LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2400370

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2400370

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2400370
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS CADOZ - LACROIX - REY - VERNE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia a annulé l'arrêté du 4 octobre 2023 par lequel le maire de Ventiseri a refusé un permis de construire à la SAS Ventiseri Distribution pour l'extension d'une surface commerciale. Le tribunal a jugé que le refus, fondé sur le cahier des charges de cession des terrains, était entaché d'une erreur de droit, ce document ayant un caractère contractuel et non réglementaire, et ne pouvant être opposé à une demande d'autorisation d'urbanisme. En conséquence, le tribunal a enjoint au maire de délivrer le permis de construire sollicité. Cette décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 avril 2024 et le 26 février 2025, la SAS Ventiseri Distribution, représentée par Me Muscatelli, demande au tribunal :

1°) d’annuler :
- à titre principal, l’arrêté du 4 octobre 2023 par lequel le maire de la commune de Ventiseri a refusé de lui délivrer un permis de construire pour une extension de 679 m2 d’une surface commerciale sur une parcelle cadastrée section B n° 793 située dans la zone artisanale au lieudit « Travu » ;
- à titre subsidiaire, la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) d’enjoindre au maire de la commune de Ventiseri, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard :
- à titre principal, de lui délivrer le permis sollicité,
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Ventiseri la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d’une erreur de droit ;
- elle est entachée d’une erreur de fait.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2025, la commune de Ventiseri, représentée par la SELARL Itinéraires Avocats, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 octobre 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 17 novembre suivant.

Le 2 février 2026, la commune de Ventiseri a été invitée, en application de l’article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire l'avis conforme du représentant de l’État en date du 17 juillet 2023.

En réponse, le 2 février 2026, la commune de Ventiseri a produit la pièce sollicitée qui a été immédiatement communiquée à la société requérante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud ;
- les conclusions de M. Martin, rapporteur public ;
- les observations de Me Silvestri, représentant la SAS Ventiseri Distribution et de Me Plénet, représentant la commune de Ventiseri.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Ventiseri Distribution a déposé le 22 juin 2023 une demande de permis de construire pour une extension de 679 m2 d’une surface commerciale sur une parcelle cadastrée section B n° 793 située dans la zone artisanale au lieudit « Travu », sur le territoire de la commune de Ventiseri. Par un arrêté du 4 octobre 2023, le maire de cette commune a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité. Le 7 décembre 2023, la société requérante a introduit un recours gracieux. La SAS Ventiseri Distribution demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 4 octobre 2023, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser l’autorisation en litige, le maire de la commune de Ventiseri a estimé que la société requérante ne pouvait développer des activités non conformes aux attributions des lots nos 3, 4 et 5, en application du cahier des charges de cession des terrains. Toutefois, ce document, annexé à l’acte de vente, qui présente un caractère contractuel et non réglementaire ne peut être opposé aux demandes d’autorisation d’urbanisme. Par suite, la société Ventiseri Distribution est fondée à soutenir que le maire a commis une erreur de droit en lui opposant la non-conformité de son projet à la destination des lots nos 3, 4 et 5 sur le fondement de ce cahier des charges.

3. Il résulte de ce qui précède que l’arrêté attaqué se fonde exclusivement sur le cahier des charges de cession des terrains, dont il tire nécessairement ses motifs, de sorte que le requérant est fondé à en demander l’annulation. Pour l’application de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, l’autre moyen invoqué n’est pas susceptible, en l’état du dossier, de fonder cette annulation.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

4. Lorsque le juge annule un refus d’autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l’ensemble des motifs que l’autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l’article L. 424-3 du code de l’urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu’elle a pu invoquer en cours d’instance, il doit, s’il est saisi de conclusions à fin d’injonction, ordonner à l’autorité compétente de délivrer l’autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n’en va autrement que s’il résulte de l’instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l’article L. 600-2 demeurent applicables à la demande, interdisent de l’accueillir pour un motif que l’administration n’a pas relevé, ou que, par suite d’un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L’autorisation d’occuper ou utiliser le sol délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu’ils puissent se voir opposer les termes du jugement ou de l’arrêt.

5. Le présent jugement censure l’unique motif opposé par le maire de la commune de Ventiseri à la demande de permis de construire déposée par la société Ventiseri Distribution. Il ne résulte pas de l’instruction que des dispositions d’urbanisme opposables à cette demande interdiraient de prononcer une injonction ou que la situation de fait existant à la date du présent jugement y ferait obstacle. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre à la commune de Ventiseri de délivrer à cette société le permis de construire sollicité, dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Ventiseri Distribution, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Ventiseri demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Ventiseri une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Ventiseri Distribution et non compris dans les dépens.







D E C I D E :

Article 1er : L’arrêté du maire de Ventiseri du 4 octobre 2023 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Ventiseri de délivrer à la société Ventiseri Distribution le permis de construire sollicité dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Ventiseri versera à la société Ventiseri Distribution une somme de
1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Ventiseri présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Ventiseri et à la SAS Ventiseri Distribution.

Copie sera adressée au préfet de la Haute-Corse.

Délibéré après l'audience du 6 février 2026 à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,
Mme Zerdoud, conseillère,
M. Samson, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2026.


La présidente,
Signé
A. Baux

La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud


La greffière,

Signé

R. Alfonsi

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Une greffière,


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions