LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2501782

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2501782

vendredi 12 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2501782
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSOLINSKI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia, saisi en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de la décision du 14 novembre 2025 par laquelle le préfet de Corse-du-Sud a refusé le regroupement familial de M. A... avec son épouse. Le juge a retenu que la condition d'urgence était caractérisée par la séparation prolongée du couple depuis 2021 et la dégradation de l'état de santé du requérant. Il a également estimé que le moyen tiré de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée, le préfet ayant reproduit un motif déjà censuré par un précédent jugement, était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Solinski, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 14 novembre 2025 par laquelle le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a rejeté sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de son épouse, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de faire droit à sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de son épouse, sans délai et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 4 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- sa requête est recevable ;

- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il a déposé sa demande de regroupement familial, pour la première fois, en 2021 et qu’il vit, depuis cette date, séparé de son épouse ; qu’en outre, ainsi qu’il en justifie, son état de santé s’est dégradé du fait de cette séparation ; que cette urgence a été confirmée par les précédentes ordonnances de référé du tribunal, les 13 août, 26 septembre et 28 octobre 2025 ;

- sont, en l’état de l’instruction, propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés de ce que :
. alors que la première décision de refus de regroupement familial a été annulée par un jugement du tribunal du 28 mars 2025, la décision attaquée y est en tous points similaire ; par suite, en se bornant à faire état de son signalement au fichier TAJ alors que le tribunal a jugé que ces inscriptions n’étaient pas, en l’espèce, de nature à justifier un refus de regroupement familial, dès lors notamment qu’il verse au débat un jugement définitif de relaxe et qu’il n’existe aucune circonstance de fait ou de droit nouvelle, le préfet a méconnu le principe de l’autorité de la chose jugée ;
. le doute sur la légalité de la décision attaquée a été constaté dans l’ordonnance du tribunal du 13 août 2025 ;
. en outre, la décision en litige est entachée d’une insuffisance de motivation ;
. elle est entachée d’une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l’administration précise que les conditions relatives aux ressources et au logement sont satisfaites et se borne à rappeler les inscriptions du requérant au fichier TAJ, ce qui n’entre pas dans le champ d’application des dispositions de l’article L. 411-5, 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
. en outre, il conteste sérieusement avoir commis les infractions en cause ; il s’agit de plaintes déposées par sa précédente épouse alors qu’il était séparé de corps et que ces plaintes ont été classées sans suite ; que s’agissant de l’inscription du 2 février 2018, les faits ont fait l’objet d’un jugement de relaxe prononcé par le tribunal correctionnel de Bastia, confirmé par un arrêt de la Cour d’appel de Bastia ;
. la décision attaquée est entachée d’un vice de procédure en l’absence de saisine préalable des services de gendarmerie et du procureur de la République et sans qu’il soit justifié, en méconnaissance des articles 230-8 et R. 40-29 du code de procédure pénale, que l’agent ayant procédé à la consultation du fichier TAJ ait été préalablement habilité.

La requête a été communiquée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud qui n’a pas présenté d’observations.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 novembre 2025 sous le n° 2501783 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Baux a été entendu, au cours de l’audience publique, en présence de Mme Bindi, greffière.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience, à 10 h 35.

Considérant ce qui suit :

1. M. A..., né le 13 mai 1981, de nationalité tunisienne, a déposé, le 3 février 2021, une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse. Par une décision du 2 janvier 2023, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a rejeté sa demande. Par un jugement du 28 mars 2025, le tribunal a annulé cette décision, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux de l’intéressé. Le 10 avril 2025, M. A... a déposé une nouvelle demande de regroupement familial, au bénéfice de son épouse, qui a été rejetée par une décision du 8 juillet 2025 du préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud. Par une ordonnance du 13 août 2025, le juge des référés du tribunal a suspendu l’exécution de cette décision et a enjoint au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de procéder au réexamen de la demande de M. A..., dans un délai d’un mois à compter de sa notification. En exécution de cette ordonnance, par une troisième décision en date du 29 août 2025, l’autorité préfectorale a, une nouvelle fois, rejeté la demande de regroupement familial présentée par M. A... au bénéfice de son épouse. L’exécution de cette décision a été suspendue par une nouvelle ordonnance du tribunal, le 26 septembre 2025. En exécution de cette dernière ordonnance, le 3 octobre 2025, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a pour la quatrième fois, refusé à M. A... le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse. Par une ordonnance du 27 octobre 2025, le juge des référés du tribunal a de nouveau, suspendu l’exécution de cette décision. Enfin, en exécution de cette ordonnance, par la décision du 14 novembre 2025, dont M. A... demande au tribunal de prononcer la suspension de l’exécution jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité, l’autorité administrative a rejeté sa demande de regroupement familial.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ».

3. En premier lieu, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d’un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour caractériser l’existence d’une situation d’urgence, M. A... fait état de ce qu’il, a déposé sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, depuis le 3 février 2021, de ce que si par une décision du 2 janvier 2023, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a rejeté cette demande, cette décision a été annulée par le tribunal, le 28 mars 2025. En suivant, en dépit du réexamen auquel il devait procéder, l’autorité préfectorale a rejeté sa demande par quatre fois, l’exécution de chacune des précédentes décisions de rejet de sa demande ayant suspendue par le juge des référés du tribunal. Ainsi, le requérant soutient que remplissant l’ensemble des conditions prévues par les dispositions susmentionnées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il demeure cependant toujours séparé de son épouse et ce, depuis plus de quatre années à la date de la nouvelle décision dont il sollicite la suspension de l’exécution. Par suite, alors que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud auquel la requête de M. A... a été communiquée n’a produit aucune observation et ne s’est pas fait représenter à l’audience, il y a lieu de considérer, qu’en l’espèce, la condition d’urgence prévue par les dispositions susmentionnées de l’article L. 521-12 du code de justice administrative est remplie.
5. En l’état de l’instruction les moyens tirés de la méconnaissance de l’autorité de la chose jugée, de l’erreur de fait et de l’erreur d’appréciation, du vice de procédure tiré de la méconnaissance des dispositions des articles 230-8 et R. 40-29 du code de procédure pénale sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Les deux conditions requises par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies en l’espèce. Il y a lieu, dès lors, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 14 novembre 2025, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité.

7. Dans les circonstances de l’espèce et eu égard aux motifs de la présente ordonnance, il y a lieu d’enjoindre au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de procéder au réexamen de la demande de regroupement familial présentée par M. A... au bénéfice de son épouse, dans un délai de quinze jours et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la présente ordonnance.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à M. A... d’une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :

Article 1er : L’exécution de la décision du 14 novembre 2025 par laquelle le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a refusé de faire droit à la demande de regroupement familial de M. A... au bénéfice de son épouse est suspendue, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de procéder au réexamen de la demande de regroupement familial présentée par M. A... au bénéfice de son épouse, dans un délai de quinze jours et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : L’Etat versera à M. A... la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.


Fait à Bastia, le 12 décembre 2025.


La juge des référés,


Signé
A. Baux



La greffière,


Signé

M. Bindi



La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Une greffière,





Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions