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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2501558

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2501558

jeudi 13 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2501558
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGIANSILY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise médicale à la demande de Mme A..., agent victime de plusieurs accidents de service et d'une maladie professionnelle. La mesure a été jugée utile dans la perspective d'une future action en indemnisation. L'expert désigné devra évaluer l'ensemble des préjudices subis, établir les liens de causalité avec les événements déclarés, et déterminer les taux d'incapacité temporaire et permanente.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 9 octobre 2025, Mme C... A..., représentée par Me Giansily, demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale afin de déterminer les préjudices qu’elle estime avoir subis à la suite des accidents de service dont elle a été victime les 1er janvier 2001, 19 mai 2005 et 24 octobre 2019, et de la maladie professionnelle dont elle souffre.

Elle soutient qu’une expertise est utile dans la perspective d’une action en indemnisation.

La requête a été communiquée au centre hospitalier de Bastia, qui n’a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (...) ».

Dans la perspective d’une action en responsabilité, la mesure d’expertise sollicitée en vue d’évaluer les préjudices personnels subis par Mme A..., victime d’accidents imputables au service, et souffrant d’une maladie professionnelle, n’est pas dépourvue d’utilité. Il y a lieu, en conséquence, d’y faire droit et de fixer la mission de l’expert comme il est précisé à l’article 1er de la présente ordonnance.






ORDONNE :

Article 1er : M. B... D..., inscrit sur la liste des experts auprès de la cour d’appel de Bastia, demeurant cabinet d’expertise médicale, 647 avenue de la Libération à Bastia (20600) est désigné avec pour mission de :

1°) se faire communiquer tous les documents médicaux utiles à sa mission ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l’examen sur pièces du dossier médical de Mme A... ainsi qu’éventuellement à son examen clinique ;

2°) décrire l’état de santé actuel de Mme A... et ses antécédents médicaux ;

3°) préciser l’origine des affections dont se plaint Mme A..., et dire si elles sont en relation directe et certaine avec les accidents de service des 1er janvier 2001, 19 mai 2005 et 24 octobre 2019 et sa maladie professionnelle, et, le cas échéant, dans quelle proportion (exprimée en pourcentage) ;

4°) dire si l’état de santé de Mme A... a entraîné une incapacité temporaire partielle et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;

5°) indiquer à quelle date l’état de santé de Mme A... peut être considéré comme consolidé ; préciser s’il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l’affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable à la seule activité professionnelle de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l’intéressée ; dans le cas où cet état de santé ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l’importance ;

6°) donner son avis sur l’existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique temporaire et permanent, préjudice d’agrément) et le cas échéant, en évaluer l’importance ;

7°) recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l’examen des questions précédemment définies.

L’expert disposera des pouvoirs d’investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l’accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L’expert accomplira la mission définie à l’article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l’autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Les opérations d’expertise auront lieu contradictoirement entre Mme A..., la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse, et le centre hospitalier de Bastia.

Article 4 : L’expert avertira les parties conformément aux dispositions de l’article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 5 : L’expert déposera son rapport au greffe du tribunal dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l’expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique. L’expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 6 : Les frais et honoraires de l’expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l’ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A..., au centre hospitalier de Bastia, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse et à M. B... D..., expert.

Fait à Bastia, le 13 novembre 2025.

La présidente du tribunal,

signé

A. Baux




La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,




H. Mannoni




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