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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2600358

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2600358

mercredi 18 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2600358
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bastia, statuant en référé, a suspendu l'exécution d'un permis de construire délivré par le maire de Lecci. Le préfet soutenait que l'autorisation, concernant une maison individuelle, méconnaissait une prescription du plan local d'urbanisme imposant la résidence principale pour les nouvelles constructions. Le juge a estimé que ce moyen était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'acte, justifiant sa suspension en application de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 24 février 2026, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 22 décembre 2025 par lequel le maire de la commune de Lecci a délivré à la SARL Apaulo Invest, représentée par M. A... B..., un permis de construire pour la réalisation d’une maison individuelle avec garage et piscine, sur un terrain situé lieu-dit « Porto Vechiaccio », parcelles cadastrées C 1952 et C 1957.

Il soutient que l’arrêté contesté méconnait les dispositions l’article UN-2 – alinéa 2 de la zone UN du plan local d'urbanisme (PLU) qui prescrivent que les constructions nouvelles de logements sont soumises à une obligation d’usage au titre de résidence principale.

Le déféré a été communiqué à la commune de Lecci et à la SARL Apaulo Invest qui n’ont pas produit de mémoire.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2600361 tendant à l’annulation de l’arrêté du 22 décembre 2025 du maire de la commune de Lecci.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Alfonsi, greffière d’audience.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 22 décembre 2025 par lequel le maire de la commune de Lecci a délivré à la SARL Apaulo Invest, représentée par M. A... B..., un permis de construire pour la réalisation d’une maison individuelle avec garage et piscine, sur un terrain situé lieu-dit « Porto Vechiaccio », parcelles cadastrées C 1952 et C 1957.

2. Aux termes de l’article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l’article L. 554-1 du code de justice administrative : « Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / (…) / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. (…) ».

3. En l’état de l’instruction, le moyen soulevé par le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 22 décembre 2025 du maire de la commune de Lecci.







ORDONNE



Article 1er : L’exécution de l’arrêté du 22 décembre 2025 du maire de la commune de Lecci est suspendue.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Lecci et à la SARL Apaulo Invest.


Fait à Bastia, le 18 mars 2026.


La juge des référés La greffière

Signé Signé

A. Baux R. Alfonsi





La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Alfonsi







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