vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat statuant seul |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 21 juin 2021 et le 1er février 2024, Mme B A demande au tribunal :
- de relever l'incompétence de l'auteur de certaines des mentions relatives à son appréciation professionnelle de l'année 2020 portées par la supérieure hiérarchique en réponse au recours dont elle l'avait saisie contre son évaluation ;
- d'annuler la décision de refus de saisine de la commission administrative paritaire locale que lui a opposée sa supérieure hiérarchique ;
- d'ordonner à l'administration de supprimer les mentions litigieuses de son évaluation, notamment celles qui sont relatives à son comportement.
Elle soutient que :
- bien que non signée, sa requête, transmise par voie électronique, est recevable ;
- contrairement à ce que fait valoir l'administration, sa requête comporte des conclusions et moyens suffisamment intelligibles ;
- l'entretien d'évaluation a été mené par une personne qui n'est pas sa supérieure hiérarchique directe ;
- les mentions relatives à son comportement et à son autonomie sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- en ce qu'elles se réfère à sa situation médicale, ces mentions sont entachées d'erreur de droit ;
- à l'occasion de son recours hiérarchique, il lui a été indiqué que les mentions portées par l'autorité hiérarchique étaient insusceptibles de recours devant la commission administrative paritaire ; il s'agit d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête n'est pas recevable, faute d'être signée, et de comporter l'identification et l'adresse des parties ; elle présente en outre des conclusions ambiguës et confuses ;
- elle contient également des conclusions à fin d'injonction qui ne sont pas recevables, le juge ne pouvant adresser des injonctions à l'administration que dans les cas prévus aux articles L.911-1 et L.911-2 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2010-888 du 20 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Alfonsi, président honoraire, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Alfonsi, magistrat désigné,
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête visée ci-dessus, Mme A, inspectrice des finances publiques affectée à la direction régionale des finances publiques de Corse-du-Sud où elle exerce les fonctions de responsable de la cellule " qualité comptable " au sein de la mission " risques et audit ", doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler son évaluation professionnelle de l'année 2020 ainsi que la décision du 21 avril 2021 par laquelle la directrice régionale des finances publiques a rejeté son recours hiérarchique contre cette évaluation, et d'enjoindre à l'administration de supprimer certaines des mentions portées dans cette évaluation.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, les dispositions des articles R. 414-2 et suivants du code de justice administrative permettent de dispenser l'auteur d'une requête de signer cette dernière lorsque, comme en l'espèce, le tribunal a été saisi par voie électronique via le téléservice dédié accessible par le réseau internet. Il suit de là que le ministre n'est pas fondé à faire valoir que la requête de Mme A, par ailleurs parfaitement identifiable, est irrecevable faute de comporter sa signature.
3. En second lieu, et contrairement encore à ce que fait valoir la défense, les conclusions présentées par Mme A, qui peuvent être interprétées comme il a été dit au point 1, ne peuvent être regardées comme confuses ou inintelligibles.
Sur les conclusions dirigées contre l'évaluation professionnelle de Mme A :
4. Aux termes de l'article 2 du décret susvisé du 20 juillet 2010 : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. //
Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. ()". Il est constant que l'entretien professionnel de Mme A a été conduit par Mme D, alors qu'il ressort des pièces du dossier et, notamment, de l'organigramme du service, que cette dernière, affectée au pôle " fiscalité, expertise et comptes publics ", n'est pas la supérieure hiérarchique directe de Mme A, qui est, d'après les indications de ce même organigramme, Mme C, directrice régionale des finances publiques.
5. Il résulte de ce qui vient d'être dit, d'une part, que l'entretien professionnel de Mme A a été conduit par une autorité incompétente et, d'autre part, que Mme C, supérieure hiérarchique directe de Mme A, ne pouvait être regardée comme l'autorité hiérarchique, mentionnée à l'article 4 du décret du 20 juillet 2010, habilitée à viser le compte-rendu de cet entretien en formulant, le cas échéant, ses propres observations ni, par suite, comme l'autorité hiérarchique habilitée à statuer sur le recours présenté par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article 6 de ce même décret.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler l'évaluation professionnelle de Mme A au titre de l'année 2020 ainsi que la décision du 21 avril 2021 par laquelle la directrice régionale des finances publiques a rejeté son recours hiérarchique contre cette évaluation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Les conclusions de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de supprimer certaines des appréciations portées sur sa manière de servir sont dépourvues d'objet dès lors que, par l'effet du présent jugement, son évaluation professionnelle, en ce compris l'ensemble des appréciations qui y sont portées, est entièrement annulée.
D E C I D E :
Article 1er : L'évaluation professionnelle de Mme A au titre de l'année 2020 et la décision du 21 avril 2021 par laquelle la directrice régionale des finances publiques a rejeté son recours hiérarchique contre cette évaluation sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
J.-F. ALFONSI
La greffière,
Signé
H. NICAISE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
La greffière,
Signé
H. NICAISE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026