la notation de l'année 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 28 juillet 2010 : " L'entretien professionnel porte principalement sur : () // 7° Ses perspectives d'évolution professionnelle en termes de carrière et de mobilité. // Lorsque le fonctionnaire a atteint, depuis au moins trois ans au 31 décembre de l'année au titre de laquelle il est procédé à l'évaluation, le dernier échelon du grade dont il est titulaire et lorsque la nomination à ce grade ne résulte pas d'un avancement de grade ou d'un accès à celui-ci par concours ou promotion internes, ses perspectives d'accès au grade supérieur sont abordées au cours de l'entretien et font l'objet d'une appréciation particulière du supérieur hiérarchique dans le compte rendu de cet entretien mentionné à l'article 4. Ces dispositions sont applicables aux agents en position de détachement, aux agents intégrés à la suite d'un détachement ou directement intégrés, qui n'ont bénéficié, depuis leur nomination au sein de leur administration, établissement ou collectivité territoriale d'origine, d'aucune promotion ni par voie d'avancement ni par voie de concours ou de promotion internes. () ". Seuls sont concernés par ces dispositions les fonctionnaires titulaires d'un grade dans lequel ils ont été nommés par une autre voie que par avancement de grade ou par concours ou promotion interne. Il suit de là que M. B, titulaire du grade de capitaine de police auquel il a accédé par promotion interne, n'est pas fondé à soutenir que son évaluateur s'est irrégulièrement abstenu d'évoquer ses perspectives de promotion au grade de commandant de police au cours de son entretien professionnel.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du décret du 28 juillet 2010 : " Le compte rendu de l'entretien professionnel est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct du fonctionnaire. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de ce dernier. // Il est communiqué au fonctionnaire qui le complète, le cas échéant, de ses observations. () ". Contrairement à ce que soutient M. B, ces dispositions impliquent que le document qui doit être établi et signé par le supérieur hiérarchique qui a conduit l'entretien professionnel est le compte-rendu de cet entretien, qui ne peut donc être rédigé qu'après que cet entretien a eu lieu, et non préalablement à ce dernier, le fonctionnaire concerné étant éventuellement amené à compléter ce compte-rendu après qu'il lui a été communiqué.
4. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la note globale de 5, soit " très bon ", attribuée à M. B pour l'année 2021, n'est pas en contradiction manifeste avec les appréciations littérales positives portées sur sa manière de servir par ses évaluateurs du premier et deuxième niveau, la circonstance que les évaluations chiffrées de certains des items d'appréciation ont été inférieures à celles qu'il espérait obtenir n'étant pas de nature à établir que l'autorité hiérarchique aurait, en l'espèce, entaché d'une erreur manifeste l'appréciation qu'elle a portée sur ses qualités professionnelles ni, en tout état de cause, que de telles évaluations seraient entachées de détournement de pouvoir en ce qu'elles auraient été délibérément minorées afin de nuire à ses perspectives d'évolution de carrière.
Sur les conclusions dirigées contre le rappel au service au mois de janvier 2021 :
5. Il n'appartient pas à la juridiction administrative de procéder à la constatation d'une situation. Il suit de là que les conclusions de M. B tendant à ce que le tribunal constate l'illégalité de son rappel au service durant quatre jours au mois de janvier 2021 alors qu'il était en situation de congés planifiés ne sont pas recevables.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
J.-F. ALFONSI
La greffière,
Signé
H. NICAISE
La République mande et ordonne au préfet de la Corse du sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
La greffière,
Signé
H. NICAISE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026