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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2400996

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2400996

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2400996
TypeOrdonnance
RecoursAutorisation
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B qui demandait d’enjoindre au préfet de la Haute-Corse de lui délivrer une autorisation de tirs de nuit sur des sangliers hybrides et de faire intervenir l’Office français de la biodiversité pour constater des dégradations sur sa propriété. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, dès lors que M. B était encore dans l’attente d’une réponse de l’administration à sa demande préalable du 6 août 2024 et n’établissait aucune urgence particulière justifiant une intervention judiciaire avant cette décision. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 août 2024, M. A B demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet de la Haute-Corse de lui permettre de protéger sa propriété privée et la biodiversité en lui délivrant une autorisation de tirs de nuit sur les animaux destructeurs et de faire constater l'état d'érosion des sols par l'Office français de la biodiversité (OFB) ainsi que les préjudices qui en résultent ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en présence d'une forte dégradation du foncier et de l'érosion des sols arborés du fait d'une surpopulation de sangliers hybrides, il a, le 6 août 2024, saisi le préfet de la Haute-Corse afin qu'il agisse en urgence et a notamment sollicité d'une part, l'autorisation d'abattre de nuit des sangliers croisés avec des porcs domestiques élevés en liberté et d'autre part, l'intervention de l'OFB pour constater les dégradations et les préjudices qui en résultent ;

- cette demande est justifiée par les importants dégâts occasionnés, essentiellement de nuit, sur le sol en forte déclivité et les murs en pierres sèches érigés pour maintenir les terres arables ;

- ces dégradations peuvent aller jusqu'à la perte d'arbres et de leurs fruits et au regard de cette population animale, les rivières et les fleuves ne sont pas à l'abri de pollutions.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " Saisi sur le fondement de cet d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. D'autre part, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. En l'espèce, si M. B demande au juge des référés d'ordonner au préfet de la Haute-Corse de lui permettre de protéger sa propriété privée et la biodiversité en lui délivrant une autorisation de tirs de nuit sur les animaux destructeurs et de faire constater l'état d'érosion des sols par l'Office français de la biodiversité (OFB) ainsi que les préjudices qui en résultent, il résulte des termes mêmes de la requête que l'intéressé a, le 6 août 2024, saisi les services préfectoraux afin qu'ils agissent, en urgence, et a ainsi sollicité d'une part, l'autorisation d'abattre de nuit des sangliers croisés avec des porcs domestiques élevés en liberté et d'autre part, l'intervention de l'OFB pour constater les dégradations et les préjudices qui en résultent. Par suite, dès lors qu'à la date d'introduction de la requête, M. B est dans l'attente d'une réponse de l'administration et qu'il ne fait par ailleurs état d'aucune urgence particulière justifiant que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qui lui sont conférés par les dispositions rappelées au point 1, avant que le préfet de la Haute-Corse se prononce sur sa demande, il s'ensuit que la condition d'urgence imposée par l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, en ce comprises ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Corse.

Fait à Bastia, le 20 août 2024.

La juge des référés,

Signé

A. Baux

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition,

Une greffière,

Signé

H. Nicaise

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