mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200090 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MONTANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 janvier, le 4 juillet 2022, le 30 septembre 2022 et les 26 janvier et 15 juin 2023, la société immobilière du grand soleil, représentée par Me Montane, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la mise en demeure de la direction départementale des finances publiques de la Corse-du-Sud, en date du 28 octobre 2021, de payer la somme de 363 035 euros correspondant à la taxe d'aménagement et à la redevance d'archéologie préventive ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que l'action engagée par la direction départementale des finances publiques de la Corse-du-Sud est prescrite.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 mai, 8 juillet et 10 octobre 2022 et les 8 février et 22 juin 2023, la direction départementale des finances publiques de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par la société requérante n'est pas fondé.
Par un mémoire, enregistré le 1er juin 2022, la direction départementale des finances publiques du Vaucluse doit être regardée comme concluant à sa mise hors de cause.
Elle soutient que le comptable en cause est la direction régionale des finances publiques de Corse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les 28 et 29 septembre 2015, la direction départementale des territoires et de la mer de la Corse-du-Sud a émis à l'encontre de la société immobilière du grand soleil trois titres de perception, pour la somme totale de 344 796 euros, pour le recouvrement de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive. Le 28 octobre 2021, la direction départementale des finances publiques de la Corse-du-Sud lui a adressé une mise en demeure tenant lieu de commandement de payer pour la somme de 363 035 euros. La société immobilière du grand soleil demande au tribunal d'annuler cette mise en demeure.
2. Aux termes de l'article L. 331-29 du code de l'urbanisme relatif à la taxe d'aménagement, dans sa version alors en vigueur : " L'action en recouvrement se prescrit par cinq ans à compter de l'émission du titre de perception ". Il en va de même de l'action en recouvrement de la redevance d'archéologie préventive, en application de l'article L. 524-8 du code du patrimoine, dans sa version alors applicable. En outre, il résulte de ces dispositions que le délai de prescription commence à courir à compter de l'émission du titre et non de la date de délivrance du permis de construire. Cette prescription peut être interrompue par des actes de poursuite, des actes de reconnaissance de la dette émanant du contribuable ou des paiements.
3. En l'espèce, il est constant que la société immobilière du grand soleil n'a pas reconnu la dette émanant des titres de perception des 28 et 29 septembre 2015 relatifs au recouvrement de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive. Si l'administration fiscale fait valoir qu'une mise en demeure adressée à la société requérante le 28 novembre 2017 aurait interrompu la prescription quinquennale fixée par les dispositions citées au point 2, elle n'en rapporte pas la preuve en se bornant à se prévaloir de l'information qui en a été faite à l'intéressée par l'application de recouvrement " RPI - Perceval ". Il en va de même de la mise en demeure du 25 mars 2016 à l'égard de laquelle il n'est ni établi ni même allégué qu'elle aurait été notifiée à l'intéressée. Enfin, si l'administration se prévaut de saisies à tiers détenteur en date des 15 et 16 juin 2021, ces dernières sont en tout état de cause, postérieures aux dates auxquelles sont intervenues les prescriptions quinquennales des créances, les 28 et 29 septembre 2020. Il suit de là que la société requérante est fondée à soutenir qu'à la date du commandement de payer du 28 octobre 2021, l'action en recouvrement était prescrite.
4. Il résulte de ce qui précède que la société immobilière du grand soleil est fondée à demander l'annulation de la mise en demeure du 28 octobre 2021.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société immobilière du grand soleil et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La mise en demeure du 28 octobre 2021 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à la société immobilière du grand soleil une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société immobilière du grand soleil et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Vaucluse et au directeur départemental des finances publiques de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente ;
M. Martin, premier conseiller ;
Mme Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
A. BAUX
La greffière,
Signé
H. NICAISE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026